Dictature numérique: Apple a un droit de vie et de mort sur votre identité numérique et vos données. Méfiez-vous d’iCloud et d’Apple.

L’Apple bashing est un sport à la mode. Ce ne sera pas le cas ici. Ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours été un fervent partisan d’Apple, même quand cette dernière était au bord de la faillite. Depuis mon premier Mac (en 1992), je n’en ai jamais revendu un. Je les possède encore tous, et ils sont tous fonctionnels.

Comment appelleriez-vous un gouvernement qui a un droit de vie et de mort sur ses citoyens, qui peut nier jusqu’à leur existence et effacer toute trace d’eux, leur imposer des règles changeantes selon sa guise, refuser le droit de se défendre et d’être entendu, tout en rendant toute procédure absurdement complexe et impossible? Cela s’appelle un dictature. Vous pouvez penser à l’URSS, à Brazil, à Big Brother. Moi, je pense à Apple.

Posons donc le contexte: petite grand-maman active de 77 ans. Possède un MacBook Air, un iPad et un iPhone. Elle n’a jamais possédé d’autre ordinateur que des Mac. Son usage est restreint: comptabilité, correspondance, email, WhatsApp, Facebook, météo et lecture des journaux. Quelques applications plus spécialisées sur son téléphone pour sa connexion e-banking et ses horaires de train. Comme elle l’y a été très fortement incitée par Apple (disons même obligée, sinon pas d’achat d’app, même gratuites possibles), elle a créer un compte iCloud. Elle a choisi une adresse en @iCloud.com. Et comme elle est prudente, l’option « Localiser mon appareil » a été activée sur ses trois machines.

Or, cette grand-maman, qui n’est autre que ma maman, est manifestement un individu dangereux pour Apple. J’ignorais avoir été élevé par Che Guevara… Voici son histoire

Il y a de cela deux mois, du jour au lendemain, une petite pastille rouge a indiqué à ma maman qu’elle devait se reconnecter à son compte iCloud sur tous ses appareils. Elle a donc appelé son technicien informatique habituel (moi). Rien d’inhabituel; cela m’est aussi déjà arrivé. Je tente donc de reconnecter ses appareils à son compte iCloud, mais impossible. Je demande alors à changer son mot de passe. Et là, surprise, un message m’indique que ce compte iCloud a été désactivé. Il arrive qu’Apple désactive un compte iCloud, en cas de suspicion de piratage. Le message est alors « ce compte iCloud a été désactivé pour des raisons de sécurité ». La procédure est alors toute simple. Mais là, impossible de réactiver le compte iCloud.

Comme ma maman n’a jamais acheté d’app payante, je pourrais partir du principe de créer un nouveau compte iCloud, et de remplacer l’ancien sur les appareils. Mais c’est sans compter le petit côté pervers de la fonction « Localiser mon appareil », qui interdit de supprimer un compte iCloud.

Je fais des recherches sur Internet, et ne trouve aucune référence à ce problème. Je décide donc de contacter le support technique d’Apple, d’abord par le chat, puis par téléphone; de nombreuses fois. A chaque fois, les techniciens suivaient la procédure, et me faisaient parvenir une page qui devait me permettre de réactiver le compte. Or, à chaque fois, je recevais les conditions générales d’iCloud. A chaque fois, les techniciens finissaient par me dire qu’ils ne pouvaient rien faire de plus pour moi, jusqu’à ce que je tombe sur une technicienne plus coriace (merci Patricia Sofia) et qui décide d’enquêter. Après plusieurs jours, elle me téléphone. Elle est remontée dans les différents niveaux de l’Apple Support, et ce qui en ressort est hallucinant:

Apple a désactivé le compte iCloud pour « violation des conditions générales d’iCloud », sans aucun avertissement. Il n’est pas possible de le réactiver. Il n’est pas possible non plus d’obtenir l’information sur la raison de la désactivation: quelle condition a été violée. Ni le client, ni le support technique n’ont accès à ces informations. Et il n’y a personne que l’on puisse contacter pour obtenir une explication, se défendre ou demander une réactivation du compte. N’oublions pas qu’il s’agit du compte d’une petite grand-maman, qui n’a pas un usage particulier de son matériel.

Il faut savoir qu’iCloud est au centre de l’écosystème d’Apple. Qu’est-ce que cela signifie, la désactivation d’un compte iCloud?

  • La perte de son identité numérique, à commencer par son adresse email.
  • La suppression des accès aux sauvegardes iCloud et à ses données personnelles, sans que l’on puisse savoir ce qu’Apple en fera ensuite.
  • La perte de tous ses achats sur les différents store d’Apple (heureusement, inexistants pour ma maman).
  • La perte de propriété de ses appareils, puisque Apple empêche de supprimer un compte iCloud qui les verrouille, empêchant une revente, un ajout d’app…
  • Sur le Mac, des fenêtres surgissantes constantes demandant la connexion (impossible) à un compte iCloud, perturbant toute activité dessus.

Tout ceci sans avertissement et sans recours possible. Apple agit en dictateur absolu vis-à-vis de ses clients. C’est un droit de vie et de mort sur leur identité numérique, mais aussi leur matériel physique!

Seule solution qu’on me propose: retrouver les tickets d’achat des appareils (certains ont plus de 7 ans et ont été achetés d’occasion) et tenter de demander à Apple de désactiver la fonction « Localiser » des appareils. Sans garantie de résultat. Après des semaines de démêlés sans succès avec l’Apple Support, je ne voulais pas recommencer à me battre. J’ai donc décidé de passer en force. Et si Apple vante la sécurité qu’apporte iCloud, on le voit ici, c’est tout le contraire; mais surtout, ce n’est que de la façade. Voici comment j’ai procédé:

  1. A l’aide du logiciel iMazing, j’ai récupéré les données de l’iPhone et de l’iPad. En particulier, j’ai exporté les contacts sous forme d’une vCard. Les photos ont été copiées sur le Mac.
  2. J’ai ensuite utilisé le logiciel AnyUnlock pour faire sauter le compte iCloud de l’iPhone et de l’iPad, censé pourtant être inviolable. Cela a impliqué d’effacer et restaurer les appareils. Ce logiciel permet aussi de contourner le verrouillage d’un appareil.
  3. J’ai ensuite reconfiguré et réinjecté les données dans les appareils, avec un nouveau compte iCloud (mais sans activer la localisation, cette fois!).
  4. Pour le Mac, c’était encore plus simple: comme il n’a pas de puce T1 ou T2, j’ai cherché où l’information « Localiser mon appareil » était stockée. Or, elle se trouve dans la NVRAM, selon un article de MacGénération. Je l’ai donc effacée, et cela a désactivé la fonction. J’ai pu supprimer tout simplement le compte iCloud et en réinstaller un. Cela n’aurait pas été aussi facile sur un Mac avec une puce T1 et T2.

Conclusions:

Méfiez-vous d’Apple et d’iCloud. Vous n’avez aucun droit, ni aucun recours possible. Vous pouvez d’un coup, sans raison, perdre l’accès à votre identité numérique, vos données et la propriété de vos appareils. Vous ne pourrez pas obtenir de raisons, ni plaider votre cause.

Apple vante iCloud comme une solution sécurisée. Comme on le voit, un voleur peut contourner vos protections pour effacer vos appareils avant de les revendre. Il n’est même pas nécessaire d’avoir des compétences informatiques pour cela. Sans compter le vol de votre identité numérique et de vos données par Apple elle-même.

J’ai remplacé le contrôleur de ma découpeuse laser, ET ÇA CHANGE TOUT! Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 6

Suite de la série de remise en fonction d’une découpeuse laser chinoise 4040.

Dans mon précédent article, je vous avais parlé de mon projet de remplacer le contrôleur M2 Nano de ma découpeuse laser chinoise 4040 par un contrôleur Mini Gerbil V3 de chez Awesome.tech. J’ai très rapidement reçu mon nouveau contrôleur. Et il n’y a pas à dire: ça inspire confiance.

Voilà la découpeuse avant:

Contrôleur M2 Nano

Et voici le nouveau contrôleur installé:

Contrôleur Mini Gerbil V3

On nous promet une installation en 5 minutes. J’en ai pris 20, pour faire quelque chose de propre et surtout tout vérifier deux fois. Et ça fonctionne!

Quels avantages?

Premièrement, il faut savoir qu’avec le contrôleur M2 Nano, la puissance du laser ne se règle qu’en faisant manuellement varier le courant. Il n’est dès lors pas possible de faire varier la puissance durant un travail de coupe ou de gravure. Le Mini Gerbil, lui, gère le PWM (Pulse Width Modulation). Il s’agit de faire clignoter à haute fréquence le laser, afin de réduire la quantité de photos émis dans un temps donné. Cela apporte une plus grande souplesse et cela décuple les possibilités de la découpeuse laser.

Deuxièmement, et c’est sans doute le point le plus intéressant, le Mini Gerbil est utilisable avec l’excellent logiciel Lightburn. Cela me permet de troquer des logiciels bricolés, souvent avec talent, mais en bêta, instables, n’offrant que certaines fonctions, contre un logiciel professionnel, stable et complet. Surtout, outre le PWM, il offre une configuration fine et une gestion d’une bibliothèque de matériaux. Les premiers tests effectués sont plus que concluants.

Il va falloir maintenant étalonner la machine, alimenter la bibliothèque de matériaux, effectuer des tests… et l’utiliser!

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 4

Evacuation des fumées

Après les premiers essais de la découpeuse, un problème allait se faire sentir. Au sens propre du terme: la fumée de la découpe envahit mon garage. Problème: s’il y a bien un grand ventilateur extracteur d’air de 15 cm de diamètre à l’arrière de la machine, il n’y a rien pour y fixer une cheminée. Dans ce cas, la solution passe par l’impression 3D. Le modèle a été conçu sur Fusion 360 et imprimé en PETG sur ma Prusa Mk3.

Le résultat est parfait. Le ventilateur est suffisamment puissant pour pousser les fumées hors de mon garage.

Fichiers STL et Fusion 360 à télécharger: Chinese laser cutter 4040 fumes exhaust

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 3

Après avoir vu le fonctionnement d’un laser, passons aux choses sérieuses. Premièrement, le refroidissement. Le tube laser a été posé, connecté aux tuyaux de refroidissement par eau, connecté a son alimentation électrique. La cuve a été remplie avec 25 litres d’eau déminéralisaée. Les bornes ont été isolées avec du silicone. Il est temps de mettre en marche la découpeuse. La pompe se met en route, remplit le tube laser; pas de fuite.

L’étape suivante consiste à laisser tourner la pompe une trentaine de minutes afin de purger les dernières bulles d’air. Reste un point important à résoudre: quel logiciel utiliser? Idéalement, et comme je travaille sur Mac, j’aimerais utiliser l’excellent Lightburn, que j’utilise déjà sur la découpeuse laser de l’école. Pour cela, il faut découvrir quel est le contrôleur intégré à la machine. Pour cela, je me base sur cette page. Pas de bol, c’est une Lihuiyu Nano M2, soit la version la plus basique des contrôleurs.

Le contrôleur M2 Nano
On en profite pour jeter un oeil au transformateur électrique

Il n’y a donc que trois alternatives logicielles avec ce contrôleur:

  • K40 Whisperer, un logiciel en Python, open source. Il fonctionne en duo avec Inkscape, mais son installation sur Mac est relativement complexe.
  • Visicut, multiplateforme en JAVA. Il semble très prometteur, mais je n’ai pas encore réussi, pour le moment, à lui faire reconnaître le contrôleur.
  • MeerK40t, aussi open source, qui fonctionne sur Mac. Si on est sur des versions très préliminaires, c’est le plus simple à installer sur le Mac. Il a tout de suite reconnu le contrôleur.

J’ai donc installé MeerK40t, et après quelques instants pour la prise en main, j’ai pu commencer à déplacer la tête de la laser.

Et là, le drame! Si la tête se déplace sans problème dans l’axe X, ce n’est pas le cas pour l’axe Y. La tête bloque, les crans de la courroie sautent. Bref, ça ne fonctionne pas. En effet, cet axe est très dur à déplacer, même à la main. Ce n’est pas un problème de tension de courroie, mais simplement tout l’axe et le roulement linéaires sont secs. A ce stade, je n’y suis pas allé à l’huile de machine, mais directement avec une grosse dose de WD40. Il a fallu laisser « tirer » plus d’une demi-heure avant que l’axe Y commence à se déplacer fluidement. A ce stade, cela a donc été graissage intégral de la machine.

Il a fallu ensuite niveler tant bien que mal la structure de support du nid d’abeille, complètement maillé d’origine, et serrer correctement la plupart des écrous et vis…

Ensuite, alignent des miroirs. Ceux-ci ont les vis bloquées par de la colle chaude. Il a fallu tout enlever pour effectuer les réglages précis. J’ai alors pu faire les premiers test.

Puissance: 25% – Contreplaqué peuplier 4mm

Le résultat est très encourageant.

Entièrement en mode gravure, pour cette version

Réparer le minuteur d’une HappyPress

Les plotters à découper Silhouette Cameo et bon nombre de nos appareils sont mécaniquement et électroniquement très simples. Loin d’être un désavantage, c’est souvent un facteur de fiabilité, de durabilité, mais surtout de facilité à réparer. Aujourd’hui, on s’attaque au minuteur d’une HappyPress

L’HappyPress de Happy Fabric est la compagne idéale de la Silhouette Cameo. Cette petite presse de transfert à chaud permet une bien meilleure application et tenue du flex sur les tissus.

HappyPress 3

La HappyPress 3 est dotée d’une minuterie paramétrable, qui s’enclenche quand la presse est fermée, et bippe lorsqu’il faut la rouvrir. Cela signifie qu’il y a un capteur qui indique à la presse sa position (fermée ou ouverte). Le capteur utilisé est très simple; il s’agit d’un contact Reed. En gros, lorsqu’un aimant s’approche du contact, son champs magnétique ferme mécaniquement un circuit électrique. C’est simple, bon marché, diablement efficace et fiable…

Le contact Reed de la HappyPress 3 est situé dans un petit boîtier en plastique.

Le problème est que ma femme, enseignante, utilise souvent son matériel privé avec des élèves. Et l’un de ces derniers a (probablement volontairement) cassé le boîtier en plastique. De telle manière qu’il ne puisse pas être recollé.

On voit nettement l’aimant vissé sur le socle. Le contact Reed est maintenu en place par de la colle chaude

Après avoir délicatement dégagé le contact Reed, on se rend compte qu’il est entier. Du reste, en l’approchant de l’aimant, le minuteur se met en route.

C’est ici qu’on va utiliser une autre excellente machine: l’imprimante 3D pour créer un nouveau petit boîtier en plastique. On va commencer par prendre les cotes de la pièce.

Dans un logiciel 3D (ici Fusion 360, mais Tinkercad, en-ligne, gratuit et très simple d’utilisation ferait parfaitement l’affaire), on réalise une nouvelle pièce. Par souci de simplicité, l’ouverture est réalisée sur le dessus, et pas contre la poignée. On n’oublie pas l’encoche pour passer les fils.

On passe ensuite par l’imprimante 3D. La pièce étant petite et les parois fines, j’ai choisi remplissage de 100%.

On visse la pièce en place, on y met le contact Reed. On ferme la presse, pour vérifier que le minuteur fonctionne bien.

On met alors un point de pistolet à colle de chaque côté pour maintenir le contact Reed en place. Pourquoi ne pas entièrement remplir de colle chaude? Parce que si un élève a pu casser la pièce, il peut la casser à nouveau. Dans ce cas, avec un minimum de colle, il sera plus facile de la remplacer à nouveau.

Pour récupérer les fichiers 3D: https://www.thingiverse.com/thing:5063834

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Automatiser l’installation et la configuration d’imprimantes sur Mac

Mise en garde: je ne suis pas informaticien, je suis enseignant. Je dois gérer un parc de 400 Mac dans une école, plus ceux des collègues. Ce qui suit est une solution pragmatique pour configurer des imprimantes sur des Mac.

En tant que répondant informatique de mon école, je suis confronté à un problème: installer des photocopieurs ou imprimantes réseau n’est pas une chose aisée pour tout le monde. Par ailleurs, par défaut, les appareils sont configurés pour des impressions en couleur. Or, une copie couleur nous est facturée 3 fois le prix du noir-blanc. Enfin, quand on doit configurer une salle de 28 ordinateurs, il faut pouvoir automatiser la chose. J’ai donc décidé de créer des applications configurant automatiquement les photocopieurs sur un Mac, avec réglage des préférences par défaut et des préréglages. Le tout avec le génial Automator.

Concrètement, pour mes collègues, voici comment cela se passe:

Je suis prêt pour un Oscar! Les collègues, eux, téléchargent les applications et suivent la procédure décrite ici: http://www.ecub.info/?page_id=1379

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[Livres] Sylvia présente : Super Projets Arduino

Il n’est pas commun qu’un livre sur Arduino soit écrit par une jeune demoiselle. Mais ce n’est pas n’importe quelle demoiselle; Sylvia est déjà une figure reconnue dans le mouvement maker. Ce petit livre, très coloré, superbement illustré, s’adresse clairement aux enfants; mais les adultes débutants sur Arduino y trouveront tout autant leur compte. Comme le titre l’indique, il ne s’agit pas d’apprendre à programmer sur Arduino, mais d’approcher ce monde avec de petits projets qui, mine de rien, vont parfois assez loin. Une réussite.

Sylvia présente : Super Projets Arduino

Sylvia Todd

Editions: First Interactive

ISBN: 978-2412023891

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EtreCheck: l’ange gardien de vôtre Mac

Il y a peu, mon Macbook Pro est devenu particulièrement instable: redémarrages intempestifs, plantage du Finder,… J’ai un compte développeur et j’installe systématiquement les versions beta de MacOS fournies par Apple, pour anticiper un problème au niveau de mon infrastructure scolaire. Je me suis donc dit qu’il y avait un problème au niveau de la dernière version du logiciel. Or, en consultant les forums dev d’Apple, rien de similaire à mon problème n’apparaissait. Peu auparavant, j’avais installé et utilisé un logiciel très connu et réputé sûr de maintenance de Mac. Lors de l’installation, les conditions générales étaient en russe… étrange. No Avast, ni Bitdefender n’ont réagit.

Bref… il y avait quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark dans mon Macbook Pro.

 

Sachant qu’aucun de mes antivirus ne réagissait, par où commencer à chercher? La lecture des fichiers logs sont souvent illisibles pour le profane. Heureusement, il existe un petit programme canadien fait pour cela: EtreCheck. Il permet de faire 5 contrôles et rapports gratuitement sur votre Mac. La version illimitée coûte 20$.

Et là, des problèmes graves ont été détectés:

Le plus problématique, c’est le fichier sudoers modifié. Je l’ai remplacé par une version issue de mes backups. J’en ai profité pour régler plusieurs petits problèmes mineurs signalés dans les Problèmes légers. En particulier, j’ai constaté que les différents composants de BitDefender, l’un de mes antivirus, utilisait une quantité faramineuse de puissance processeur; et cela en continu. Si j’y ajoute un trafic de données quasi constant révélé par le logiciel Little Snitch, j’ai décidé à le désinstaller. Tant pis pour l’abonnement encore en cours; j’utiliserai Avast.

Une fois le ménage réalisé, mes problèmes ont disparu. Et je retrouve de la puissance en retour.

Conclusion: à part le fait que BitDefender a un réel problème de qualité, EtreCheck est un outil très intéressant pour régulièrement faire un diagnostic de son Mac. Il donne surtout des réponses et des conseils compréhensibles en français. Pour ma part, quand j’aurai à nouveau à intervenir sur un Mac, je passerai un coup d’EtreCheck avant de commencer.

Soupe au pied de brocoli et pommes de terre

Il n’y a pas que l’informatique dans la vie, il y a aussi les brocolis. Et les brocolis, on aime ou on n’aime pas. Nous on adore. Mais il y a un problème: on n’en mange que la tête, mais on paie aussi le pied… au prix fort. Voici comme pirater un pied de brocoli!

Que faire alors? Voici une petite recette pour accommoder les pieds de brocolis en soupe, sans aucun apport de matière grasse.

Ingrédients:

  • 1 pied de brocoli
  • 2 pommes de terre (peut être remplacé par des poix chiches)
  • bouillon de légumes sans graisse
  • un oignon
  • une gousse d’ail
  • poivre
  • curcuma
  • herbes de Provence
  • A choix: une carotte et de la crème
  • Copeaux de gruyère AOC
  • Persil

Découper le pied de brocoli et les pommes de terre en petits morceaux. Mettre à cuire dans l’eau avec le bouillon et les épices.

Ajouter l’oignon et la gousse d’ail débités en lanières.

Laisser frémir durant 30 minutes.

Mixer le tout et ajouter à choix un peu de crème.

Dresser et servir avec des copeaux de gruyère AOC et saupoudrer de persil haché.

 

Alors plus d’excuses! Le pied de brocoli ne finit plus au compost! On peut aussi ajouter du porreau (poireau pour les non-Suisses), du céleri…. bref, on peut incorporer le pied de brocoli à une soupe aux légumes.

 

 

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Télétravail: j’enseigne depuis la maison

Lundi matin, mon fils étant malade et n’ayant pas de solution de garde, j’ai dû rester à la maison. Manque de chance, cela tombait sur le cours Arduino de ma classe d’OCOM 10H. Et c’est justement notre problème, à nous enseignants en technologie: c’est très difficile (voir impossible) de nous remplacer. Dans ce cours, il y avait de l’électronique, de l’électricité et de la programmation. Comment faire? J’ai convenu avec mes collègues qui me remplaçaient (une période chacune) que je donnerai le cours… depuis chez moi.

Ni une ni deux, le Mac du maître (sur lequel j’avais la main via TeamViewer) a été tourné du côté des élèves. Une liaison visioconférence avec FaceTime initiée entre le Mac et mon iPad. Le tout projeté sur l’écran de TV de ma salle de technologie.

De l’autre côté, mon Mac connecté à distance sur un des serveurs de l’école, sur lequel se trouve Remote Desktop, ce qui m’a permis d’observer les ordinateurs des élèves et, le cas échéant, de prendre la main sur l’un d’entre eux pour aider un élève.

Le cours a été donné. J’ai pu répondre aux questions des élèves et leur introduire la théorie. Deux élèves qui redoublaient et qui ont donc déjà suivi le cours ont pu donner un coup de main pour les problèmes de câblages électroniques et de gestion des Arduino. Chose très intéressante: les élèves avaient vite oublié la présence de mes collègues dans la classe. Mais leur présence était néanmoins nécessaire pour gérer la discipline.

Conclusion pédagogique: je verrai lundi ce que les élèves ont retenu de la matière et quelle est la réelle efficacité de cette manière d’enseiger. Une chose est certaine, l’enseignement à distance n’est pas un facteur d’économie; un(e) enseignant(e) sur place étant toujours nécessaire pour la gestion de la classe. Cela fait donc deux enseignants au lieu d’un seul. Néanmoins, j’ai trouvé l’expérience pédagogiquement et humainement très intéressante, au point de m’avoir presque envie de construire un robot de téléprésence.

Conclusion personnelle: que se passera-t-il si un jour je suis en impossibilité d’enseigner pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois? La HEP ne forme pas d’enseignants à même de reprendre mes cours. Il n’y a même plus d’enseignants formés pour enseigner l’informatique… Que se passe-t-il légalement si, en arrêt maladie ou accident, je fais du télétravail (ce n’était pas le cas ici)? Pour ce matin-là, j’aurais pu me dire: » je suis remplacé » et rester tranquillement à la maison à veiller sur mon fils en lisant un livre tout en ayant donné un programme d’occupation alibi aux élèves. Au lieu de cela, je suis resté à veiller sur mon fils, tout en travaillant (mais en étant officiellement absent et remplacé).

Conclusion des élèves: je transcrirai lundi les impressions des élèves. En attendant, on a dans le canton des cas d’élèves hospitalisés pour une longue durée qui suivent les cours à distance, via tablette. C’est très intéressant de renverser la situation. L’image aide, mais je me suis rendu compte que le plus grand problème est le son. Lorsque je parle, pour ne pas avoir de larsen, le micro du Mac de l’école est désactivé. On n’a plus de retour. Et les élèves se tournent naturellement vers l’écran de TV qui projette mon image, pour me parler, alors que le Mac avec le micro est au fond de la salle. Il faudrait clairement une toute petite table de mixage audio, avec quelques micros sans fil. Dans le cas d’un élève hospitalisé, on pourrait imaginer un micro-cravate sans fil pour l’enseignant et un ou deux micros à main sans fil pour les élèves qui interviennent.

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[IMPRIMANTE 3D] Du plastique pour économiser du plastique

Ou comment hacker un appareil Soda Stream avec une imprimante 3D.

 

J’ai toujours aimé l’eau gazeuse, rafraîchissante et désaltérante. Quand j’étais jeune, ce n’était pas compliqué: nous avions des bouteilles en verre, consignées. Une fois vides, on les ramenait au magasin en échange de la consigne (50 centimes). La bouteille avait alors plusieurs cycles de vie: lavée, puis reremplie, elle finissait finalement sa vie en verre recyclé; donc en nouvelle bouteille. Pour les petits contenus, c’était la canette d’alu qui était utilisée.

Vers la fin de mon adolescence, quand sont apparus les premiers ice tea, on a aussi vu apparaître les premières bouteilles en PET (en 1992). Ici, il s’agit de plastique, à base de pétrole. Il faut en effet 1.9 kg de pétrole brut pour fabriquer 1 kg de PET. En Suisse, le taux de recyclage est excellent. Rien qu’en Suisse, ce sont 1,3 milliard de bouteilles qui ont été récupérées en 2015! Cela fait plus de 150 bouteilles pour chaque habitant de ce pays et par année! En tout, cela représente 36’000 tonnes de PET, soit presque 70’000 tonnes de pétrole utilisées pour produire ces bouteilles. Cela correspond au poids de 7’000 RadioBus!

C’est d’autant plus aberrant pour l’eau en bouteille, sachant que l’eau du robinet est d’excellente qualité en Suisse. Celle de la maison est de l’eau de source non chlorée, qui plus est. Seulement voilà; j’aime l’eau gazeuse. J’ai donc finalement fini par acheter un appareil Soda Stream, qui permet de gazéifier l’eau.

 

Là aussi, les bouteilles sont en PET, plus épaisses, plus lourdes, particulièrement moches et surtout EXCESSIVEMENT ONÉREUSES! Deux bouteilles (vides…) coûtent 20 CHF!

Et évidemment, impossible d’utiliser une bouteille et PET d’eau minérale; très intelligemment, Soda Stream a créé son propre format de pas de vis et de goulot, pour bien rendre ses appareils incompatibles avec le standard des autres bouteilles. Ainsi, le client est obligé d’utiliser ses très chères bouteilles.

Ni une, ni deux, un petit tour sur Thingiverse me permet de trouver un adaptateur bouteille d’eau minérale pour Soda Stream à imprimer.

Et après une heure d’impression 3D, ça marche:

Je peux donc réutiliser mes bouteilles en PET en les remplissant d’eau gazeuse, sans avoir besoin d’acheter les bouteilles Soda Stream.

 

Création d’un tampon encreur à la découpeuse laser et imprimante 3D

Ma femme Carine, pour l’un de ses cours AC sur l’art postal, a besoin d’un faux tampon postal d’Attalens, d’un diamètre de 6.5 cm.

La réalisation d’un tampon sur mesure par une entreprise spécialisée est trop onéreux… et surtout pas dans l’esprit maker.

Voilà le résultat:

Réalisation du tampon

Création du design

Un tampon postal est graphiquement relativement simple. Comme il est réalisé à l’aide d’une découpeuse laser (on le verra plus loin), il nous faut une image vectorielle, au format SVG. Pour la réaliser, on peut utiliser différents logiciels, comme Illustrator (MAC/PC, payant et très cher), Inkscape (MAC/PC, open source et gratuit) ou Intaglio (MAC, payant, mais présent sur le master cantonal vaudois).
Intaglio est clairement le plus simple d’accès (inspiré de l’ancien module vectoriel d’AppleWorks), mais aussi le plus limité en fonctions.

Pour créer le château, j’ai importé une photo et ai simplement suivi les bords avec l’outil Trait.

Le tampon est réalisé en assemblant les différents éléments: texte, château, cercles…

Une fois le tampon réalisé, il faut le mettre en négatif et en miroir, avec le choix de couleur correspondant à la fonction marquage de la découpeuse laser. Comme la découpeuse laser du FabLab de Fribourg est pilotée depuis Inkscape, j’utilise ce programme pour finaliser mon projet.

On envoie ensuite le tout à la découpeuse laser. Il existe une matière de type caoutchouc spéciale pour faire les tampons sur les découpeuses laser. Cette dernière va commencer par graver le tampon, avant de faire un tour de découpe.

La découpe a été réalisée sur la découpeuse laser du FabLab de Fribourg. On trouve aussi des FabLabs à Renens, Nyon, Neuchâtel, Sion, Bienne, Ins, Genève, Berne, ainsi qu’à la HEP Vaud.

Réalisation de la poignée

La poignée a été créée directement sur Thingiverse. En supprimant le texte; on se retrouve avec un fond plat pour y coller le tampon.

On imprime ensuite la poignée avec une imprimante 3D.

Au final, le résultat donne un tampon personnalisé parfaitement fonctionnel, pour un coût entre 3 et 5 CHF.

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