Quelle découpeuse laser pour les écoles? Partie 1: qu’est-ce qu’une découpeuse laser

L’école a souvent été le reflet de l’évolution de la société en intégrant les dernières technologies au service de la pédagogie plus ou moins rapidement. On peut citer naturellement la calculatrice, l’ordinateur, mais aussi les imprimantes. Ont suivi les robots, Internet, Wikipedia, les tablettes, les beamers, les écrans interactifs. Souvent, ce sont des enseignants convaincus qui font leusr premiers essais pédagogiques dans leur coin, la plupart du temps avec leur propre matériel. Puis des évaluations pédagogiques sont faites, et les technologies sont adoptées, rejetées ou déployées à large échelle, au grès des courants pédagogiques et politiques.

Dernièrement, ce sont les imprimantes 3D et les plotters à découper, comme les Silhouette Cameo, qui ont massivement intégré nos écoles. Nous voyons une démocratisation des outils industriels, avec un plongeon des prix et simplification de leurs usages, avec une adaptation des logiciels pour le grand public. Les prochaines machines qui commencent à arriver dans les écoles sont les CNC et les découpeuses laser. Dans cet article, je me concentrerai sur les découpeuses.

Qu’est-ce qu’une découpeuse laser?

La découpeuse laser, aussi appelée graveuse laser, permet de découper et graver différents matériaux à l’aide d’un laser monté sur des axes X et Y.

Selon le type de laser et sa puissance, on peut découper du bois, du contreplaqué, du plexi, du carton, du cuir et graver ces mêmes matières, ainsi que le verre, l’ardoise, la pierre ou le métal. Pour cela, on va partir d’un fichier 2D vectoriel.

Quels sont les types de découpeuses laser?

On peut globalement séparer les découpeuses laser en 3 catégories:

Laser CO2

Cette technologie est basée sur un tube laser, qui génère un rayon infrarouge (donc invisible). Ce rayon est ensuite dirigé par une série de miroirs sur une tête de découpe, qui contient une lentille qui va focaliser le rayon.

Schéma d'une découpeuse laser CO2

On va retrouver des petites découpeuses sans marque chinoise (en général de 40W, les fameuses K40), jusqu’à des découpeuses professionnelles de plusieurs centaines de Watts de puissance.

Découpeuse laser chinoise K40
Découpeuse laser Trotec, de fabrication autrichienne

Il y a autant de différence entre une K40 et une Trotec, en matière de sécurité, de fiabilité, de prix et de coût d’entretien, qu’entre une 2CV et une Rolls-Royce. Je vous invite du reste, au sujet du prix, à consulter l’article suivant. La Trotec est la découpeuse de référence dans de nombreux FabLabs suisses.

  • Précision élevée : Les découpeuses laser CO2 permettent des coupes très précises, même sur des détails fins, ce qui est idéal pour des applications complexes et délicates.
  • Polyvalence : Ces machines peuvent couper une grande variété de matériaux non métalliques comme le bois, le plastique, le verre, le papier, et même certains métaux fins, rendant l’équipement adapté à divers secteurs.
  • Qualité de coupe : La qualité des bords de coupe est généralement très élevée, avec peu ou pas d’ébarbage, ce qui réduit le besoin de finitions supplémentaires.
  • Non-contact : La découpe laser est une méthode non-contact, ce qui signifie qu’il y a moins d’usure sur l’outil et pas de déformation du matériau due à une pression physique.
  • Automatisation et répétabilité : La découpe laser CO2 peut être facilement automatisée et intégrée dans des systèmes de fabrication numérique, permettant une grande répétabilité et efficacité dans la production.
  • Coût initial élevé : L’achat et l’installation d’une découpeuse laser CO2 peuvent représenter un investissement initial considérable. En effet, il faut impérativement éviter les découpeuses lasers chinoises sans marque, qui présentent de très grands risques pour la sécurité.
  • Coûts de fonctionnement : Les composants de la machine, comme les miroirs et les lentilles, peuvent s’user et nécessiter des remplacements périodiques. Les coûts de fonctionnement peuvent donc être élevés. Par exemple, un tube CO2 doit être remplacé régulièrement (5’000 à 10’000 heures de fonctionnement). Un tube laser de 100W coûte plus de 1’000 CHF et est très difficile à trouver en Suisse. Il en est de même pour les miroirs et les lentilles. Il faut pouvoir s’approvisionner directement en Chine.
  • Encombrement : les découpeuses laser CO2 sont souvent très encombrantes et lourd. Par ailleurs, elles nécessitent impérativement un système de refroidissement à eau externe. Elles sont difficiles à déplacer et nécessitent une remise en service à chaque déplacement.
  • Limitation de matériaux : Bien qu’elles soient polyvalentes, les découpeuses laser CO2 ne sont pas idéales pour tous les types de matériaux, notamment certains métaux épais ou réfléchissants qui peuvent nécessiter un laser de type différent (comme un laser à fibre).
  • Sécurité : Le rayon laser est invisible. Il faut donc impérativement un interrupteur de sécurité lors de l’ouverture de l’enceinte de protection. Les découpeuses laser chinoises présentent de très nombreux risques de sécurité (électrique, incendie,…).
  • Compétences nécessaires : si l’usage d’une découpeuse laser CO2 est relativement simple, sa maintenance et les réglages périodiques nécessitent de solides compétences et de l’expérience. Une mauvaise manipulation peut détruire le tube laser.

Découpeuses laser à diodes

Les premières découpeuses à diode (en l’occurrence des graveuses) ont été bricolées à partir de composants de graveurs DVD. En particulier, il s’agissait d’utiliser la diode qui permettait de graver les DVD. Des châssis spécifiques ont ensuite été conçus et des diodes toujours plus puissantes utilisées. Actuellement, on peut monter jusqu’à des puissances de 40W en combinant le rayon de plusieurs diodes.

Source: Creality

On trouve des découpeuses laser à diode « nues » à petit prix. Ces dernières sont beaucoup trop dangereuses pour un usage scolaire.

Découpeuse laser à diode « nue »

Depuis peu, les principaux fabricants (Creality, Xtool) commencent à proposer des lasers à diode enfermés dans une enceinte avec suffisamment de sécurités pour obtenir la certification Laser Classe 1, ce qui les rend utilisables en toute sécurité en classe.

Creality Falcon2 Pro
  • Coûts réduits : les découpeuses laser à diode sont beaucoup plus simples que celles avec un tube CO2. Elles sont donc d’un coût bien inférieur. Pour une découpeuse compatible avec un travail en présence d’élèves, on commence avec un prix de 1500 CHF.
  • Taille compacte : Les systèmes à diode sont souvent plus compacts et légers que leurs homologues CO2, ce qui les rend idéaux pour un usage en classe. Ils sont aussi facilement transportables d’une classe à l’autre selon les besoins de l’école. Par ailleurs, les découpeuses laser à diode ne nécessitent pas de l’encombrant refroidissement par eau.
  • Maintenance réduite : Les lasers à diode nécessitent généralement moins de maintenance que les lasers CO2, car ils ont moins de composants optiques sensibles (comme les miroirs) qui doivent être nettoyés et alignés régulièrement.
  • Longue durée de vie : Les diodes laser peuvent avoir une durée de vie plus longue en termes d’heures d’opération avant de nécessiter un remplacement, contribuant à réduire les coûts à long terme.
  • Bonne pour les matériaux fins : Les découpeuses laser à diode sont particulièrement efficaces pour la découpe de matériaux fins et délicats, offrant une bonne qualité de coupe avec un minimum de dommages thermiques sur les bords. C’est aussi particulièrement le cas pour les gravures.
  • Faciles à mettre en oeuvre : le fonctionnement des découpeuses laser à diode est relativement simple. Un enseignant peut facilement l’utiliser et faire la maintenance.
  • Puissance limitée : Les lasers à diode offrent généralement moins de puissance que les lasers CO2, ce qui limite leur capacité à couper des matériaux épais ou très réfléchissants.
  • Surface de coupe restreinte : souvent la surface de travail d’une découpeuse laser à diode est limitée à environ 40x40cm.
  • Gamme de matériaux restreinte : En raison de leur puissance limitée et de la longueur d’onde spécifique du laser, les découpeuses à diode ne sont pas aussi polyvalentes que les lasers CO2 pour travailler avec une large gamme de matériaux. Il est par exemple très difficile de découper du Plexiglas ou de l’acrylique transparents.
  • Vitesse de découpe : Les vitesses de découpe peuvent être plus lentes, particulièrement pour des matériaux plus épais, en raison de la puissance limitée disponible.
  • Qualité de coupe variable : La qualité de la coupe peut varier en fonction du matériau et de l’épaisseur, avec parfois des bords moins nets ou plus de dommages thermiques comparés à ceux obtenus avec un laser CO2 plus puissant.

Graveuses laser fibre

Je mentionne juste en passant les graveuses laser fibre. Leur usage est très spécifique: la gravure, en particulier sur métal, pour des médaillons, par exemple. Ces machines travaillent sur des surfaces réduites et ne sont pas adaptées pour la découpe. Dès lors, je ne les intègre pas dans cette étude.

Dans cette première partie, je vous ai exposé les principaux types de découpeuses laser potentiellement à disposition des écoles. Dans la prochaine partie, je vais aborder les usages des découpeuses laser et, en fonction, le ou les choix idéaux pour une école.

A quoi servent les imprimantes 3D à l’école?

Les imprimantes 3D ont le vent en poupe ces dernières années et leur utilisation s’étend de plus en plus, y compris dans le milieu scolaire. En effet, ces outils peuvent être particulièrement utiles pour aider les élèves à mieux comprendre certains concepts et à développer leur créativité. Mais comment utiliser les imprimantes 3D à l’école de manière efficace et en valorisant le travail des élèves ?


Tout d’abord, il est important de souligner que l’utilisation des imprimantes 3D à l’école nécessite une préparation et une planification adéquates. Il convient de définir les objectifs pédagogiques visés et de choisir les projets qui permettront de les atteindre de manière concrète et ludique. Par exemple, on peut utiliser l’impression 3D pour illustrer des concepts mathématiques en fabriquant des modèles de solides géométriques, ou pour aborder des thèmes scientifiques en créant des maquettes de systèmes biologiques ou de phénomènes physiques.
Il est également important de prendre en compte les contraintes techniques et logistiques liées à l’utilisation de ces outils. Il faudra par exemple s’assurer de disposer d’une imprimante 3D de qualité et fiable, et de la formation et du support nécessaires pour son utilisation. Il conviendra également de mettre en place un système de gestion des impressions et de suivi des projets, afin d’optimiser l’utilisation de l’outil et de favoriser la collaboration entre élèves.
Enfin, il est essentiel de valoriser le travail des élèves et de leur donner l’opportunité de mettre en œuvre leur créativité et leur esprit de découverte. Pour cela, il est recommandé de les impliquer dans la définition des projets et de leur laisser une certaine liberté dans la conception et la réalisation de leurs créations. On peut par exemple leur donner pour consigne de créer une pièce ou un objet à partir d’une fonction précise, ou de résoudre un problème technique en utilisant l’impression 3D.
Voici trois exemples d’utilisation des imprimantes 3D à l’école :

  1. En classe de science, les élèves peuvent utiliser une imprimante 3D pour créer des modèles de cellules, de systèmes organiques ou de structures moléculaires. Cela leur permet de mieux comprendre ces concepts et de les visualiser de manière concrète.
  2. En technologie, les élèves peuvent utiliser une imprimante 3D pour créer des prototypes de leurs propres inventions. Cela leur donne l’opportunité de mettre en pratique leurs connaissances et de voir comment leur création pourrait fonctionner dans la vie réelle.
  3. En mathématiques, les élèves peuvent utiliser une imprimante 3D pour créer des modèles de solides géométriques et les manipuler pour mieux comprendre leurs propriétés. Cela peut aider à rendre l’apprentissage de ces concepts plus concret et plus facile à comprendre.

    En plus de ces avantages pour l’apprentissage, l’utilisation des imprimantes 3D peut également valoriser le travail des élèves. En leur donnant la possibilité de concrétiser leurs idées et de voir leur travail prendre forme sous leurs yeux, les imprimantes 3D peuvent encourager les élèves à être plus créatifs et à prendre plus d’initiatives dans leur apprentissage.

    Texte intéressant, n’est-ce pas? Or, il n’est pas de moi, mais généré par ChatGPT, la nouvelle Intelligence Artificielle qui fait fureur, avec les consignes suivantes:

    Ecris un article de blog sur l’utilisation des imprimantes 3D à l’école selon les contraintes suivantes:

    -au moins 500 mots

    -au moins 3 exemple

    -en valorisant le travail des élèves.

    Comment j’ai prouvé que la Terre est sphérique et mesuré sa circonférence avec une station météo amateur (et accessoirement l’explosion d’un volcan)…

    Selon une étude de l’IFOP de 2017 (page 99) sur le complotisme, 9% des Français pensent qu’ « il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école ». On appelle les personnes qui croient à une Terre plate, des platistes. Mais reprenons les choses au début.

    Tout est parti de cet article du blog de Météosuisse, titré « L’onde de choc du Hunga Tonga passe par la Suisse ». Entre 4h et 5h UTC, le 15 janvier 2022, le volcan Hunga-Tonga, dans les îles Tonga, au milieu du Pacifique, explose. C’est un fait.

    Explosion du Hunga Tonga

    Les scientifiques de la NASA estiment la puissance de l’explosion entre 5 et 30 mégatonnes. Elle a été suffisante pour pratiquement volatiliser l’île volcanique.

    Dans son article, Météosuisse indique que les deux ondes de choc atmosphériques ont pu être mesurées sur les baromètres suisses.

    Une onde de choc, comme on peut parfaitement bien le voir lorsqu’on lance une pierre dans un étang, est une succession de hauts et bas qui se déplacent de manière concentrique. C’est du reste ce qui a été observé par satellite, comme c’est expliqué dans cet article de Nature.

    Alors pourquoi deux ondes de choc? Et bien parce que les îles Tonga ne sont pas exactement à l’opposé de la Suisse, sur la sphère terrestre. Une onde de choc se déplace en un cercle toujours plus grand autour de son endroit d’émission. Entre cet endroit et un point de mesure, on trace donc une ligne droite. La première onde de choc est celle qui a eu le moins de chemin à parcourir pour atteindre la Suisse. La seconde a pris le chemin exactement opposé, et donc a eu un plus grand chemin à parcourir.

    Cela aurait été rigoureusement impossible si la Terre avait été plate. En effet, il n’y aurait eu qu’une seule onde de choc, la seconde ne pouvant pas faire le tour de la planète de l’autre côté!

    Et ce serait la même chose, quelle que soit la représentation platiste.

    C’est là que tout bon complotiste devrait me rétorquer qu’il s’agit de données gouvernementales, donc issues de la conspiration mondiale. Certes. Donc si Météosuisse a pu mesurer les deux ondes de choc sur ses instruments de mesure, est-ce que je suis moi aussi en mesure de le faire? Car il se trouve que je possède une station météo amateur à mon domicile. Un Mac Mini collecte chaque minute les données de cette station météo. Il s’agit de matériel de qualité.

    Station Davis Vantage Vue, installée à mon domicile

    Selon le graphique de Météosuisse, je devrais voir la première onde de choc le 15 janvier vers 20h00 et la seconde le 16, juste après minuit. Voici ce que j’ai donc pu observer sur le graphique hebdomadaire des pressions:

    Les deux ondes de choc sont visibles aux bonnes heures.

    Je suis donc allé chercher dans l’ordinateur connecté à la station météo les données brutes pour les 15 et 16 janvier. Ces données sont disponibles ici:

    Voici ce que cela donne sous forme de graphique:

    Les deux ondes de choc sont clairement visibles

    De telles variations de pression, durant un laps de temps aussi réduit ne peuvent être dues qu’à des ondes de choc atmosphériques. En l’occurence, ici, celles de l’explosion du Hunga Tonga. Il y a donc bien eu deux ondes de choc principales.

    Mais sachant qu’une onde de choc se déplace dans l’atmosphère à la vitesse du son, connaissant l’heure de l’explosion du volcan, et les heures de mesure des ondes de choc chez moi, il doit donc être possible de mesurer la circonférence de la Terre! Alors allons-y!

    Comme on peut le voir ci-dessous, on peut estimer l’heure de l’explosion vers 4h50 UTC, soit à 5h50, heure suisse.

    Source: https://cimss.ssec.wisc.edu/satellite-blog/archives/44252

    Le pic de mesure de la première onde de choc a été mesuré à 20h45, avec 1023.77 hPa. Il s’est donc écoulé 14 heures et 55 minutes, entre l’explosion et l’arrivée de l’onde de choc en Suisse (donc 14.9 heures). La vitesse de déplacement d’une onde de choc dans l’air est celle du son, en moyenne 1224 km/h. La distance parcourue par la première onde de choc est donc de 18’258 km.

    Le pic de la seconde onde de choc a été mesuré à 0h06, avec 1022.35 hPa. La seconde onde de choc a donc mis 18 heures et 16 minutes pour parvenir en Suisse (donc 18.26 heures). La distance parcourue est donc de 22’358 km.

    L’addition des deux distances va donc nous donner la mesure de la circonférence terrestre, soit 18’258+22’358=40’616 km. La mesure réelle de la Terre à l’équateur est de 40’075 km… soit à peine plus d’1,3% d’erreur!

    Il est intéressant de constater qu’un événement qui se déroule presque à l’autre bout de la Terre peut avoir des conséquences mesurables dans notre atmosphère, localement. Il reste maintenant à savoir s’il y aura des conséquences climatiques à l’explosion du volcan Hunga Tonga. Dans les faits, comme me le fait remarquer un ami, j’ai juste démontré que mes données sont conformes à mon hypothèse. J’ajoute que mes données permettent d’approcher d’assez près la mesure de la circonférence de la Terre réalisée selon une autre méthode par le mathématicien et astronome grec Eratostène… au III ème siècle avant Jésus Christ!

    Les élèves doivent-ils travailler debout?

    Quels sont les cours où les élèves travaillent parfois debout? Naturellement les cours d’éducation physique, certains cours de musique, d’économie familiale ou de travaux manuels. Mis à part cela, la journée d’un élève se passe assis derrière son bureau. Si cela est un vrai calvaire pour les élèves souffrants d’hyper-activité, c’est aussi adopter une posture passive.

    Ma salle de classe est particulière. Elle est petite et encombrée: postes de soudures, quelques imprimantes 3D, la table de défis de robotique, les armoires pour le matériel… Les chaises prennent beaucoup de place et empêchent des déplacement aisés. Par ailleurs, il n’y a qu’une douzaine de chaises et 4 tabourets. Cela suffit pour mes cours d’OCOM Technologie, où je n’ai en général que 12 élèves au maximum. Mais impossible pour une classe complète de venir travailler. Pourtant, cette salle est bien équipée: un écran plat, une Apple TV, un chariot avec 20 Macbook Pro dernière génération.

    Voici la salle, il y a quelques années. Ces derniers temps, il y avait 4 groupes de 8 tables.

    Quelle solution? La plus simple: supprimer les chaises. Cela signifie donc des tables assez hautes pour travailler debout. Cela conforte aussi une autre observation: devant un poste de travail fixe, du style iMac, un élève se tient relativement bien. Mais avec un portable, dont le positionnement est bien plus souple, l’élève s’avachit; jusqu’à se vautrer. J’en étais au point que j’avais des élèves presque couchés sur leur chaise, les pieds sur une autre chaise. Ils adoptaient une position complètement passive devant l’écran, alors qu’au contraire, je recherche un travail dynamique, des échanges, des interactions. En effet, ma pédagogique est basée sur le projet; individuel et par groupes. Malgré les remises à l’ordre, l’élève-type se ré-avachissait à nouveau après un court délai.

    Pourquoi? L’ado est réputé mou. Mais à ce point, on frôlait l’état de limaces. Et surtout, quelle différence de position devant un élève devant un iMac ou un portable! Et puis, j’ai regardé ma famille. On n’a pas d’ordinateur fixe (à part les serveurs). On travaille sur des Macbook et des iPad. Il n’y a que moi qui possède un dock, avec écran, clavier et souris pour mon portable, dans mon bureau; un poste de travail fixe. Sinon, où utilise-t-on nos appareils mobiles? Sur le canapé, le fauteuil, sur une chaise, les pieds sur une autre. Nos élèves, à de rares exceptions près (les gamers hardcore, par exemple), ne possèdent pas d’ordinateur fixe, mais un portable ou une tablette, qu’ils utilisent partout sauf sur un bureau. Je pense que nos élèves, en présence d’un ordinateur portable ou d’une tablette à l’école, reproduisent leur position habituelle avec ces appareils.

    Pour désencombrer et dynamiser les élèves, la solution paraît donc simple: il faut supprimer les chaises! Mais pour cela, il faut du mobilier adapté. Tout enseignant qui travaille avec de l’informatique a déjà dû se pencher sur le clavier d’un élève pour corriger quelque chose. Et c’est non seulement inconfortable, mais aussi difficile de travailler, penché sur une table. Il faut donc une table assez haute, pour pouvoir s’y accouder, comme à un bar.

    Il existe de superbes tables, réglables en hauteur et sur roulettes.

    Source: https://www.ch.ergotron.shop/ergotron-learnfit.html

    Mais une table par élève reviendrait à ré-encombrer ma classe. Et surtout, il n’y a pas la place pour un travail en groupe collaboratif. Mes élèves travaillent, par exemple, en groupe avec des Lego Mindstorms, deux ordinateurs portables, des feuilles, du matériel. Ils doivent pouvoir se regrouper autour d’une grande table, ronde si possible afin de favoriser les échanges et la collaboration.

    A ce stade de ma réflexion, j’en suis à des constats purement empiriques. J’ai donc commencé à faire quelques recherches. Et je suis arrivé sur ce sujet de France2:

    Puis j’ai lu ces articles:

    J’ai enfin découvert ce livre: Get Up! : the Dire Health Consequences of Sitting and What We Can Do About It du Dr. James A. Levine.

    Travailler debout permettrait donc d’améliorer les capacités neurocognitives des élèves, mais aussi de lutter contre l’obésité infantile… et de désencombrer ma classe! Par contre, il n’est pas prévu d’en arriver à cette extrémité: https://ecolepositive.fr/bouge-ta-classe-un-projet-innovant-pour-booster-lapprentissage-en-classe/

    Mon cours, et donc ma salle, est un peu mon laboratoire pédagogique. J’y ai testé avant de les promouvoir au niveau de l’école vaudoise et romande de nombreuses technologies: la robotique pédagogique (il y a 11 ans de cela), la programmation sur Arduino, l’impression 3D, la découpe laser,… J’ai donc fait, il y a quelques années, la demande d’achat de 6 tables rondes et hautes à la commune. Demande refusée plusieurs années de suite, jusqu’à ce qu’elle soit acceptée cette année. Le choix s’est porté sur des tables rondes de 1m de diamètre, réglables en hauteur. Une table ronde pour plusieurs élèves vaut le prix d’une seule table haute telle que présentée au-début de cet article. Elles sont arrivées aujourd’hui. Les élèves m’ont aidé à la mise en place et à choisir l’emplacement des tables. L’idée était d’avoir une classe sans tables alignées; quelque chose de plus organique et déstructuré. Et voici le résultat:

    On peut se déplacer facilement. Les élèves de 9H qui ont testé les tables aujourd’hui ont globalement apprécié. Il faut dire que mon cours ne dure que 90 minutes. Je me réjouis de voir ce que cela donnera avec mes autres élèves. Les retours de mes collègues qui vont utiliser la salle seront aussi très intéressants.

    J’ai gardé 4 tabourets, pour les postes de soudure. Ils serviront aussi pour les élèves blessés ou plâtrés. Les tables peuvent se régler en hauteur pour être utilisées en position assise. L’enseignant dispose encore d’un bureau standard, avec un iMac. Mais étant équipé d’une Apple Tv, je ne suis que peu assis; je profite de la mobilité offerte par cet outil pour travailler debout (jusqu’à maintenant sur ma table de robotique, haute), avec mon propre ordinateur portable ou mon iPad.

    Dernier point: ma salle de technologie (appelée SRO, soit Saturne Robotique, du nom du collège de la fonction première de la salle) est aussi la rédaction du journal de l’école, Le 1024, qui a rédigé un article sur ces futures tables. J’espère que nos journalistes en herbe feront un article critique et argumenté dans quelques semaines.

    Un tout grand merci à Sylvette, notre cheffe de service des écoles ainsi qu’à la Commune d’Ecublens pour nous permettre de réaliser cette nouvelle expérience.

    Liseuse électronique: lettre à l’école de ma fille

    Sommentier, le 8 janvier 2019


    Mesdames,


    Ma fille, Amélie, est une très grande lectrice, au point d’avoir épuisé la bibliothèque scolaire et de nous avoir valu des achats très importants en librairie et sur Amazon. Ma femme et moi sommes aussi de très grands lecteurs. Nous avons abandonné l’achat de livres physiques au profit des livres électroniques (ebooks), lus sur des liseuses, faute de place pour continuer à stocker nos livres. Amélie se trouvant devant le même problème, nous lui avons acheté une liseuse de qualité, de marque Kobo. La plupart des bibliothèques permettant un emprunt d’ebooks, nous avons maintenant de quoi alimenter sa curiosité.


    Ce soir, Amélie m’a dit qu’elle avait pris sa liseuse à l’école, afin de pouvoir continuer son livre. Si, pour ma part, je n’y suis pas opposé, je l’ai rendue attentive au règlement de l’école qui stipule que: « L’utilisation de matériel électronique de télécommunication et de divertissement est strictement interdite dans le périmètre scolaire et dans les bus.« 

    Nous avons pu prendre un moment pour discuter ensemble de ce règlement et de son côté très flou dans la définition des appareils interdits. Pour elle, la lecture est un divertissement. En tant que parent et enseignant, j’affirme que la lecture est de l’éducation. Qu’en est-il alors des appareils de photo, qui, s’ils sont électroniques, ne sont ni de télécommunication ni de divertissement? Avec Amélie, nous avons mis les points suivants en avant:

    • Une liseuse n’a pas de connexion à Internet via les réseaux de téléphonie mobile.
    • Si elle a une connexion WiFi, ce n’est que pour la synchronisation des livres et la mise à jour de la liseuse.
    • L’écran d’une liseuse est en noir et blanc et s’il permet d’afficher une page de livre avec une qualité bien supérieure à celle d’un livre de poche, sa réactivité ne permet aucun jeu.

    Une liseuse ne sert qu’à lire.
    La liseuse du modèle d’Amélie ne permet pas la lecture de fichiers audio.
    Une liseuse est donc certes un appareil électronique, mais qui ne peut pas communiquer et qui, s’il est de divertissement, c’est par la lecture, tout comme un livre. Or, je ne conçois pas une école qui interdise les livres. J’ai donc promis à Amélie de vous écrire cette lettre, afin de pouvoir clarifier la situation, ce d’autant plus qu’elle s’inquiète pour le camp de ski. Je l’ai prévenue que ce faisant, une décision serait prise par l’école et que si, comme d’autres de ses camarades, elle a jusqu’ici pu bénéficier de la libre appréciation des enseignants concernant l’usage de liseuses, elle court le risque d’avoir une règle ferme, qui peut lui être défavorable. Amélie se conformera à la décision de l’école.
    En tant que parents, et bien qu’attachés à l’objet livre, ma femme et moi avons fait le choix de la liseuse (de qualité) pour notre fille pour les raisons suivantes:

    • Taille et poids réduits.
    • Ecran e-ink de qualité qui permet un affichage bien meilleur que celui d’un livre de poche imprimé, avec parfois même un meilleur contraste.
    • Possibilité de choisir sa police et d’adapter la taille des caractères pour une lecture agréable.
    • Eclairage incident doux (comme celui d’une lampe sur une page) et pas rétroactif (au contraire d’un smartphone ou d’une tablette), avec filtre anti-lumière bleue la nuit.

    En tant qu’enseignant spécialiste MITIC et auparavant en charge de l’équipement informatique des élèves DYS pour mon école, je peux ajouter que la liseuse est un outil de lecture parfaitement adapté pour l’éducation, car:

    • Une liseuse est fine. Il n’y a donc pas l’effet de peur et de découragement de certains enfants devant l’épaisseur de certains livres.
    • La liseuse adapte la forme du texte à l’élève. Pour certains, avoir une grande écriture est rassurant.
    • Les liseuses permettent de choisir des polices pour dyslexiques (OpenDyslexic, par exemple), de modifier l’écart entre les lettres, les lignes et les mots, afin d’adapter le texte aux besoins de chaque élève.

    En conséquence de quoi, Amélie et moi vous demandons de bien vouloir formellement autoriser (ou pour le moins tolérer) les liseuses équipées d’écran e-ink en noir et blanc, dans la mesure où elles ne peuvent servir que pour la lecture. J’ajoute que je suis conscient du fait qu’une liseuse est plus onéreuse et plus fragile qu’un livre. C’est la raison pour laquelle nos liseuses sont assurées. Je prends l’entière responsabilité en cas de perte ou de dégât, et décharge par conséquent les enseignantes et l’école de toute responsabilité à ce sujet.

    J’ai la ferme conviction que la lecture et l’écriture sont la plus grande conquête de l’Humanité. Elles lui ont offert la connaissance, la culture, la philosophie, les mathématiques, la physique et donc la Lune. Le contenu importe plus que le contenant. La liseuse n’est que l’itération moderne des tablettes d’argile mésopotamiennes. Quand Amélie a visité la réplique de la grotte Chauvet, avec les reproductions de l’expression d’hommes ayant vécu il y a plus de trente millénaires, elle s’est retrouvée face au livre primal. Aujourd’hui, son livre est d’un format plus pratique, mais possède tout autant de poésie, d’imagination et d’évasion.

    En vous remerciant par avance de bien vouloir autoriser les élèves de l’école à apporter et utiliser une liseuse, je vous prie, Mesdames, d’accepter mes salutations les meilleures.

    [EDIT 20 janvier 2019]

    J’ai eu une réponse de la responsable d’établissement. Réponse tout en nuance et argumentée. Voici le résumé:
    Les liseuses (donc de type e-ink) sont autorisées à l’école et dans les bus, sauf:
    – A la récréation qui est un moment de jeu et de partage.
    – Pendant les camps, qui sont des moments de vie en communauté.

    C’est un oui, mais.

    La réponse est pour moi claire, de même que les exceptions. Ces dernières ont été justifiées. Je m’y conforme d’autant plus volontiers que les enseignants emporteront une caisse de livres de la bibliothèque au camp.

    Ma fille pourra donc prendre sa liseuse en classe pour les moments d’occupation libre. La liseuse est sous ma responsabilité. Et cela a permis une leçon d’éducation citoyenne à ma fille.

    Facebook a perdu, j’ai gagné

    Disons-le clairement: Facebook est devenu un réflexe chez la plupart d’entre-nous. 1 minute d’attente? On jette un oeil sur son mur. L’ennui n’existe plus. Enfin presque; Facebook est aussi ennuyeux qu’une nuit au-delà du cercle polaire dans un igloo hermétiquement fermé. Il n’y a pas de surprise; Facebook n’affiche que du beau, cheap et convenu, maquillé comme un carré d’as (merci Renaud), que ce que je veux voir. C’est lisse comme mon crâne. Vouloir tuer l’ennui avec la personnification de l’ennui, c’en est un comble.

    J’ai donc quitté Facebook. La cure de désintoxication est plus simple qu’on ne le croit; chez moi, elle a duré deux semaines. La première semaine, j’ai supprimé Facebook de mon iPhone. Du coup, celui-ci ne sert plus beaucoup. La seconde semaine, je l’ai supprimé de mon iPad. Et puis voilà. Depuis un mois, j’ai désactivé mon compte. Je ne l’ai pas entièrement supprimé, pour rester joignable sur Messenger (tout le monde n’a pas mon numéro de téléphone). Je réactive pour le moment mon compte tous les vendredis soir durant 10 minutes, pour vérifier mes notifications, regarder une vidéo pourrie et re-désactiver mon compte.

    Mon temps de cerveau libéré ne s’est pas reporté sur Twitter, mais sur la lecture de vrais journaux (Le Temps, La Gruyère, 24 Heures et Le NY Time), sur les interactions sociales réelles. Ce n’est pas qu’une victoire unilatérale. J’ai aussi perdu le contact avec des personnes qui m’étaient chères et avec qui je n’interagissais que sur Facebook. J’ai perdu l’accès à des pages thématiques intéressantes. Mais c’est le prix à payer pour une dépollution cérébrale.

    Test du jeu Gravitrax

    Exceptionnellement, je vais vous faire le test d’un jouet. En réalité, ce n’est pas moi qui l’ai testé, mais Amélie et Martin, mes enfants. Il s’agit du Gravitrax de Ravensburger.

    J’ai découvert ce jeu grâce à une offre QoQa très avantageuse. J’ai choisi l’option set de base + catapulte, comme cadeau d’anniversaire pour ma fille, Amélie. Ceux qui me connaissent savent que j’adore les machines de Rube-Goldberg. Après quelques tests un peu frustrants réalisés, on a constaté qu’il faut impérativement au minimum un kit d’extension pour pouvoir commencer à réaliser des circuits sympas.

    Voici le résultat d’aujourd’hui d’Amélie (10 ans) et de Martin (7 ans). Les trois chemins au départ sont praticables et mènent tous à l’arrivée.

    Autant dire que c’est un exercice de réflexion et de physique vraiment sympa. Une bille qui va trop vite ne pourra pas prendre un virage; il faut donc réussir à la ralentir (avec une montée par exemple). Il faut aussi qu’elle reste en mouvement, malgré les frottements. Et pour faire évoluer le kit, on peut le hacker. Des dizaines de pièces et de variantes sont déjà disponibles prêtes pour l’imprimante 3D sur Thingiverse.com.

    Au final, c’est un jeu qui pourrait tout à fait trouver sa place dans une classe. On peut réaliser du travail collaboratif, évaluer la motricité et la perception de l’espace de certains élèves. En particulier, l’idée que l’enfant doit envisager une succession d’événements et donc réaliser le scénario du mouvement des billes est très intéressant. A mon avis, les enseignants spécialisés qui me lisent voient déjà les avantages d’un tel jeu, en matière de structuration de la pensée, de planification, de projection de soit et d’anticipation des conséquences.

    Les enseignants d’OCOM Travaux Manuel, Technologie et MITIC et OS Math-Phyisique aussi: avec assez de pièces, on peut réaliser des enchaînements complexes et même dessiner et imprimer en 3D ses propres pièces.

     

    J’ai, depuis mon enfance, d’excellents souvenirs des jeux Ravensburger; en particulier de mon jeu préféré, Scotland Yard. J’ai passé des heures de jeu avec mon frère, aussi redoutable adversaire que je l’étais. Je connaissais le plan de Londres comme ma poche. A chaque partie, la challenge pour Mister X était de passer au 221b Baker Street. Autant vous dire que la première fois que j’ai mis les pieds à Londres, je n’ai eu aucun problème d’orientation!

    Le prix des pommes

    Mon ami Michel Schweizer, grand amateur de pommes devant l’Eternel, s’est amusé à calculer le prix du Macbook Pro 2018 le plus cher possible, avec toutes les options à disposition. Il arrive à la somme de… 7’416.10 CHF. Pour ma part, je négocierai l’abandon des 10 centimes…

    Alors là, à nouveau, j’entends râler dans ma salle des maîtres: « de toute manière, Apple, c’est hors de prix, surfait. Et en plus on doit subir l’obsolescence programme. Et ces ports USB-C, quelle merde« .

    Finalement, c’est comme pour les créationnistes et les platistes: je n’argumente même plus. Je n’ai jamais empêché un collègue de s’acheter un 17 » Acer à 599 CHF. Mais qu’il ne vienne pas ensuite pleurer dans mon gilet quand il a un problème.

    Au final, je me base sur mon expérience personnelle et 27 ans dans le monde Apple.

    Mon premier Mac, un Perfoma 600 CD a été utilisé près de 10 ans (usage familial, études et entreprise de mon papa. Il est à la cave. Toujours fonctionnel. C’était un Mac d’entrée de gamme et il date de 1992. Je pourrais le remettre sur mon bureau, lancer Word 5.1 et écrire une thèse sans aucun problème dessus. D’autant plus qu’il était équipé du Apple Extended Keybord II, le meilleur clavier que j’ai utilisé depuis 30 ans.

     

    Mon second Mac a été un portable; un Powerbook 5300 CS. Ecran de 256 couleurs, et déjà un trackpad (à peine plus grand qu’un timbre poste). Je l’avais acheté d’occasion, à moins d’une année, en 1996, sauf erreur, quand j’ai commencé l’université. Je l’ai trimbalé quasi quotidiennement avec moi. J’ai rédigé un grand nombre de rapports, de séminaires et une bonne partie de mon mémoire dessus. Autant dire qu’il a vécu. Il a été régulièrement utilisé pendant 10 ans. Je suis retombé dessus il y a 3 semaines, et je me suis amusé à le redémarrer. Il m’a fallu plusieurs heures pour retrouver mon mot de passe de l’époque; mais ensuite, tout fonctionnait toujours parfaitement.

    Pour l’anecdote, c’est l’ordinateur utilisé par Jeff Goldblum pour injecté un virus dans l’infrastructure informatique des aliens, sauvant ainsi l’Humanité dans Independance Day. Sans doute l’ordinateur le plus compatible jamais produit par Apple…

    J’ai ensuite eu besoin d’un peu plus de puissance, devant faire tourner Illustrator pour de la cartographie et SPSS6 pour les statistiques. J’ai donc cassé alors ma tirelire et me suis acheté le tout nouveau PowerMac G3 B/W en 1999. A ce jour, ça reste mon Mac préféré. Une très belle bête, magnifiquement conçue. Je l’ai utilisée de manière hyper intensive (avec le Powerbook en parallèle) pendant plus de 7 ans, en tous cas. Je lui ai ajouté des cartes SCSI, un lecteur ZIP et j’ai remplacé le lecteur CD par un graveur DVDEnsuite, il a encore été utilisé plusieurs années comme ordinateur principal de ma maman pour l’administration de l’entreprise familiale. Je l’ai récupéré ensuite et il a fait encore une année ou deux en tant que serveur. Au final, il a dû tourner 14 ou 15 ans. Là, il est toujours parfaitement fonctionnel, mais sert de repose-pieds sous mon bureau.

    A cette époque, j’ai rencontré ma femme… et ses Mac SE 30 (1989) et iMac Blue (1999). Eux aussi sont fonctionnels et à la cave!

    Après, j’avais moins de moyens financiers… j’ai acquis le premier Mac Mini G4 en 2005. Cette machine a elle aussi fonctionné de nombreuses années; plus de 10 ans, d’abord comme ordinateur principal, puis comme machine de test pour Mac OSX Server, avant les déploiements sur le Xserve de prod. Il a fini sa vie comme serveur météo. Et comme tous mes Mac, je le possède toujours et il est toujours fonctionnel.

    En 2009, ma femme et moi, nous nous sommes acheté chacun un Macbook Pro 13 ». Elle l’entrée de gamme, moi déjà une configuration solide.  J’ai utilisé le mien au privé et professionnellement (donc intensivement) pendant 5 ans. Ensuite ma femme l’a récupéré et utilisé le sien pour ses élèves. Autant dire qu’il a subi les pires outrages (rencontre avec tous les types de liquides connus, peinture, plâtre…). Finalement, le disque dur a rendu l’âme. Vu l’état de la machine (bien que toujours fonctionnelle), j’ai décidé de ne pas le réparer. Il est là, dans l’hypothétique attente d’un SSD.

    Quand j’ai offert un Macbook Pro Retina à ma femme, j’ai équipé mon vieux Macbook Pro d’un SSD. Il est aujourd’hui utilisé par mes enfants. Quant à moi, je travaille sur un Macbook Pro 15 » haut de gamme, de 5 ans d’âge, en parfait état et qui ne donne aucun signe de faiblesse ou de ralentissement.

    A côté de cela, j’ai acquis d’occasion un Mac Mini Intel de 2009, dans lequel j’ai mis un SSD et qui tourne en Mac OS 10.11. Il me sert de serveur météo et Minecraft.

    A la cave, j’ai aussi plusieurs Mac 128k, 512k, Plus de 1984, 1985 et 1986. Tous fonctionnels.

    Bref. Sur 30 ans, personnellement utilisé intensivement 6 Mac. Tous ont eu un usage (très) actif de plus de 10 ans chacun. Aucun n’est hors d’usage. Tous sont fonctionnels. Mes machines, quand elles arrivent à 10 ans d’âge fonctionnent avec un OS toujours mis à jour et supporté par Apple. Bravo pour l’obsolescence programmée! Je mets au défi de continuer d’utiliser de manière satisfaisante et productive un portable ACER à 599 CHF 10 ans après. J’estime qu’en 27 ans, j’ai dépensé 10’000.- d’achat pour mes ordinateurs Apple (réparations et upgrades compris). Cela me coûte donc 370.- par année, pour souvent avoir du haut de gamme, du matériel de qualité, ergonomique, fiable et léger, pour ce qui est des portables. Et si j’avais décidé de vendre mes anciens Mac, à chaque fois que j’en ai acheté un nouveau, le prix aurait en réalité été bien inférieur. J’ai en effet acheté un nouveau Mac en moyenne tous les 4.5 ans. Mais je n’ai pas revendu les autres (j’en aurai à chaque fois obtenu en tous cas la moitié du prix d’achat). Je les utilisé pour d’autres usages ou mis à disposition de ma maman, ma femme ou ma fille. Dès lors, on peut estimer que mon usage (intensif!) du Mac me coûte en réalité moins de 200 CHF par an.

    Oh, j’ai oublié de vous dire: le tout premier modèle d’iPad, sur lequel tellement se sont déchaînés, parce que soit disant pas réparable, et bien, chez moi, il fonctionne toujours!

     

    Pas de rabais pour une mise à jour? Normal.

    Je suis un fan inconditionnel, et depuis des années (probablement depuis la version 2) de Transmit, le logiciel de transfert FTP de Panic Software. Au fil des versions, j’ai payé quelques centaines de dollars à l’entreprise pour l’achat de son logiciel, puis pour les mises à jour.

    Pourquoi payer quand il existe des alternatives gratuites (et suisses)? Peut-être par question d’habitude; je suis hyper à l’aise avec son interface; ses fonctions répondent à tous mes besoins. On a beau travailler dans un secteur de pointe, on est vite très conservateur avec ses outils de production. J’apprécie aussi son intégration avec l’autre logiciel-phare de Panic, Coda, avec lequel j’ai développé des dizaines de sites web.

    Certes, aujourd’hui, je ne développe plus de sites web comme à l’époque. Je lance Coda moins d’une dizaine de fois par an; mais c’est toujours un plaisir de se retrouver devant son interface. Au bout d’un moment, c’est une question d’habitude. Ma maman faisait toute la comptabilité de l’entreprise de mon papa sur MacCompta. Cela doit faire 20 ans que mon papa est à la retraite et l’entreprise fermée, mais ma maman continue à acheter ses mises à jour de MacCompta et à faire sa comptabilité dessus. A un moment donné, ce sont des habitudes rassurantes.

    Bref, il y a des années que je tourne sur la version 4 de Transmit. Avec l’arrivée de Mac OS Mojave, le passage à la version 5 devient nécessaire. Je télécharge la version démo gratuite durant 30 jours. Il fonctionne à merveille.  C’est du reste parce que l’App Store d’Apple ne permet pas d’offrir des démos que Panic l’a quitté.

    Je vais donc sur le site de Panic, pour acheter ma mise à jour Transmit 4 -> Transmit 5. Et là:

    Pas de mise à jour à prix réduit. Il faut payer le prix complet pour passer de Transmit 4 à Transmit 5. Explication: depuis 2010 (donc 8 ans!), toutes les mises à jour ont été offertes gratuitement. Transmit 5 est une évolution majeure. Donc merci de bien vouloir payer plein tarif.

    Huit ans de mise à jour gratuite, dans le monde de l’informatique, c’est antédiluvien. Il y a 8 ans, un Mac portable, c’était ça:

     

    Pour la petite histoire, on en était à Mac OS 10.6… Cela fait donc 8 ans de mise à jour gratuites. Cela fait 5.6$ par année.

    A côté de cela, les grand éditeurs, Adobe, Microsoft, mais aussi Apple, poussent pour des abonnement annuels. Avant, je payais une fois 150.- pour cinq ans d’utilisation de Microsoft Office sur mon Mac. Maintenant, je dois payer 110.-/an. Ajoutez Photoshop et Illustrator passé en abonnement (très cher), un DropBox Pro professionnellement nécessaire, mais payé de ma poche (99$), un anti-virus qui tienne la route, un VPN, plus tous les autres logiciels et services sur abonnement. On est passé d’une économie d’achat (avec mise à jour volontaire) à une économie d’abonnement, beaucoup plus chère.

    Quand on a acheté, dans ma famille, notre premier Mac (un Performa 600 CD, que je possède toujours, en parfait état de marche), ma maman a payé près de 1’000.- pour acheter Office. Je dois toujours avoir les dizaines de disquettes d’installation dans un coin. Ce logiciel était cher, car il n’avait pas de concurrent. Mais il a fonctionné durant des années, pour mes études, mais aussi pour la gestion de l’entreprise de mon papa. Il a été largement amorti.

    L’abonnement va tuer le logiciel… ou provoquer un fort développement du logiciel open source! Rappelez-vous… avant OpenOffice, MS Office valait près de 1’000 CHF!

     

    Quelle alternative à WhatsApp en milieu scolaire?

    De (très) nombreux enseignants utilisent WhatsApp via un groupe de classe pour communiquer avec leurs élèves et faire de la gestion de classe. Par ailleurs, de nombreux enseignants utilisent WhatsApp entre eux pour s’échanger des informations sur les élèves (absences, souci de comportement…). Tout comme pour l’utilisation de DropBox, cela pose un certain nombre de problèmes légaux; en particulier dans la mesure où les données ne sont pas hébergées en Suisse ni soumises à un for juridique suisse ou à un accord spécifique entre la Suisse et l’entreprise. À cela s’ajoute enfin le fait que WhatsApp vient d’augmenter l’âge minimum dans la « région européenne » (qui inclut nommément la Suisse) pour l’utilisation de son logiciel de 13 à 16 ans. Sans exception. Mais aussi sans volonté claire de procéder à un contrôle de l’âge de ses utilisateurs.

    Cela à cause (ou grâce) au nouveau règlement sur la protection des données personnelles (RGPD), entré en vigueur, et qui touche indirectement les citoyens suisses, souvent englobés dans l’Europe dans les conditions générales des entreprises. Or, le RGPD fixe à 16 ans l’âge auquel un mineur peut consentir seul au traitement de ses données à caractère personnel et donc accéder à des services demandant des données personnelles. Cela concerne pratiquement tous les services demandant une inscription, y copris de nombreux sites ou applications pédagogiques.

    Il faut bien comprendre que l’usage de WhatsApp (mais aussi de DropBox) s’est imposé, en particulier pour cause d’absence d’alternative crédible mise à disposition par les départements de la formation. Sans système de gestion informatique des absences, en l’absence de cloud scolaire officiel et d’une plateforme d’échange entre professionnels simple à utiliser (à l’exception du mail d’Educanet2), ce sont des outils largement utilisés à titre privé qui ont pris place dans l’espace vide. Or si WhatsApp s’est imposé, c’est parce que c’était l’outil naturellement utilisé par les élèves à titre privé, mais aussi les enseignants.

    S’il est encore possible de se passer de ces outils, il faut néanmoins constater que la numérisation de l’école les rend a minima pratiques, si ce n’est pas indispensable. Nous sommes ainsi de très nombreux enseignants à devoir payer de notre poche un compte DropBox Pro (99$/an) pour un usage professionnel.

    En 2016, le préposé à la protection des données et à la transparence de Neuchâtel et Jura a publié un article sur l’usage de WhatsApp en milieux scolaire.Voici le point principal:

    « L’utilisation de WhatsApp est déconseillée, mais les enseignants peuvent communiquer avec les élèves par ce service si l’ensemble de la classe l’utilise déjà, ou que ceux qui ne l’ont pas encore ne sont pas poussés à le faire. Dans tous les cas, il serait bien que l’utilisation soit préalablement accompagnée d’informations à propos des dangers de tels services au niveau de la protection des données personnelles. »

    Entre-temps, WhatsApp a modifié ses conditions générales pour partager une partie de ses données avec Facebook, au point que ses deux cofondateurs, en désaccord avec Facebook, ont quitté le navire.

    Cesla Amarelle est consciente de la problématique. Elle aborde le sujet dans cette interview (dès 5’30’’): Interview RTS. La Cheffe du Département n’interdit pas l’utilisation de WhatsApp (mais cette interview date d’avant l’interdiction de WhatsApp aux moins de 16 ans), si l’outil est cadré et maîtrisé par les enseignants. Elle privilégie très justement l’éducation à l’interdiction. En effet, avoir un groupe de classe implique que les élèves s’y comportent d’une manière correcte tout en suivant des règles imposées par l’enseignant. Cela aura encore plus d’effet si l’enseignant discute de ces règles avec les élèves et les explique.

    Sébastien Fanti, le bouillonnant préposé à la protection des données du canton du Valais, incite les enseignants à abandonner WhatsApp au profit de Threema (https://threema.ch/). Il s’agit d’un logiciel de chat, tout comme WhatsApp, mais d’origine suisse, extrêmement crypté et dont toutes les données sont hébergées en Suisse. Le hic: l’application vaut 3.-. Il existe une version Pro, avec un tarif éducation. L’application est alors gratuite, mais il faut payer 9.- par élève et par an… M. Fanti ne précise pas qui doit payer. La solution est néanmoins extrêmement intéressante.

    Une chose est certaine: la rentrée scolaire prochaine se fera sans WhatsApp. J’ai cherché quelques alternatives à WhatsApp pour le milieu scolaire et j’en ai fait un tableau récapitulatif:

    Lien vers le tableau au format PDF: https://mitic.education/wp-content/uploads/2018/06/Comparatif_chats-1.pdf

     

    Si Telegram est très largement utilisé au niveau mondial (200 millions d’utilisateurs), son histoire, son financement, son lien avec les milieux d’activisme politique en fait un outil politiquement délicat pour une institution scolaire; et ce malgré sa grande facilité d’utilisation.

    Signal a l’avantage d’un code open source et de la caution d’Edouard Snowden. Tout comme Telegram, il est gratuit, multi-plateforme et simple d’utilisation. Par contre, tout comme Telegram, impossible de l’utiliser sans numéro de téléphone.

    Il nous reste donc les deux régionaux de l’étape; Wire et Threema; avec une différence de pointe: Threema héberge ses données en Suisse et son app est payante (sauf dans le cas d’un plan payant annuel spécial éducation). Wire héberge, elle, ses données sur des serveurs européens. Cette entreprise ne semble du reste n’avoir qu’une adresse juridique et fiscale à Zug. L’équipe de développeurs, elle, semble être aux USA.

    Au final, la meilleure solution semble être l’une de ces deux entreprises; avec une préférence personnelle pour Threema, à condition de trouver le financement nécessaire. Et c’est là le nerf de la guerre. Quel sera le choix laissé aux enseignants, entre l’interdiction totale, la plateforme imposée et une indépendance payée au prix fort.

    Il reste une toute dernière alternative; à savoir une solution cantonale créée et hébergée en interne. Si une telle solution devait être choisie (et imposée), j’attire l’attention sur plusieurs points: actuellement, les ressources humaines dévolues à une telle solution seraient bien plus utiles sur d’autres fronts MITIC. Les ressources financières pourraient être allouées pour un prestataire extérieur sous contrat, comme cela serait le cas de Thremaa. Ce dernier supporte aussi les investissements nécessaires dans l’infrastructure et le développement. Sans compter que c’est aussi lui qui sera légalement responsable en cas de problème. Développer une solution interne signifie développer aussi des app devant être compatibles avec une multitude d’appareils. Enfin, une solution technologique a toujours plus de chance d’être largement et facilement adoptée lorsqu’elle est imposée, quand elle fait partie des outils déjà utilisés à titre privé. Pourquoi réinventer la roue?

     

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    De la carte à l’impression 3D du relief (partie 1)

    Pour moi, une carte c’est un média. Elle fait donc partie des MITIC.

    Minecraft, c’est génial pour développer la vision dans l’espace. Mais il ne faudrait pas oublier l’orientation dans le plan. Objectif: se repérer sur la carte, s’orienter et localiser les éléments connus (les amis, l’école, la gare…). Objectif secondaire: orienter la carte correctement selon les points cardinaux à l’aide d’une boussole.

    Prochaine étape: lecture du relief sur la carte au 1:25000, avec l’aide de Google Earth et d’une impression 3D du relief local.

    J’ai trouvé la maison de Yaëlle!

    Robot Sphero SPRK+ et pédagogie

    Après avoir découvert et essayé le petit Sphero Mini, intéressons-nous maintenant à son grand frère, le Sphero SPRK+ (se prononce spark).

    La différence de taille est notoire: le Sphero Mini a la taille d’une balle de ping-pong alors que le Sphero SPRK+ a la taille d’une balle de baseball.

    Enfin, le Sphero SPRK+ est constitué d’une coque en polycarbonate dure et transparente qui ne peut pas s’ouvrir. Cela rend le Sphero étanche. Si le polycarbonate résiste bien, il se raie quand même.

    L’intérieur du Sphero SPRK est plus sophistiqué que celui du Mini. Il faut dire qu’il y a plus de place.

    Vous vous souvenez des tortues Logo? Ici, voici Seymour Papert, à l’origine du langage LOGO et en tant que tels des robots pédagogiques:

    Regardez la tortue: elle est elle aussi transparente. Tout comme la dernière version du robot Bee-bot. Le précédent était jaune.

    Tout comme le Sphero 2.0 est blanc.

    La transparence indique donc que le Sphero SPRK+ est destiné au marché de l’éducation.

    L’app Sphero Edu est néanmoins aussi compatible avec le Sphero 2. Dès lors, on peut utiliser le Sphero SPRK+ comme base d’apprentissage de la programmation. Et l’app permet de programmer soit avec une sorte de Scratch, soit en JavaScript. Le passage de l’un à l’autre est du reste transparent; on peut commencer à programmer avec l’interface visuelle, puis voir ce que cela donne en JavaScript!

    Ainsi, voici le même programme (se déplacer en carré, avec une boucle), tantôt en version graphique, puis en JavaScript.

    Interface graphique de programmation du Sphero

    Interface de programmation en JavaScript pour le Sphero

    Et par rapport au Sphero Mini, ce sont beaucoup plus de capteurs dont on a accès aux données sous forme de fichier .csv et de graphiques:

    • Emplacement
    • Orientation
    • Gyroscope
    • Accéléromètre
    • Vélocité
    • Distance

    Et il est possible de jouer avec tout cela. Y compris dans l’interface graphique. Voici ce à quoi on a accès:

     

    Autant dire qu’on en a pour un moment avant de faire le tour. On a des possibilités, au niveau de l’interface graphique, aussi riches qu’un Mindstorms ou un Mbot ou tout autre robot se programmant avec Scratch.

    Mais n’oublions pas un élément important: les Sphero ne peuvent être exploités qu’avec des tablettes et smartphones. L’avantage est la très grande rapidité de mise en oeuvre et l’hypermobilité. À condition d’avoir des tablettes…

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