Video loops

Une collègue avait une demande particulière: diffuser des vidéos en boucle, sur une TV, de manière automatique. La TV étant dans un espace public, impossible d’y laisser un Mac connecté dessus pour cela.

Solution: utiliser un de mes Raspberry Pi 3, pas cher, qui traine chez moi. Le Raspberry Pi est un micro-ordinateur, peu onéreux (moins de 50 CHF), avec un connecteur HDMI et à même de diffuser des vidéos en full-HD.

Ma collègue n’étant pas une spécialiste de Linux (l’OS de base du Raspberry Pi), il fallait aussi une solution logicielle simple et pratique. Je l’ai trouvé avec la distribution Raspberry Pi Video Looper. C’est ultra simple. On installe l’OS sur la carte micro-SD du Raspberry. On le connecte à un écran en HDMI. On boote. Le Raspberry nous demande d’insérer une clé USB (format ex-FAT), avec des vidéos en h264/mp4 dessus. Et automatiquement, les vidéos sont jouées, dans l’ordre alphabétique de leurs titres.

A aucun moment, je n’ai eu besoin de brancher un clavier/souris sur le Raspberry Pi. A aucun moment, je n’ai eu besoin de configurer quoique ce soit. C’est du install, plug’n play. Le bonheur absolu.

Le plus beau: on peut retirer la clé USB alors que le Raspberry Pi fonctionne, pour en modifier le contenu, puis la réinsérer. Et c’est reparti!

Voici une solution de digital signage bon marché. Un moyen de diffuser du contenu de présentation au format vidéo en boucle, pour trois fois rien.

EDIT: le son sort à la fois sur le port HDMI et sur la prise jack. Bon à savoir selon sa configuration locale.

Une réalisation pour le RadioBus.

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Le jeans que je regrette

Pour marquer la reprise de ce blog, j’aimerais aborder un sujet technique… en certaines sortes. Au début des années 2000, j’avais 25 ans, je ne ressemblais pas à grand-chose, et je m’en fichais. Au niveau vestimentaire, je privilégiais le confort à tout le reste. J’étais alors svelte. Pourquoi je vous en parle? Parce qu’en 7 mois, j’ai perdu 17 kg et que je suis obligé de renouveler toute ma garde-robe, à commencer par mes jeans. Et là, je me souviens avec nostalgie de mon Levi’s Engineered de 1999. Celui-ci, de froc, il m’a duré des années. C’était le jeans le plus improbable qui soit: coupé pour le confort et la liberté de mouvement, en contradiction de tout canon de mode; à commencer par une couture tournante autour des jambes!

Honnêtement, je ne sais pas si on ressemblait à quelque chose, avec ce jeans (en tous cas plus qu’avec un baggy au niveau des chevilles…), mais jamais, au grand jamais, je n’ai eu un pantalon aussi confortable, aussi agréable à porter, qui s’adaptait à tous les mouvements. La publicité de l’époque est du reste très éloquente (et très proche de ce qu’on ressentait dans ce jeans)…

Enfin une publicité qui n’était pas mensongère! C’est cette liberté qu’on ressentait dans ce jeans. Le slogan « freedom to move » n’était pas usurpé. Et surtout, quelle poésie, quelle puissance, quelle évocation!

Technologiquement parlant, c’était une conception très intéressante: faire fi des canons de la mode et partir de l’Homme et de ses mouvements pour dessiner un jeans adapté. A l’époque, le dessin 3D n’était pas aussi évolué qu’aujourd’hui, mais il est fort à parier que c’est l’outil principal qui a été utilisé pour dessiner ce jeans Ma femme, que j’avais connue à l’époque, n’aimait pas ce jeans, sans forme, sans structure conventionnelle. Cela heurtait tout ce qu’elle avait appris. Moi, c’est cette rupture des codes que j’avais appréciée.

En 2019, pour les 20 ans du jeans engineered, Levi’s en a sorti une nouvelle version, avec une nouvelle campagne de publicité.

Quand je croise tous ces hommes, engoncés dans leurs costumes-cravates, hérités du XIXe siècle, inconfortables, inutiles, désuets, par souci des conventions et de codes qui les asservissent, à l’image de leurs certitudes… Quel coup de génie de Levi’s! Freedom to move; freedom to think; freedom to live.


Silhouette Cameo: quand le Scan and Cut ne fonctionne pas

Avec la Silhouette Cameo, il arrive que la fonction Scan and Cut ne fonctionne pas: le scanner ne trouve pas les repères d’alignements. En réalité, le problème ne vient souvent ni du logiciel, ni de votre ordinateur, ni de la Silhouette Cameo, mais de votre imprimante. En particulier si vous imprimez sur une photocopieuse à l’école. Cela a été le cas aujourd’hui, lors d’une formation. Toutes les impressions étaient réduites de 4%, ce qui place le repère d’alignement en bas à gauche hors du champ du scanner. Celui-ci s’alignait donc avec les bords de la feuille. Voici un petit tutoriel réalisé à l’arrache, une fois la solution (pour Mac) trouvée. Désolé pour la qualité du son. C’est fait avec les moyens du bord.

J’ajoute encore une remarque: le nouveau tapis de coupe est quadrillé. Avec du papier fin, cela peut envoyer le scanner dans les choux!


« Dis Siri, réveille Martin! »

Test de la gamme smarthome Trådfri d’Ikea dans un environnement Apple HomeKit.

Cela fait un peu plus d’une année que le Homepod d’Apple est entré dans mon salon… pour ne pas y rester longtemps. Il a en effet très rapidement été kidnappé (homepodnapé, pour être précis) par mon aînée. Puis, une fois qu’elle a mon ancien iPhone et des écouteurs Bluetooth, c’est mon benjamin qui l’a récupéré. Cela fait maintenant des semaines que tous les soirs, en se couchant, il dit « dis Siri, éteins la lumière ». Naturellement sans résultat. Et mon gamin, piteux, de se relever pour aller éteindre lui-même. C’en est devenu un mème familial… jusqu’à l’autre soir où, Ô miracle, cela a fonctionné!

Tout cela, on le doit à Homekit et… Ikea.

Bon. Je crois que je commence à perdre certains lecteurs. On va donc faire un point. Des lampes avec une télécommande, cela existait déjà depuis que je suis ado. Ce qui est nouveau, c’est la connexion à un réseau, et donc la possibilité de gérer ces ampoules via son smartphone ou son ordinateur, de créer des scènes et de programmer l’allumage et l’extinction. C’est ce qu’on appelle la domotique. Outre les ampoules, on trouve des prises connectées, des alarmes, des caméras de surveillance, de systèmes de commande de stores… S’il existe des protocoles open source, comme le ZigBee, la plupart des fabricants ont leur propre protocole. Pour commander l’ensemble des éléments connectés, les marques proposent des hubs, appelés ponts ou passerelles. Ils sont en général connectés au routeur, ce qui permet un accès via le WiFi grâce aux applications de chaque fabricant.

Les produits Trådfri sont compatibles ZigBee. Cela signifie que sous certaines conditions, des appareils tierces pourraient être pilotés depuis la passerelle Ikea. J’en profite pour relever le fait que le protocole utilisé par Ikea, comme pour la plupart des grandes marques, n’est pas open source. C’est dommage. Ikea fait son beurre avec la vente des appareils. Plus il y aura d’utilisations possibles développées par des bidouilleurs, plus Ikea vendra des produits Trådfri.

Avec l’arrivée des assistants vocaux, comme Alexia (Amazon), Siri (Apple) ou Google Home, les fabricants ont compris l’intérêt des commandes vocales. En rendant compatible leur matériel, ils permettent ils s’ouvrent une plus grande clientèle. La passerelle sert de relais entre les assistants vocaux et le matériel, rendant possible une coexistence de matériel de plusieurs fabricants (mais cela implique la multiplication des passerelles).

Le protocole de domotique d’Apple s’appelle Homekit. Il nécessite pour fonctionner une passerelle. L’AppleTV ou le HomePod ont ce rôle.

Ikea a donc rejoint le monde de la smart home (bêtement la domestique en français), avec sa gamme Trådfri (à vos souhaits).

Les produits Trådfri sont garantis compatibles Apple Homekit et Alexia. Mais pas encore Google Home (mais cela ne saurait tarder: les cartons ont déjà le logo, masqué par une étiquette blanche).

Merci Ikea! Pourquoi Ikea? Les ampoules connectées compatibles Homekit existent depuis longtemps. On peut penser par exemple aux excellentes Philips Hue. Mais le prix reste élevé. Le pont pour faire le lien avec Homekit coûte pratiquement 60 CHF. Et la simple ampoule (avec contrôle de la chaleur) de 806 lumens coûte quand même 35 CHF . Pour ceux qui comme moi ont connu les ampoules à filament à quelques dizaines de centimes, cela fait mal. Or, Ikea commercialise l’ampoule 806 lumen, avec contrôle de la chaleur (blanc pur à blanc chaud) coûte 14.95 CHF! Le pont, lui, coûte 40 CHF.

La vraie révolution derrière la gamme Trådfri, c’est qu’on y trouve la toute première prise connectée au format suisse, 100% compatible Homekit.

Il faut savoir, ami lecteur européen, que si ton pays a adopté la lourde et pataude prise Schucko (dite prise type F), nous, en Suisse, préférons la sobre, élégante et pratique prise T13, appelée Type J. Ce qui en soit nous pose un problème de compatibilité avec ces éléments connectés; les fabricants ne se bousculent pas pour concevoir une prise connectée spécifique pour un aussi petit marché que celui de la Suisse. Mais Ikea l’a fait. Ce n’est pas le premier à faire des prises connectées pour la Suisse (smart-plug), mais c’est le premier à la rendre officiellement compatible Homekit. Le fabricant suisse MyStrom commercialise par exemple déjà une prise connectée, mais elle est n’est pas officiellement supportée par Homekit (mais cela reste possible de l’y intégrer). Et elle vaut le double du prix d’une prise connectée Ikea (40 CHF au lieu de 20 CHF). Il serait malhonnête de juste comparer le prix entre les deux prises. En effet, la MyStrom possède de nombreuses fonctions qu’on ne retrouve pas chez Ikea (mesure de la consommation, capteur de température…). Mais moi, j’ai juste besoin de commander l’allumage et l’extinction de ma machine à café. En effet, il lui faut plus de 15 minutes pour être à température de fonctionnement.

Nous sommes entièrement équipés en matériel Apple, dans la famille. La compatibilité Homekit simplifie donc l’usage de ces appareils. J’ai, pour le moment, donc, acheté une prise et une ampoule Trådfri, avec deux télécommandes. Si un jour, je récupère mon HomePod, mon fils pourra toujours prendre la télécommande avec lui pour éteindre sa lampe. Pour le moment, je profite des scripts d’automation de Homekit pour m’amuser. Ainsi, le réveil de mon fils se fait avec l’allumage de la lampe avec une luminosité similaire à celui d’un lever de doubles soleils sur Tatooine, avec le thème de la Force joué sur le HomePod.

Voilà ce que cela donne dans l’application Home d’Apple:

Avec Homekit, il est possible d’aller plus loin: piloter sa chaudière, contrôle d’ouverture des portes, alarmes,… L’offensive d’ikea est intéressante, car elle tend à faire drastiquement chuter les prix. La puissance de feu de l’enseigne suédoise devrait permettre de faire chuter les prix chez la concurrence. Au final, afin d’éviter la multiplication de passerelles, le fabricant qui proposera l’offre la plus complète et cohérente pour le territoire suisse risque bien de s’imposer. Mais avec sa prise suisse connectée, Ikea prend une longueur d’avance… d’autant plus depuis son alliance avec Sonos, le fabricant d’enceintes connectées. On peut néanmoins regretter l’obligation d’acheter une nouvelle passerelle (à 60 CHF) pour cela.

Il reste deux points à améliorer.

Premièrement, du côté d’Ikea: on sent que la marque tâtonne… et que les employés rament. Au Ikea d’Aubonne, les produits Tradfri-Sonos sont répartis dans 5 endroits différents. Il n’y a aucun endroit où il y a l’ensemble de la gamme complète. Les employés se tiennent bien à l’écart; aucun n’est visiblement formé et affecté aux explications concernant ces produits. Le client est livré à lui-même. Du reste, rien ne donne envie d’acheter: les palettes de produits sont à peine déballées, tout est simplement posé, sans logique. Des cartons ouverts, éventrés, jonchent ce qui semble être l’espace dédié au Sonos, faisant plus l’impression d’une zone à l’abandon du magasin. Surtout, il n’y a aucune séparation claire de l’espace « ampoules connectées » du secteur « ampoules ». Tout est pêle-mêle. Il y a un vrai effort à faire de ce côté. A commencé par un « smart-flat » témoin, peut-être?

Deuxièmement, du côté d’Apple: on sent la marque frileuse dans ce domaine. Siri n’est pas un assistant vocal, au même titre que le serait Alexa. C’est plus une sorte d’assistant musical évolué. A la maison, je ne vis pas avec mon iPhone sur moi. Ma femme non plus, mes enfants encore moins. Je ne vais pas acheter un HomePod par pièce pour allumer des lampes par commande vocale! Il manque clairement à la gamme Apple un petit boîtier vocal Siri, bon marché, idéalement avec une prise jack pour le brancher sur une chaîne stéréo par exemple, pour effectuer des commandes vocales dans chaque pièce. Un mix entre les anciennes bornes Airport Express, une AppleTV sans fonction graphique, mais avec un micro intégré.

Astuce 1: pour appairer une prise électrique Ikea Trådfri avec Homekit, commencer par appairer la télécommande de la prise avec la passerelle, avant de l’appairer avec la prise… contrairement à ce qu’indique le mode d’emploi!

Astuce 2: Ikea vend un répétiteur pour étendre la portée de ses appareils. Mais il faut savoir qu’Ikea s’appuie sur le protocole ZigBee. Il s’agit d’un réseau maillé. Chaque périphérique propage plus loin le réseau. Moi qui habite dans une grande et vieille maison, avec certains murs qui dépassent les 50cm d’épaisseur, je n’ai pas eu besoin du répétiteur d’Ikea.


L’USB-C: comment réussir sa transition

L’USB-C, c’est l’avenir. Mais pas encore tout à fait le présent. On a tous connu la clé USB qu’on essaie d’introduire dans un sens, puis dans l’autre, avant de revenir au premier sens (ce qui alimente une vieille blague de geek: l’USB a trois sens). C’est fini avec l’USB-C qui est symétrique, comme la prise Lightning des iPhone.

Ce port est encore très mystérieux. Il permet l’alimentation du Mac, la connexion à un Beamer, mais aussi aux périphériques USB. Sur les Mac portables les plus récents, on ne trouve plus que ces ports. Sur les derniers MacBook Air, il n’y en a même que deux. Un sera utilisé pour l’alimentation électrique. Alors comment brancher un beamer, une souris et une clé USB ensemble?

Apple vend un onéreux (79 CHF) adaptateur multiports. Mais on n’y trouve qu’un port USB traditionnel et un port HDMI. C’est peu; pas assez pour un réel usage.

Heureusement, d’autres fabricants, souvent pour un prix quasi similaire (82 CHF), offrent une vraie alternative. Voici tout d’abord la solution que la DAL (ex-CADEV) propose pour les écoles: le dock LMP.

On y trouve:

  • 3 ports USB 3
  • 1 port HDMI
  • 1 port USB-C (pour la charge)
  • 1 port Ethernet (pour câble réseau)
  • 1 lecteur de carte SD
  • 1 lecteur de carte mini-SD

Le tout ne coûte que quelques francs de plus que l’adaptateur Apple.

Pour ma part, pour un peu plus cher (99 CHF), j’ai préféré prendre un dock Satechi, dont on peut choisir la couleur assortie à son Mac et qui est un peu plus fin que le dock LMP.

Toujours chez Satechi, il existe un dock moins cher que chez Apple (64 CHF), plus petit, et qui suffira à de nombreuses personnes.

On trouve des docks similaires aussi sur les sites chinois, à des prix défiants toute concurrence. Mais pour ma part, j’ai besoin de fiabilité et de performances; je préfère donc du matériel acquis en Suisse.

Dernier conseil: écrivez votre nom au stylo indélébile sur votre adaptateur, ou collez une étiquette avec votre nom. On a vite fait de les égarer.


Test du chargeur/accu Atra Travel X

L’autre jour, je tombe sur une offre promotionnelle sur un site de vente d’électronique très connu appartenant au principal concurrent de la Coop (Digitec.ch, donc) dont le design ne m’est pas inconnu…

Intrigué, je regarde plus précisément. Il s’agit d’un chargeur de secours Atra Travel X, vendu 39 CHF au lieu de 59 CHF. Je regarde d’un peu plus près de quoi il s’agit (vous pouvez en faire de même en suivant le lien).

Reprenant le concept des chargeurs de MacBook Pro d’Apple, on a donc une chimère étrange qui cumule les fonctions:

  • Chargeur USB et USB-C capable de fournir 18W (sur l’USB-C).
  • Petit accumulateur (appelé aussi Powerbank) d’une capacité de 6700mAh.
  • Chargeur sans fil Qi 10W

Le tout est livré avec des adaptateurs secteurs pour couvrir la plupart des standards de prises du monde. Et de toute manière, c’est parfaitement compatible avec les prises (ou rallonges) Apple. Le format est rigoureusement identique au chargeur USB-C de mon MacBook Pro 15 ».

Soyons clairs: vu la puissance délivrée, cela ne va pas remplacer un chargeur de MacBook Pro. Mais, expérience faite, l’accu intégré apporte plusieurs dizaines de minutes de temps d’utilisation supplémentaire à votre MacBook Pro. Pour mon MacBook Pro 15 », très gourmand, pour du travail de bureautique, je peux estimer à 20 à 30 minutes de bonus. Pour le dernier MacBook Air, c’est encore plus. En écrivant ce texte, connecté sur l’Atra, non seulement j’évite la décharge de l’accu du MacBook Pro 15 », mais en plus, j’ai gagné 1% de charge. L’accu de l’Atra indique encore 87% de capacité.

L’USB-C, c’est aussi le port standard de la Nintendo Switch. Mes gamins vont être contents d’avoir un bloc d’alimentation, qui leur sert aussi de batterie de secours.

Les deux ports USB peuvent être utilisés simultanément pour charger des appareils. Ce n’est pas le cas du chargeur sans fil Qi qui doit être utilisé seul. Connecté au secteur, tant que la batterie n’est pas pleine, la fonction de charge est désactivée. Par contre, sur la sortie USB-C, il semble qu’il alimente quand même un minimum le Mac, sans pour autant aller jusqu’à recharger la batterie.

La qualité des plastiques et de l’assemblage donne confiance. Ce n’est pas toujours le cas avec du matériel venant de Chine. J’aime particulièrement l’affichage LED de l’état de la batterie.

Au final, c’est un étrange petit appareil. Moi qui me déplace toujours avec un chargeur USB-C pour le Mac, un chargeur pour l’iPhone/iPad, les câbles nécessaires et un powerbank de secours, ce qui au final représente un joli volume/poids, je trouve là une solution élégante, multifonctions et tout-en-un pour dépanner lorsqu’il s’agit de voyager léger. Pour 39 CHF, j’en suis très content. Mais même pour 59 CHF, soit son prix normal, je pense que cela vaut la peine pour tout utilisateur nomade adepte de l’hotel-crawling.


L’iPhone XR/XS: le meilleur ami de l’enseignant

En tant qu’enseignants, on nous demande de fournir un numéro de téléphone aux élèves. En temps normal, cela ne pose pas de problème. Mais on rencontre parfois des parents qui en abusent, qui parfois téléphonent à point d’heure ou sans arrêt. C’est devenu pire depuis qu’on a tous WhatsApp. Il arrive que parents et élèves en usent et abusent jour et nuit.

Personnellement, je ne donne plus mon numéro de téléphone fixe. Mes enfants et ma femme n’ont pas à être mes standardistes. Mais donner son numéro de téléphone portable, c’est donner son accès à WhatsApp et c’est mélanger ses appels privés et appels professionnels. Et ça, comme beaucoup de collègues, je ne le veux plus. J’ai quelques collègues qui ont deux téléphones portables et deux abonnements: un pour le privé et un pour le professionnel. Ce n’est pas pratique. Mais depuis la sortie de l’iPhone XR/XS, il y a plus simple. En effet, ce téléphone supporte l’eSIM. De quoi s’agit-il? Tout le monde connait la petite carte à puce appelée carte SIM, qui est ce qui fait le lien entre notre opérateur et notre téléphone. C’est cette carte qui physiquement assigne notre numéro de téléphone au portable. Elle a bien évoluée; de la SIM à la Nano-SIM en passant par la Mini-SIM et la Micro-SIM.

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_SIM

Aujourd’hui, on parle d’eSIM. Il s’agit d’une carte SIM virtuelle. Or, l’iPhone XR et l’iPhone XS sont compatibles eSIM, alors même qu’ils ont un tiroir pour une Nano-SIM. Il est possible de pouvoir donc avoir deux numéro de téléphones et même deux opérateurs différents sur le même téléphone (comme certains appareils Android, à double SIM).

Pour mon usage privé, j’ai un abonnement illimité chez Salt. Pour les parents et les élèves, j’ai décidé d’ajouter un compte PrePay. Ce nouveau numéro de téléphone n’est pas lié à un compte WhatsApp. Et je ne téléphone que très rarement à des parents d’élèves. Dans les faits, ce sont eux qui m’appellent. Le choix du comptre PrePay est donc économiquement le plus logique.

Actuellement, en Suisse, il n’y a que Salt et Swisscom à proposer un compte PrePay lié à une eSIM. Etant déjà chez Salt, il m’a paru logique de faire un compte chez Swisscom. Ainsi, en cas d’absence de couverture chez Salt (typiquement dans les zones de montagne), j’augmente mes chances de pouvoir appeler si besoin. Tant qu’à faire, autant que ça serve au maximum.

On voit bien, ci-dessous, sur la capture d’écran de mon iPhone XR le double réseau Salt/Swisscom.

Les collègues frontaliers peuvent avoir leur numéro français et un PrePay suisse. Très utile par exemple pour l’identification NEO/PAREO par SMS.

On sent pour le moment que cette technologie est encore nouvelle. Ses fonctions sont pour le moment très basique. Il n’est, par exemple, pas possible de choisir la sonnerie en fonction du numéro appelé. La pastille qui indique sur quel numéro on est appelé est pour le moment beaucoup trop petite et discrète.

Les eSIM ne sont disponibles en Suisse que dans les magasins physiques. Impossible de les commander par Internet (rien ne s’y oppose, pourtant. On trouve en ligne des packs de data pré-payés pour du roaming dans le monde entier). J’ai dû patienter 45 minutes dans un Swisscom Shop. Mais c’est ensuite l’employé qui s’est chargé de toute la configuration de mon iPhone. La documentation en ligne d’Apple est très compréhensible. Vous pouvez effectuer la configuration vous-même. Enfin, il semblerait que rien ne s’oppose à l’ajout de plusieurs eSIM.

Attention: Salt facture l’eSIM 49 CHF (il n’y a pas de petits profits). Chez Swisscom, il n’y a pas de supplément. C’est 20 CHF, avec un crédit de 20 CHF. Le tarif d’appel n’a pas d’importance. C’est un compte destiné à recevoir des appels, pas à les faire.

Dernière chose: le téléphone Android Google Pixel 2 semble être le seul compatible avec une eSIM hors de l’écosphère Apple.


Octoprint: votre serveur d’impression 3D

En classe, on utilise une Ultimaker 2+. Les élèves ont à leur disposition des Macbook Pro Retina USB-C. Je me suis retrouvé face à un problème: ces ordinateurs ne disposent plus de lecteurs de cartes SD. Le but est que les élèves soient autonomes dans leurs impressions 3D. Passer par le vieux poste du maître n’est donc pas la solution. J’ai donc monté une solution que j’ai déjà utilisée occasionnellement: un serveur d’impression 3D basé sur Octoprint et un Raspberry Pi.

Octoprint est un serveur d’impression multiplateforme (qui fonctionne même sur Mac!), permettant de piloter et de surveiller à distance une imprimante 3D. Pour ma part j’ai choisi de faire tourner Octoprint sur le génial et bon marché Raspberry Pi. Depuis que les dernières générations ont une puce WiFi intégrée, cela permet une installation simplifiée.

Une webcam permet de surveiller à distance l’impression et de réaliser des timelapses. Pour ma part, je me contente de webcam USB du commerce.

Depuis Cura, les élèves peuvent envoyer sans fil leurs impressions et les surveiller.

Impression de pièces pour un projet d’examen d’un élève

J’en ai fait de même sur ma Prusa MK3S à la maison. Il ne me reste plus qu’à vous rédiger un tutoriel.

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Automatiser l’installation et la configuration d’imprimantes sur Mac

Mise en garde: je ne suis pas informaticien, je suis enseignant. Je dois gérer un parc de 400 Mac dans une école, plus ceux des collègues. Ce qui suit est une solution pragmatique pour configurer des imprimantes sur des Mac.

En tant que répondant informatique de mon école, je suis confronté à un problème: installer des photocopieurs ou imprimantes réseau n’est pas une chose aisée pour tout le monde. Par ailleurs, par défaut, les appareils sont configurés pour des impressions en couleur. Or, une copie couleur nous est facturée 3 fois le prix du noir-blanc. Enfin, quand on doit configurer une salle de 28 ordinateurs, il faut pouvoir automatiser la chose. J’ai donc décidé de créer des applications configurant automatiquement les photocopieurs sur un Mac, avec réglage des préférences par défaut et des préréglages. Le tout avec le génial Automator.

Concrètement, pour mes collègues, voici comment cela se passe:

Je suis prêt pour un Oscar! Les collègues, eux, téléchargent les applications et suivent la procédure décrite ici: http://www.ecub.info/?page_id=1379



Les élèves doivent-ils travailler debout?

Quels sont les cours où les élèves travaillent parfois debout? Naturellement les cours d’éducation physique, certains cours de musique, d’économie familiale ou de travaux manuels. Mis à part cela, la journée d’un élève se passe assis derrière son bureau. Si cela est un vrai calvaire pour les élèves souffrants d’hyper-activité, c’est aussi adopter une posture passive.

Ma salle de classe est particulière. Elle est petite et encombrée: postes de soudures, quelques imprimantes 3D, la table de défis de robotique, les armoires pour le matériel… Les chaises prennent beaucoup de place et empêchent des déplacement aisés. Par ailleurs, il n’y a qu’une douzaine de chaises et 4 tabourets. Cela suffit pour mes cours d’OCOM Technologie, où je n’ai en général que 12 élèves au maximum. Mais impossible pour une classe complète de venir travailler. Pourtant, cette salle est bien équipée: un écran plat, une Apple TV, un chariot avec 20 Macbook Pro dernière génération.

Voici la salle, il y a quelques années. Ces derniers temps, il y avait 4 groupes de 8 tables.

Quelle solution? La plus simple: supprimer les chaises. Cela signifie donc des tables assez hautes pour travailler debout. Cela conforte aussi une autre observation: devant un poste de travail fixe, du style iMac, un élève se tient relativement bien. Mais avec un portable, dont le positionnement est bien plus souple, l’élève s’avachit; jusqu’à se vautrer. J’en étais au point que j’avais des élèves presque couchés sur leur chaise, les pieds sur une autre chaise. Ils adoptaient une position complètement passive devant l’écran, alors qu’au contraire, je recherche un travail dynamique, des échanges, des interactions. En effet, ma pédagogique est basée sur le projet; individuel et par groupes. Malgré les remises à l’ordre, l’élève-type se ré-avachissait à nouveau après un court délai.

Pourquoi? L’ado est réputé mou. Mais à ce point, on frôlait l’état de limaces. Et surtout, quelle différence de position devant un élève devant un iMac ou un portable! Et puis, j’ai regardé ma famille. On n’a pas d’ordinateur fixe (à part les serveurs). On travaille sur des Macbook et des iPad. Il n’y a que moi qui possède un dock, avec écran, clavier et souris pour mon portable, dans mon bureau; un poste de travail fixe. Sinon, où utilise-t-on nos appareils mobiles? Sur le canapé, le fauteuil, sur une chaise, les pieds sur une autre. Nos élèves, à de rares exceptions près (les gamers hardcore, par exemple), ne possèdent pas d’ordinateur fixe, mais un portable ou une tablette, qu’ils utilisent partout sauf sur un bureau. Je pense que nos élèves, en présence d’un ordinateur portable ou d’une tablette à l’école, reproduisent leur position habituelle avec ces appareils.

Pour désencombrer et dynamiser les élèves, la solution paraît donc simple: il faut supprimer les chaises! Mais pour cela, il faut du mobilier adapté. Tout enseignant qui travaille avec de l’informatique a déjà dû se pencher sur le clavier d’un élève pour corriger quelque chose. Et c’est non seulement inconfortable, mais aussi difficile de travailler, penché sur une table. Il faut donc une table assez haute, pour pouvoir s’y accouder, comme à un bar.

Il existe de superbes tables, réglables en hauteur et sur roulettes.

Source: https://www.ch.ergotron.shop/ergotron-learnfit.html

Mais une table par élève reviendrait à ré-encombrer ma classe. Et surtout, il n’y a pas la place pour un travail en groupe collaboratif. Mes élèves travaillent, par exemple, en groupe avec des Lego Mindstorms, deux ordinateurs portables, des feuilles, du matériel. Ils doivent pouvoir se regrouper autour d’une grande table, ronde si possible afin de favoriser les échanges et la collaboration.

A ce stade de ma réflexion, j’en suis à des constats purement empiriques. J’ai donc commencé à faire quelques recherches. Et je suis arrivé sur ce sujet de France2:

Puis j’ai lu ces articles:

J’ai enfin découvert ce livre: Get Up! : the Dire Health Consequences of Sitting and What We Can Do About It du Dr. James A. Levine.

Travailler debout permettrait donc d’améliorer les capacités neurocognitives des élèves, mais aussi de lutter contre l’obésité infantile… et de désencombrer ma classe! Par contre, il n’est pas prévu d’en arriver à cette extrémité: https://ecolepositive.fr/bouge-ta-classe-un-projet-innovant-pour-booster-lapprentissage-en-classe/

Mon cours, et donc ma salle, est un peu mon laboratoire pédagogique. J’y ai testé avant de les promouvoir au niveau de l’école vaudoise et romande de nombreuses technologies: la robotique pédagogique (il y a 11 ans de cela), la programmation sur Arduino, l’impression 3D, la découpe laser,… J’ai donc fait, il y a quelques années, la demande d’achat de 6 tables rondes et hautes à la commune. Demande refusée plusieurs années de suite, jusqu’à ce qu’elle soit acceptée cette année. Le choix s’est porté sur des tables rondes de 1m de diamètre, réglables en hauteur. Une table ronde pour plusieurs élèves vaut le prix d’une seule table haute telle que présentée au-début de cet article. Elles sont arrivées aujourd’hui. Les élèves m’ont aidé à la mise en place et à choisir l’emplacement des tables. L’idée était d’avoir une classe sans tables alignées; quelque chose de plus organique et déstructuré. Et voici le résultat:

On peut se déplacer facilement. Les élèves de 9H qui ont testé les tables aujourd’hui ont globalement apprécié. Il faut dire que mon cours ne dure que 90 minutes. Je me réjouis de voir ce que cela donnera avec mes autres élèves. Les retours de mes collègues qui vont utiliser la salle seront aussi très intéressants.

J’ai gardé 4 tabourets, pour les postes de soudure. Ils serviront aussi pour les élèves blessés ou plâtrés. Les tables peuvent se régler en hauteur pour être utilisées en position assise. L’enseignant dispose encore d’un bureau standard, avec un iMac. Mais étant équipé d’une Apple Tv, je ne suis que peu assis; je profite de la mobilité offerte par cet outil pour travailler debout (jusqu’à maintenant sur ma table de robotique, haute), avec mon propre ordinateur portable ou mon iPad.

Dernier point: ma salle de technologie (appelée SRO, soit Saturne Robotique, du nom du collège de la fonction première de la salle) est aussi la rédaction du journal de l’école, Le 1024, qui a rédigé un article sur ces futures tables. J’espère que nos journalistes en herbe feront un article critique et argumenté dans quelques semaines.

Un tout grand merci à Sylvette, notre cheffe de service des écoles ainsi qu’à la Commune d’Ecublens pour nous permettre de réaliser cette nouvelle expérience.


Test du modem MiFi TP-Link M7650

Aujourd’hui, je vous propose le test du modem MiFi TP-Link M7650, dernier arrivé sur le marché

Commençons par un peu de vocabulaire: un modem MiFi est un modem mobile, connecté en 3 ou 4G à Internet et qui fait office de routeur WiFi.

Vous avez compris? Alors passez au paragraphe suivant. Pour les autres, voici quelques explications: vous le savez sans doute, votre smartphone se connecte à Internet par un réseau 4G (quand tout va bien). Il est possible de créer un partage de connexion pour connecter à Internet une tablette ou un ordinateur en déplacement, au-travers du Smartphone. Cela dépanne, mais ce n’est pas fiable et pas à même de supporter une charge de plusieurs appareils connectés. Et surtout, cela vide la batterie de votre smartphone à grande vitesse. Pas pratique quand on est dans le train et que le smartphone sert de ticket de transport… Un modem MiFi, c’est donc juste le module de connexion à Internet d’un smartphone, sans le grand écran tactile, sans les apps, sans Facebook, sans… ben tout ce qui est smart. Par contre, on a une grosse batterie, des antennes performantes et surtout un réseau WiFi optimisé pour plusieurs appareils. Par contre, il a besoin de sa propre carte SIM (en plus de celle de votre smartphone).



Une belle tentative d’arnaque

Chers collègues,

J’ai reçu le mail ci-dessous: que je vous invite à lire intégralement avant de continuer la lecture de ce message.

De: frederic.genevey@vdXXXXXX

Objet: [SPAM] Votre compte a été piraté!

Date: 12 février 2019 à 21:44:36 UTC+1

À: frederic.genevey@vd.educanet2.ch


Je vous salue!

J’ai de mauvaises nouvelles pour vous.
10/11/2018 – ce jour-là, j’ai piraté votre système d’exploitation et obtenu un accès complet à votre compte à partir: frederic.genevey@vdXXXXXX

Pas la peine de changer le mot de passe, mon logiciel malveillant l’intercepte à chaque fois.

Comment c’était:
Le logiciel du routeur auquel vous étiez connecté ce jour-là comportait une vulnérabilité.
J’ai d’abord piraté ce routeur et y ai placé mon code malveillant.
Lorsque vous êtes entré sur Internet, mon cheval de Troie était installé sur le système d’exploitation de votre appareil.

Après cela, j’ai effectué une sauvegarde complète de votre disque (j’ai tout votre carnet d’adresses, 
l’historique des sites de visionnage, tous les fichiers, les numéros de téléphone et les adresses de tous vos contacts).

Il y a un mois, je voulais verrouiller votre appareil et demander un peu d’argent pour le déverrouiller.
Mais j’ai jeté un œil sur les sites que vous visitez régulièrement, et j’ai eu grand plaisir à voir vos ressources préférées.
Je parle de sites pour adultes.

Je veux dire – tu es un grand pervers. Vous avez une fantaisie débridée!

Après cela, une idée m’est venue à l’esprit.
J’ai fait une capture d’écran du site Web intimeoù vous contentez-vous (Comprends-tu ce que je veux dire?).
Après cela, j’ai fait une vidéo de votre plaisir (en utilisant la caméra de votre appareil). Il s’est avéré magnifique!

Je suis fermement convaincu que vous ne voudriez pas montrer ces photos à vos parents, amis ou collègues.
Je pense que 386€ est une très petite somme pour mon silence.
En plus, j’ai passé beaucoup de temps sur toi!

J’accepte de l’argent uniquement en Bitcoins.
Mon portefeuille BTC: 12EMAbSboa1nvg518vcjvogSL4aDwaUCv9

Vous ne savez pas comment reconstituer un portefeuille Bitcoin?
Dans n’importe quel moteur de recherche, écrivez « comment envoyer de l’argent à un portefeuille de la BTC ».
C’est plus facile que d’envoyer de l’argent à une carte de crédit!

Pour le paiement, vous avez un peu plus de deux jours (exactement 50 heures).
Ne vous inquiétez pas, la minuterie commencera au moment où vous ouvrez cette lettre. Oui, oui .. cela a déjà commencé!

Après paiement, mon virus et vos photos sales avec vous s’autodétruisent automatiquement.
Si je ne reçois pas le montant spécifié de votre part, votre appareil sera bloqué et tous vos contacts recevront une photo avec vos « joies ».

Je veux que tu sois prudent.
– N’essayez pas de trouver et de détruire mon virus! (Toutes vos données sont déjà téléchargées sur un serveur distant)
– N’essayez pas de me contacter (ce n’est pas faisable, je vous ai envoyé un email depuis votre compte)
– Divers services de sécurité ne vous aideront pas. formater un disque ou détruire un périphérique ne vous aidera pas non plus, puisque vos données sont déjà sur un serveur distant.

P.S. Je vous garantis que je ne vous dérangerai plus après le paiement, car vous n’êtes pas ma seule victime.
C’est un code d’honneur des hackers.

À partir de maintenant, je vous conseille d’utiliser de bons antivirus et de les mettre à jour régulièrement (plusieurs fois par jour)!

Ne soyez pas en colère contre moi, tout le monde a son propre travail.
Adieu.

C’est bon, vous l’avez lu? Je vous informe donc que vous devez vous attendre d’ici peu à recevoir des photos de moi, faisant du poney déguisé en licorne rose.
Trêve de plaisanterie: nous sommes déjà plusieurs à avoir reçu ce mail sur notre boîte Educanet2, en provenance de notre propre messagerie Educanet2 (du moins en apparence….). Il est même possible que nous l’ayons tous reçu. Alors je vous rassure: n’allez pas plus loin, vous pouvez le jeter. C’est une arnaque. Vous pouvez aussi reprendre votre souffle et fermer cette page de recherche Google pour savoir comment faire un paiement en bitcoins. Fin de l’histoire.
Maintenant, pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur cette arnaque (et comment la déjouer), je vous invite à lire ce qui suit.
Premièrement, ce mail est très pervers; il joue sur le fait que nous avons tous quelque chose à cacher sur nos ordinateurs (comme faire du poney déguisé en licorne rose). Or, on nous confronte directement à cela, avec la menace d’une diffusion non pas simplement dans le grand fatras anonyme d’Internet, mais directement à notre carnet d’adresses (famille, amis, collègues, supérieurs, clients,…). Bon, personnellement, j’assume assez bien mon côté licorne rose. Mais admettons.
Deuxième peur: le fait d’avoir un accès complet à notre ordinateur; à notre correspondance, mais aussi à tous nos documents financiers, administratifs, e-banking. Après le coeur, on s’attaque au porte-monnaie. Là, on sent n’importe quel banquier (suisse) défaillir.
Enfin, la dernière peur et celle de la perte des données, avec le verrouillage de notre ordinateur: perte des photos, des souvenirs, de notre travail (aaaah, mon QCM sur le C’est pas Sorcier en VHS sur les hommes de Neandertal!).
On est déjà là à un niveau anxiogène proche de ma mauvaise fois quand je vous réponds « Ton email? Quel email? Je n’ai pas reçu d’email de ta part ».
Pour en rajouter une couche, cet email est BIEN ÉCRIT! Avec un français plus que correct, des phrases complexes et des formes de politesse qui, vues les circonstances, sont tout à fait dignes d’un gentleman. Or, la première règle que vous avez apprise pour repérer une tentative de fishing sur Internet, c’est de vous méfier des messages truffés de fautes d’orthographe (autant vous dire que professionnellement, certains de nos élèves risquent d’avoir de la peine à être pris au sérieux! C’est peut-être aussi mon cas).
Mais surtout, il y a un storytelling digne d’un livre d’espionnage; avec des révélations, des confidences; bref, le pseudo-hacker vous fait entrer dans son schéma de pensée. Ce faisant, il instaure avec vous une proximité qui vous donne l’impression qu’il regarde par-dessus votre épaule. Le basculement se fait avec le changement entre le vouvoiement et le tutoiement. C’est très habile. Intimité = tutoiement = connivence. Dès qu’il s’agit de considérations techniques pour le paiement (on est entre adultes responsables), le vouvoiement réapparaît.
On tient un maître en la matière, un Azerty Lupin, gentleman-hacker. Ce d’autant plus que la demande est plus que raisonnable: 386 €. Qui prendrait le risque, même infime, de ruiner sa réputation pour une somme pareille? Je serais presque tenté de payer, mais pour récompenser la performance littéraire. Mais moi, je suis radin et en plus j’ai pris les devants en faisant mon coming out concernant mes chevauchées sauvages en poney déguisé en licorne rose (avec des paillettes).
Reprenons donc: l’email est bien écrit. Il est envoyé depuis ma propre adresse. Cette adresse est nommément citée dans l’email. J’ai quelque chose à cacher (comme tout le monde! Heureusement!). Je panique et je paie. Voilà donc le fonctionnement d’une telle arnaque. Surtout que le délai est très court et ne permet pas la réflexion.
Laissons les peurs de côté et redevenons un peu rationnels. Et pour cela, rien ne vaut la connaissance technologie; c’est-à-dire une certaine éducation aux médias qu’on devrait faire à toute la population (à commencer par nos élèves).
Premier réflexe: je copie le début de l’email et je le googelise. Voici les trois premiers résultats:

Je vous invite à aller voir le troisième lien (https://seenthis.net/messages/759700). On y retrouve mot pour mot notre email, avec la personne qui l’a reçu et qui publie les photos d’où elle était le jour du piratage: à l’hôpital…Moi, on m’a (soi-disant) piraté le 10 novembre 2018. C’était un samedi. Ce jour-là, je vivais dans un chalet, sans connexion à Internet. J’avais assez à faire à essayer de me réchauffer devant un feu de bois.
Ensuite, oui, j’admets, je prends pour un compliment la reconnaissance de ma fantaisie débridée. Et oui, j’aime maltraiter des imprimantes 3D; je suis un vrai pervers. J’aime aussi « m’amuser » avec les pseudo-hackers et les démarcheurs téléphoniques.


Revenons donc à notre enquête. Une recherche Google démontre qu’il s’agit d’une arnaque. D’un côté technique, le modus operandi (© Anne) est douteux: le piratage de routeur existe, mais l’installation d’un cheval de Troie dès qu’on se connecte à Internet à cause d’un routeur vérolé est… peu probable. Mais possible (https://www.kaspersky.fr/blog/switcher-trojan-attacks-routers/6477/). Mais mon Mac possède un bon antivirus (je vous recommande Avast ou Bitdefender. Kaspersky est aussi bon). J’ai un logiciel qui surveille toutes les connexions de mon Mac (Little Snitch). Mon firewall est activé. Celui du routeur aussi. Mon Mac est à jour, le firmware de mon routeur aussi. Bref, tout cela réduit la crédibilité des allégations de cet email à quasi zéro.


« Oui, mais il a eu accès à ta messagerie Educanet2 pour t’envoyer l’email, ce n’est pas la preuve, ça? ». Oui, mais non. Dans Educanet2, mais aussi dans le logiciel Mail, vous pouvez accéder au code source du mail. Dans mail, il faut double-cliquer sur le mail pour l’ouvrir, puis aller dans le menu Présentation/Message/Contenu brut (cmd-option-U). Voici ce que cela donne:

Received: from mailwallXXXXXX ([::ffff:194.60.217.81])  (TLS: TLSv1/SSLv3,256bits,AES256-GCM-SHA384)  by educanet2.ch with ESMTPS; Tue, 12 Feb 2019 20:56:44 +0100  id 00000000001CC14A.000000005C6324FC.0000422CReceived: from localhost (localhost [127.0.0.1]) by mailwallXXXXXX (Postfix) with ESMTP id A289660DF1 for <frederic.genevey@vdXXXXXX>; Tue, 12 Feb 2019 20:56:44 +0100 (CET)X-Virus-Scanned: Debian amavisd-new at mailwallXXXXXXX-Spam-Flag: YESX-Spam-Score: 13.502X-Spam-Level: +++++++++++++X-Spam-Status: Yes, score=13.502 tagged_above=-9999 required=5 tests=[BAYES_00=-1.9, CK_HELO_DYNAMIC_SPLIT_IP=0.001, CK_HELO_GENERIC=0.249, HELO_DYNAMIC_IPADDR2=3.607, HTML_MESSAGE=0.001, PYZOR_CHECK=1.392, RCVD_IN_BRBL_LASTEXT=1.449, RCVD_IN_PBL=3.335, RCVD_IN_PSBL=2.7, RCVD_IN_RP_RNBL=1.31, RCVD_IN_XBL=0.375, RDNS_DYNAMIC=0.982, TVD_RCVD_IP=0.001] autolearn=no autolearn_force=noReceived: from mailwallXXXXXX ([127.0.0.1]) by localhost (mailwallXXXXXX [127.0.0.1]) (amavisd-new, port 10024) with ESMTP id FJaeMvf_Wf20 for <frederic.genevey@vdXXXXXX>; Tue, 12 Feb 2019 20:56:43 +0100 (CET)Received: from 89-64-48-217.dynamic.chello.pl (89-64-48-217.dynamic.chello.pl [89.64.48.217]) by mailwallXXXXXX (Postfix) with ESMTP id 8955960DD0 for <frederic.genevey@vdXXXXXX>; Tue, 12 Feb 2019 20:56:39 +0100 (CET)Message-ID: <0772ECC081995EADD8466A2B33F40772@2DVJGFF>From: frederic.genevey@vdXXXXXXTo: frederic.genevey@vdXXXXXX Subject: [SPAM] Votre compte a =?UTF-8?Q?=C3=A9t=C3=A9_pirat=C3=A9!?=Date: 12 Feb 2019 20:44:36 +0000MIME-Version: 1.0Content-Type: multipart/alternative; boundary="----=_NextPart_000_0045_01D4C315.04453DD8"X-Priority: 3X-MSMail-Priority: NormalX-Mailer: Microsoft Windows Live Mail 15.4.3508.1109X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V15.4.3508.1109
This is a multi-part message in MIME format.
------=_NextPart_000_0045_01D4C315.04453DD8Content-Type: text/plain; charset="cp-850"Content-Transfer-Encoding: quoted-printable
Je vous salue!
J'ai de mauvaises nouvelles pour vous.

Je vous épargne la suite. Mais regardez bien la ligne suivante:
Received: from 89-64-48-217.dynamic.chello.pl (89-64-48-217.dynamic.chello.pl [89.64.48.217])
Le message provient d’une adresse en Pologne, avec l’adresse IP 89.64.48.217. Un petit tour via un site de traceroute (qui est un outil qui permet de remonter géographiquement une adresse IP, par exemple celui-ci: https://www.ip2location.com/free/traceroute), montre que le mail a été envoyé de la région de Katowice, en Pologne. Ne vouez pas immédiatement aux gémonies les hackers d’Europe de l’Est, avides de vos bitcoins et de vos selfies dénudés; j’ai reçu plusieurs fois cet email; le précédent provenait du Brésil. Mais pas d’Educanet2… notre messagerie n’a pas été piratée… juste nos listes de diffusion.

Je ne suis pas spécialiste en la matière. Mon ami Decio (note pour mes collègues qui se reconnaîtront: oui, le beau Tessinois à l’accent charmant et qui ressemble à Aragorn dans le film le Seigneur des Anneaux, mais dont on ne comprend plus rien dès qu’il parle informatique), qui nous lit en copie, pourra sans doute aller bien plus loin dans l’investigation.
Bref, c’est un très joli mail de chantage. Mais c’est du bluff. Donc poubelle. Par contre, c’est une très jolie analyse de texte à faire avec des élèves de 10 ou 11h. Vous ferez en plus des MITIC.

PS: si vous aussi, vous êtes adeptes de chevauchées à dos de poney, déguisés en licorne rose (avec des paillettes!), contactez-moi
PPS: si vous avez des collègues dans d’autres établissements, n’hésitez pas à leur envoyer cet email.
PPPS: si vous êtes enseignant de français, avec une belle plume, mais que vous ne voulez plus subir les affres de la maîtrise de classe, reconvertissez-vous en pseudo-hacker… si sur 1’000’000 d’emails envoyés automatiquement en 5 secondes, il n’y a que 1% qui paient 386 €, ça fait 3.860 millions d’€ de gagnés. En 5 secondes. Mais je ne suis pas prof de math… je me suis peut-être trompé.

EDIT: on peut suivre en direct le nombre de versements sur le compte Bitcoin ici: https://www.blockchain.com/fr/btc/address/12EMAbSboa1nvg518vcjvogSL4aDwaUCv9

Il y a pour le moment 12 personnes qui ont payé. Il n’y a plus qu’à prendre du 🍿 et de profiter du spectacle.

EDIT 17 février: il y a pour le moment 19 pigeons tombés dans le panneau, pour un total de 1.88621539 BitCoin, soit 6820 CHF.