La Nuit des Artistes d’Ecublens, côté régie

Après 6 ans d’absence, la Nuit des Artistes et de retour à Ecublens. 25 artistes se sont produits le 21 mars à l’Espace Nicollier. La régie audio et lumière était assurée par Michael, l’employé communal qui a fait un travail incroyable pour entièrement refaire toute la partie audio et lumière de l’Espace Nicollier. Cette Nuit des Artistes était le premier test grandeur nature.

Pour corser le tout, j’ai installé une régie vidéo, qui reprenait le son de la régie audio, avec 4 caméras, dont deux opérées par des élèves. L’une d’elle était sur scène pour réaliser des gros plans. L’image était projetée de chaque côté de la scène sur des écrans. Cela a permis de réaliser des plans incroyable. Le spectacle étant filmé en entier, les artistes recevront un accès pour revoir l’entier de la Nuit des Artistes.

Le matériel vidéo a été fourni par le RadioBus. Le test ayant réussi, cela nous permet de pouvoir dès maintenant proposer aux écoles vaudoises le matériel pour la captation de leurs spectacles: une régie vidéo, les écrans, l’enregistreur, 4 caméras HD et tout le câblage. Nous proposons même la possibilité de streamer en direct la vidéo.

A mon grand regret, je ne peux pas vous montrer le résultat, pour des question de protection du droit à l’image des élèves. Mais le résultat est vraiment bon. Et les élèves l’étaient aussi!

J’ai réalisé les prix avec ma découpeuse laser. Mon collègue, prof de TM, a créé les socles.

Astuce imprimante 3D: l’écrou à sertir

J’avais besoin d’un support pour une platine électronique, avec un pas de vis pour la fixer. Visser dans le PLA d’une impression 3D est certes possible, mais la tenue est mauvaise. J’ai donc testé, aujourd’hui, l’écrou à sertir (Hot Melt Insert Nuts, en anglais).

Il s’agit d’un écrou cranté, qu’on sertit dans du plastique en le réchauffant avec la panne d’un fer à souder. Et bien, cela fonctionne du tonnerre! C’est rapide, simple et solide.

Un mois sans acheter de pain… mais pas sans pain

Vous vous souvenez de cet article, où je vous annonçais avoir un nouveau pétrin? Vous vous souvenez aussi du confinement (au singulier pour les Suisse, au pluriel pour les Français) à cause du COVID? C’était devenu la mode de faire son pain soit-même. Je n’avais pas attendu la pandémie pour m’y mettre, mais c’était plus un loisir de vacances (n’oubliez pas que je suis enseignants, donc TOUJOURS en vacances…). Bref, comme tout bon enseignant, qui réutilise ses cours d’année en année, ne travaille que 4 heures par jours et a plus de vacances que de temps de travail, j’ai trop de temps libre (spoiler alert: l’Education Nationale et les cantons suisses recrutent! Si c’est une telle panacée, l’enseignement, qu’est-ce que vous foutez encore à votre job?). Donc je me suis lancé un défi, qui commence au 10 décembre: passer un mois sans acheter de pain; et donc le fabriquer moi-même.

Pour fixer le cadre: dans ma famille de 4 personnes, nous consommons environ 1 kg de pain par semaine.

A disposition, j’ai mon pétrin, farines, levure, un levain que ma femme entretien avec amour depuis plus de 6 mois, et un four VZug, avec la fonction qui va bien pour la cuisson du pain (qui garde l’humidité durant la cuisson). Voici, à un peu plus de la moitié de mon défi, les résultats:

Les quatre premiers pains ont été réalisés durant mes semaines de travail, chargées en fin de semestre. Les deux derniers ont été réalisés sur temps de vacances. J’en tire une conclusion: hors temps de levage et de cuisson (qui se font tout seuls…), le vrai temps de travail pour faire un pain est de moins de 15 minutes. Pour ma part, j’utilise toujours de la levure fraîche. Quand j’utilise du levain, j’ajoute toujours un peu de levure pour « aider » à faire gonfler le pain. Pour tous mes pains, je pars sur une base de 500gr de farine. Cela correspond aux besoins de la famille pour 3 à 4 jours.

J’ai toujours une dizaine de farines différentes dans mon armoire. J’ai donc de quoi faire certains pains à l’instinct, comme cela a été pour le deuxième pain (celui à la Leffe blonde). L’avantage de faire son pain soit-même, c’est de pouvoir explorer de nouveaux goûts, tout en sachant exactement ce qu’il y a dans le pain.

EDIT 8 janvier 2023

Un mois sans acheter de pain. Fin de l’expérience avec le dernier pain. Pour mes amis Français: non, il n’y a pas de baguettes. Ce n’est pas dans ma culture. Et oui, il y a beaucoup de tresses; c’est un pain que la famille adore. La tresse du boulanger, dans ma commune, coûte 7 CHF. En la faisant moi-même, elle me revient bien meilleur marché; et la qualité est au rendez-vous. Et pour moins de la moitié du prix, elle est bio et suisse.
Et la suite? Tant que j’ai le temps, je vais continuer à faire du pain. Cela prend peu de temps, mais il faut prévoir au minimum deux heures pour laisser la pâte lever. Ce n’est qu’un question d’organisation.

On n’est plus dans le pétrin

Le pétrin, dans ma cuisine, est un élément central. J’avais de nombreux robots ménagers. Il ne me reste qu’un pétrin, un Bamix et un blender.

Chez nous, il y a peu de nourriture industrielle, et la pâtisserie est un plaisir partagé entre ma femme et ma fille. Le pétrin est donc l’appareil le plus sollicité avec le Bamix (on aime les soupes). A l’époque, je profitais des soldes, et j’achetais de l’électroménager bon marché. J’ai ainsi acheté un pétrin Krups (en réalité, le groupe SEB) il y a bien des années. Un appareil, qui malgré une grosse quantité de plastique, a tenu bien des années… sauf les batteurs. Très vite, le batteur à pâte souple a vu sa peinture d’écailler, celle-ci se retrouvant dans les pâtes. Le batteurs à mousse se désagrégeait en plein usage. Il restait le pétrin, qui lui tenait. Mais il a fallu commencer à séparer la peinture de la mie lors des derniers pains. L’appareil fonctionne parfaitement, mais il est très difficile de trouver des batteurs de remplacement à prix corrects; batteurs qui auront le même problème.

C’est très frustrant. N’en pouvant plus de bouffer de la peinture, alors qu’on essaie de manger relativement sainement, ma femme et moi avons décidé de le remplacer, et de partir sur une valeur sûre… tellement sûre que sa valeur financière est très élevée: un pétrin Kitchenaid.

Pourquoi ce choix? Premièrement, parce que ma belle-soeur en a acheté un, et elle a un instinct inné pour tout ce qui est de qualité.

En réalité, il y a plus que cela. Cet appareil est fabriqué aux USA. Je ne me fais pas d’illusion; une partie des composants doit provenir de Chine, mais un effort est fait pour, depuis la fin des années 40, continuer de produire l’ensemble des pétrins à Greenville, en Ohio. Et ça, je trouve vraiment cool. La marque a été rachetée par Whirlpool, mais la production reste en Ohio.

Un second point: ce pétrin est de l’anti-obsolescence programmée. Pour preuve: il y en a peu d’occasion à vendre, et ils sont souvent à un prix très proche du neuf. Mon premier réflexe a été de chercher une occasion dans un rayon autour de moi. Il n’y en avait que deux, au même prix que le neuf, Black Friday oblige. Explorons un peu plus loin ce sujet:

  • Le design date des années 30, et n’a que peu évolué depuis. Tous les accessoires compatibles « modèle K » depuis les années 30 sont toujours compatibles avec le modèle 2022. On a donc plus de 80 ans de rétro-compatibilité!
  • La carcasse du pétrin est fabriquée en fonte d’aluminium, très épaisse C’est du lourd, du solide, de l’increvable.
  • On trouve des pièces de rechange facilement.
  • Regardez la photo au-dessus de ce texte: au-dessus du sélectionneur de vitesse, il y a une espèce de vis noire. On la retrouve de l’autre côté. Il s’agit de la vis qui permet de changer les charbons, qui font le contact électrique. On pourrait utiliser un moteur sans charbon, appelé brushless. S’il est plus performant, il nécessite une électronique avec microcontrôleur plus pointue pour le gérer. Le moteur avec charbon (brushed), lui, est bien plus simple à concevoir et on n’a pas besoin d’un microcontrôleur pour le commander. Dans notre cas, où on n’a pas besoin d’un performance extrême, ce choix de la simplicité implique une longévité accrue. Le fait que les charbons soient accessibles facilement et changés en moins de 5 minutes (pour quelques francs), rend cet appareils résolument durable.
  • Mon précédent pétrin, qui peinait parfois, avait une puissance de 900W. Le Kitchenaid a une puissance de 300W. Vu la courte durée d’utilisation, ce n’est pas cela qui fera changer ma facture d’électricité. Mais cela m’interpelle: un moteur d’ancienne génération, 3 fois moins puissant, est, selon ce que je vois, aussi efficace, et sans doute plus qu’un moteur de 900W. Le secret réside sans doute dans la transmission directe. Un jeu d’engrenages, et c’est joué. On ne perd pas de la puissance avec des systèmes à courroie.
  • Mon robot Krups/SEB est sensé pouvoir recevoir des accessoires, que je n’ai jamais pu trouver dans le commerce. Par contre, le Kitchenaid semble faire son beurre avec une multitudes d’accessoires, compatibles avec son connecteur de nez (je le rappelle, similaire aux modèles des années 30).

J’aimerais pouvoir, dans 10 ans, 20 ans, 30 ans,… refaire un article sur mon pétrin Kitchenaid, ce que je ferai s’il sera toujours en fonction. D’ici-là, je vous publierai régulièrement des comptes-rendus.

Note: cet article n’est pas sponsorisé. Les appareils nommés ont été achetés entièrement avec mon argent, sans aucun lien commercial ou moral avec les marques mentionnées. Je ne touche aucune rétribution de mes activités sur mitic.education. Il y a bien un Patreon, mais personne n’a jugé bon de financer mitic.education.

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 7: Sécuriser l’ouverture de la porte

Je continue avec mes modifications de la découpeuse laser chinoise 4040 que je suis en train de remettre en état et d’améliorer. Comme je l’ai démontré dans cet article, les normes de sécurité entre la Chine et la Suisse ne sont pas du tout les mêmes: les éléments de sécurité élémentaires ne sont pas du tout présents. Telle que livrée, la découpeuse laser est dangereuse à l’utilisation. Le fait, en particulier, qu’il n’y ait pas de système de coupure du laser lors de l’ouverture de la porte rend l’usage de la découpeuse particulièrement dangereux. Dans cet état, le laser doit être considéré comme de classe 4, soit l’une des classes les plus dangereuses. J’aimerais pouvoir abaisser la norme à la classe 1, c’est-à-dire un laser sans danger pour la peau ou les yeux.

Le contrôleur MG3 de chez Awesome.tech, qui équipe avantageusement maintenant ma découpeuse laser permet de gérer un capteur d’ouverture. Par défaut, il faut que le connecteur soit mis à la terre pour que le laser fonctionne (contacteur normalement fermé – NC). Le problème est que Lightburn, mon logiciel de gestion de découpe laser, ne permet pas de faire un « résume » logiciel. C’est-à-dire qu’une fois la porte ouverte, le logiciel ne peut plus envoyer d’ordres ensuite, même si la porte est fermée. C’est particulièrement problématique, puisque cela bloque la découpeuse lors du chargement des matériaux… Cette limitation semble venir du MG3. Il y a heureusement un autre connecteur, pour réaliser un « résume » manuel. L’ordre du « resume » est donné lorsque le connecteur est mis à la terre.

Brochage du MG3

J’ai donc commandé chez CloudRay un switch avec une double position: normalement fermé et normalement ouvert (NC/NO).

Le brochage est donc le suivant:

Lorsque la porte s’ouvre, cela coupe la connexion à la terre de la PIN1 du connecteur J2 et stoppe les moteurs et le laser.

Lorsque la porte se ferme, cela met à terre la PIN3 du connecteur J1 et donc permet de reprendre le travail. Si la porte est ouverte durant une découpe, lors de la fermeture, le travail reprend exactement à l’endroit d’arrêt.

Au final, cela donne ceci:

Connecteur en place avec sa nappe de fil.
Connexion sur le microcontrôleur MG3.

Quelques remarques:

  • J’ai choisi de sertir les câbles dans des broches 4 pins et d’y ajouter le PIN1 du connecteur J1 qui est la commande du PWM et qui est dirigé sur l’alimentation électrique.
  • J’avais le choix de prendre le GND sur le connecteur J1 ou J2. J’ai pris sur le J1.

Conclusion:

L’ajout de la sécurité d’ouverture, ainsi que l’accès au tube laser CO2 que je peux verrouiller avec une clé, auquel s’ajoute une excellente paire de lunettes de protection de chez CloudRay, me permet maintenant de laisser ma femme et mes enfants utiliser la découpeuse. Après une solide formation, naturellement! La machine est maintenant suffisamment sûre, avec de plus un extincteur à portée de main.

Découpeuse laser: pourquoi mes fichiers ne sont pas à la bonne taille?

Pour réaliser une découpe laser, on part en général d’un fichier vectoriel; en SVG la plupart du temps. Seulement, une fois importé, et ce dans la plupart des logiciels de gestion de découpeuse laser, on se rend compte que les dimensions ont été la plupart du temps réduites. Pourquoi? Et bien cela tient à la résolution du fichier, différente selon le logiciel utilisé pour le créé. Par exemple, Inkscape créé normalement des fichiers SVG à 96 DPI, alors qu’illustrator le créé à 72 DPI. Il y a un rapport de 1.333… entre les deux. Concrètement, voilà ce que cela donne:

Le fichier bleu est l’original à 72 DPI, et est donc trop petit par rapport à la taille réelle de ce qui doit être découpé, qui est en 96 DPI. Du reste, si on ouvre le fichier SVG dans un éditeur de texte (car il s’agit bien de suite de coordonnées), on se rend compte qu’il a été créé par Illustrator. Ce dernier est alors en 72 DPI.

Que faire, donc?

Premièrement, lorsqu’on ignore la provenance du fichier SVG qu’on va découper, il faut toujours contrôler sa taille dans le logiciel de découpe.

Deuxièmement, par défaut, la plupart des logiciels de découpe sont paramétrés en 96 DPI. En cas d’importation d’un fichier à 72 DPI, il faut lui faire une modification d’échelle de 133% (96/72=1.3333…). Si la fonction échelle en % n’existe pas, il faut multiplier la largeur et la hauteur par 1.333

Si on sait qu’on va majoritairement travailler avec des fichiers SVG d’une résolution de 72 DPI (c’est mon cas, puisque j’utilise Illustrator et Affinity Designer), on peut, dans certains logiciels, paramétrer la résolution par défaut.

Dans Lightburn, cela se passe ici:

Préférences/File Settings

On peut alors choisir sa résolution par défaut. Mais dès qu’il s’agira de découper un fichier d’une provenance inconnue, il faudra toujours continuer à contrôler la taille.

En cas de doute, il suffit en général d’ouvrir le fichier SVG dans un éditeur de texte pour, sur les premières lignes, trouver avec quel logiciel il a été généré.

La solution ultime consiste, une fois le fichier SVG ouvert dans un éditeur de texte, à supprimer les arguments width et height (soit ce qui est encadré dans l’exemple ci-dessous). Le fichier s’affichera alors normalement est toujours à la bonne taille, quel que soit le réglage de résolution par défaut du logiciel.

 

J’ai remplacé le contrôleur de ma découpeuse laser, ET ÇA CHANGE TOUT! Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 6

Suite de la série de remise en fonction d’une découpeuse laser chinoise 4040.

Dans mon précédent article, je vous avais parlé de mon projet de remplacer le contrôleur M2 Nano de ma découpeuse laser chinoise 4040 par un contrôleur Mini Gerbil V3 de chez Awesome.tech. J’ai très rapidement reçu mon nouveau contrôleur. Et il n’y a pas à dire: ça inspire confiance.

Voilà la découpeuse avant:

Contrôleur M2 Nano

Et voici le nouveau contrôleur installé:

Contrôleur Mini Gerbil V3

On nous promet une installation en 5 minutes. J’en ai pris 20, pour faire quelque chose de propre et surtout tout vérifier deux fois. Et ça fonctionne!

Quels avantages?

Premièrement, il faut savoir qu’avec le contrôleur M2 Nano, la puissance du laser ne se règle qu’en faisant manuellement varier le courant. Il n’est dès lors pas possible de faire varier la puissance durant un travail de coupe ou de gravure. Le Mini Gerbil, lui, gère le PWM (Pulse Width Modulation). Il s’agit de faire clignoter à haute fréquence le laser, afin de réduire la quantité de photos émis dans un temps donné. Cela apporte une plus grande souplesse et cela décuple les possibilités de la découpeuse laser.

Deuxièmement, et c’est sans doute le point le plus intéressant, le Mini Gerbil est utilisable avec l’excellent logiciel Lightburn. Cela me permet de troquer des logiciels bricolés, souvent avec talent, mais en bêta, instables, n’offrant que certaines fonctions, contre un logiciel professionnel, stable et complet. Surtout, outre le PWM, il offre une configuration fine et une gestion d’une bibliothèque de matériaux. Les premiers tests effectués sont plus que concluants.

Il va falloir maintenant étalonner la machine, alimenter la bibliothèque de matériaux, effectuer des tests… et l’utiliser!

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Et maintenant?

J’ai maintenant une découpeuse laser fonctionnelle. Le titre est trompeur, puisqu’il ne s’agit pas d’une découpeuse 40k, mais d’une 4040 (= 40cm x 40cm de surface de découpe). On l’a vu dans les articles précédent, elle est équipée du frustre contrôleur Nano M2. Si je peux régler la puissance de découpe à l’aide des boutons sur la machine, il est impossible de la faire varier avec le logiciel, pour avoir différents niveaux de puissance lors d’une coupe. La différence se fait en ce moment en variant la vitesse de déplacement de la tête. C’est utilisable, mais pas pratique pour un usage correct de la découpeuse. Par ailleurs, le contrôleur Nano M2 n’est pas utilisable avec le logiciel Lightburn, à mon sens l’un des meilleurs sur le marché.

La solution consiste à remplacer le contrôleur par un qui soit compatible Lightburn, et PWM. Cette dernière fonction est le Pulse Width Modulation. Il s’agit de faire clignoter à grande fréquence le laser, plutôt que d’émettre une lumière continue. C’est la même technique utilisée pour faire varier l’intensité lumineuse des Leds. Ce faisant on peut faire varier la puissance de découpe.

Plusieurs solutions s’offrent à nous, puisque des makers ont créé des contrôleurs compatibles 40k, mais plus puissants. C’est le cas de Cohesion3D.

Cohesion3D LaserBoard

Le contrôleur a des caractéristiques très intéressantes, mais son prix de 230$, hors frais de port, est trop onéreux, à mon sens, par rapport à la qualité de la machine.

Je me suis tourné alors vers une autre petite société de makers, comme je les aime: AwesomeTech. Ils ont développé un contrôleur compatible Lightburn, qui s’installe en 5 minutes à la place du Nano M2 et qui a acquis une solide réputation dans le milieu Maker: le Mini Gerbil. Aujourd’hui, ils en sont à la version 3 du Mini Gerbil, vendu 150$, frais de port compris pour la Suisse.

Mini Gerbil V3

Il permet d’ajouter un micro-switch de sécurité pour couper le faisceau laser en cas d’ouverture de la porte. Contrairement à la Cohesion3D, ce contrôleur ne supporte pas l’axe Z, ni la rotation pour la gravure d’objets cylindriques. Mais ce ne sont pas des fonctions que je recherche absolument. Surtout, j’aime l’esprit Maker qui anime Awesome.tech. Ce n’est pas tous les jours qu’on croise des personnes qui s’amusent à créer leur propre accélérateur de particules personnel! C’est cette implication dans l’éducation technologique (STEM) que j’ai envie de soutenir. La Mini Gerbil V3 est donc commandée. Stay tuned!

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 4

Evacuation des fumées

Après les premiers essais de la découpeuse, un problème allait se faire sentir. Au sens propre du terme: la fumée de la découpe envahit mon garage. Problème: s’il y a bien un grand ventilateur extracteur d’air de 15 cm de diamètre à l’arrière de la machine, il n’y a rien pour y fixer une cheminée. Dans ce cas, la solution passe par l’impression 3D. Le modèle a été conçu sur Fusion 360 et imprimé en PETG sur ma Prusa Mk3.

Le résultat est parfait. Le ventilateur est suffisamment puissant pour pousser les fumées hors de mon garage.

Fichiers STL et Fusion 360 à télécharger: Chinese laser cutter 4040 fumes exhaust

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise – Episode 3

Après avoir vu le fonctionnement d’un laser, passons aux choses sérieuses. Premièrement, le refroidissement. Le tube laser a été posé, connecté aux tuyaux de refroidissement par eau, connecté a son alimentation électrique. La cuve a été remplie avec 25 litres d’eau déminéralisaée. Les bornes ont été isolées avec du silicone. Il est temps de mettre en marche la découpeuse. La pompe se met en route, remplit le tube laser; pas de fuite.

L’étape suivante consiste à laisser tourner la pompe une trentaine de minutes afin de purger les dernières bulles d’air. Reste un point important à résoudre: quel logiciel utiliser? Idéalement, et comme je travaille sur Mac, j’aimerais utiliser l’excellent Lightburn, que j’utilise déjà sur la découpeuse laser de l’école. Pour cela, il faut découvrir quel est le contrôleur intégré à la machine. Pour cela, je me base sur cette page. Pas de bol, c’est une Lihuiyu Nano M2, soit la version la plus basique des contrôleurs.

Le contrôleur M2 Nano
On en profite pour jeter un oeil au transformateur électrique

Il n’y a donc que trois alternatives logicielles avec ce contrôleur:

  • K40 Whisperer, un logiciel en Python, open source. Il fonctionne en duo avec Inkscape, mais son installation sur Mac est relativement complexe.
  • Visicut, multiplateforme en JAVA. Il semble très prometteur, mais je n’ai pas encore réussi, pour le moment, à lui faire reconnaître le contrôleur.
  • MeerK40t, aussi open source, qui fonctionne sur Mac. Si on est sur des versions très préliminaires, c’est le plus simple à installer sur le Mac. Il a tout de suite reconnu le contrôleur.

J’ai donc installé MeerK40t, et après quelques instants pour la prise en main, j’ai pu commencer à déplacer la tête de la laser.

Et là, le drame! Si la tête se déplace sans problème dans l’axe X, ce n’est pas le cas pour l’axe Y. La tête bloque, les crans de la courroie sautent. Bref, ça ne fonctionne pas. En effet, cet axe est très dur à déplacer, même à la main. Ce n’est pas un problème de tension de courroie, mais simplement tout l’axe et le roulement linéaires sont secs. A ce stade, je n’y suis pas allé à l’huile de machine, mais directement avec une grosse dose de WD40. Il a fallu laisser « tirer » plus d’une demi-heure avant que l’axe Y commence à se déplacer fluidement. A ce stade, cela a donc été graissage intégral de la machine.

Il a fallu ensuite niveler tant bien que mal la structure de support du nid d’abeille, complètement maillé d’origine, et serrer correctement la plupart des écrous et vis…

Ensuite, alignent des miroirs. Ceux-ci ont les vis bloquées par de la colle chaude. Il a fallu tout enlever pour effectuer les réglages précis. J’ai alors pu faire les premiers test.

Puissance: 25% – Contreplaqué peuplier 4mm

Le résultat est très encourageant.

Entièrement en mode gravure, pour cette version

Ressusciter une découpeuse laser 40k chinoise

Episode 1

Début 2019, une connaissance avait acheté une découpeuse laser chinoise 4040, aussi appelle 40k. Il s’agit d’un modèle similaire à celui-ci:

Cette découpeuse a une surface de travail de 40 cm sur 40 cm, avec un tube laser de 50W. Son prix est un peu inférieur à 1’000 CHF. Sur les sites marchands chinois, il est précisé: « livraison gratuite »… mais bien souvent, cette livraison gratuite est dans le port maritime le plus proche… toutes les procédures de dédouanement et d’expédition vers la livraison définitive sont de la responsabilité du client…

Lors de la livraison, la découpeuse laser présentait un gros dommage dans un coin. Et le tube laser était cassé. De haute lutte, la personne qui avait commandé a pu obtenir un tube laser de rechange.

Entre-temps, cette connaissance a pris une excellente et onéreuse marque européenne (Trotec) et m’offert la laser chinoise. A moi de voir si je peux en tirer quelque chose. Cela fait donc 2 ans qu’elle est dans mon garage. Etant en train de réaménager mon garage en atelier (il s’agit de l’ancien local des pompiers… le garage est donc plus large et profond qu’un garage standard), c’est soit je remets en route la découpeuse, soit le l’élimine. Je suis en vacances et il pleut. Donc je vais tenter de sauver cette découpeuse. Avant de commencer, je précise que j’ai déjà une bonne expérience de base dans l’usage et l’entretien de découpeuses laser. Une découpeuse laser représente un danger… mais nous y reviendrons.

Première étape: j’ai construit un établi sur roulettes freinées pour l’accueillir. Le but étant de pouvoir déplacer facilement la machine. Un second plateau dessous a été ajouté, afin d’accueillir le système de refroidissement.

Seconde étape: faire l’état des lieux… et c’est pas joli-joli. Mécaniquement, il va y avoir du boulot pour optimiser le tout; c’est frustre. Les déchets de construction (limaille, morceaux de plastique,…) trainent dans tous les coins de la machine, les tubes de transport d’eau de refroidissement sont cuits alors qu’ils n’ont jamais été utilisés.

Troisième étape:

  • Retrait du tube laser CO2 cassé.
  • Nettoyage et désoxydage des fils de l’anode et de la cathode.
  • Nettoyage du logement du tube.
  • Retrait et remplacement des anciens tuyaux de refroidissement.
  • Positionnement du nouveau tube avant montage.

Pour remplacer le tube laser CO2, je me suis tourné vers les vidéos suivantes:

J’ai commencé par photographier la connexion de l’anode et de la cathode, pour la reproduire.

Ensuite, j’ai positionné le nouveau tube laser. J’ai nettoyé l’anode et la cathode en retirant les restes de silicone, en les brûlant, puis je les ai désoxydés en les passant au papier de verre fin.

Il est temps de penser au système de refroidissement du tube laser. La découpeuse est fournie avec une pompe à eau. Le refroidissement du tube laser se fait en effet par eau.

La température de l’eau ne devrait pas excéder 22°C. Le garage est frais et je vais ajouter un réservoir de 25 litres d’eau distillée pour faire tampon. Pour ce faire, je vais récupérer une cuve de 30 litres que j’ai achetée en 2004 pour y brasser une nouvelle cuvée de bière, et que je n’ai jamais utilisée. Elle traînait depuis dans ma cave.

La cuve ne sera pas remplie en entier pour laisser de la place pour d’éventuels pack réfrigérants, si besoin. Dans un premier temps, un autocollant-thermomètre pour aquarium fera l’affaire. A terme, un monitorage via Arduino et sonde de température est envisagé. Si besoin, j’utiliserai un système de watercooling pour ordinateur pour baisser la température de l’eau. L’idée est d’éviter l’achat d’un refroidisseur industriel. Je pense que l’ajout de packs de congélation devrait faire l’affaire.

Comment j’ai prouvé que la Terre est sphérique et mesuré sa circonférence avec une station météo amateur (et accessoirement l’explosion d’un volcan)…

Selon une étude de l’IFOP de 2017 (page 99) sur le complotisme, 9% des Français pensent qu’ « il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école ». On appelle les personnes qui croient à une Terre plate, des platistes. Mais reprenons les choses au début.

Tout est parti de cet article du blog de Météosuisse, titré « L’onde de choc du Hunga Tonga passe par la Suisse ». Entre 4h et 5h UTC, le 15 janvier 2022, le volcan Hunga-Tonga, dans les îles Tonga, au milieu du Pacifique, explose. C’est un fait.

Explosion du Hunga Tonga

Les scientifiques de la NASA estiment la puissance de l’explosion entre 5 et 30 mégatonnes. Elle a été suffisante pour pratiquement volatiliser l’île volcanique.

Dans son article, Météosuisse indique que les deux ondes de choc atmosphériques ont pu être mesurées sur les baromètres suisses.

Une onde de choc, comme on peut parfaitement bien le voir lorsqu’on lance une pierre dans un étang, est une succession de hauts et bas qui se déplacent de manière concentrique. C’est du reste ce qui a été observé par satellite, comme c’est expliqué dans cet article de Nature.

Alors pourquoi deux ondes de choc? Et bien parce que les îles Tonga ne sont pas exactement à l’opposé de la Suisse, sur la sphère terrestre. Une onde de choc se déplace en un cercle toujours plus grand autour de son endroit d’émission. Entre cet endroit et un point de mesure, on trace donc une ligne droite. La première onde de choc est celle qui a eu le moins de chemin à parcourir pour atteindre la Suisse. La seconde a pris le chemin exactement opposé, et donc a eu un plus grand chemin à parcourir.

Cela aurait été rigoureusement impossible si la Terre avait été plate. En effet, il n’y aurait eu qu’une seule onde de choc, la seconde ne pouvant pas faire le tour de la planète de l’autre côté!

Et ce serait la même chose, quelle que soit la représentation platiste.

C’est là que tout bon complotiste devrait me rétorquer qu’il s’agit de données gouvernementales, donc issues de la conspiration mondiale. Certes. Donc si Météosuisse a pu mesurer les deux ondes de choc sur ses instruments de mesure, est-ce que je suis moi aussi en mesure de le faire? Car il se trouve que je possède une station météo amateur à mon domicile. Un Mac Mini collecte chaque minute les données de cette station météo. Il s’agit de matériel de qualité.

Station Davis Vantage Vue, installée à mon domicile

Selon le graphique de Météosuisse, je devrais voir la première onde de choc le 15 janvier vers 20h00 et la seconde le 16, juste après minuit. Voici ce que j’ai donc pu observer sur le graphique hebdomadaire des pressions:

Les deux ondes de choc sont visibles aux bonnes heures.

Je suis donc allé chercher dans l’ordinateur connecté à la station météo les données brutes pour les 15 et 16 janvier. Ces données sont disponibles ici:

Voici ce que cela donne sous forme de graphique:

Les deux ondes de choc sont clairement visibles

De telles variations de pression, durant un laps de temps aussi réduit ne peuvent être dues qu’à des ondes de choc atmosphériques. En l’occurence, ici, celles de l’explosion du Hunga Tonga. Il y a donc bien eu deux ondes de choc principales.

Mais sachant qu’une onde de choc se déplace dans l’atmosphère à la vitesse du son, connaissant l’heure de l’explosion du volcan, et les heures de mesure des ondes de choc chez moi, il doit donc être possible de mesurer la circonférence de la Terre! Alors allons-y!

Comme on peut le voir ci-dessous, on peut estimer l’heure de l’explosion vers 4h50 UTC, soit à 5h50, heure suisse.

Source: https://cimss.ssec.wisc.edu/satellite-blog/archives/44252

Le pic de mesure de la première onde de choc a été mesuré à 20h45, avec 1023.77 hPa. Il s’est donc écoulé 14 heures et 55 minutes, entre l’explosion et l’arrivée de l’onde de choc en Suisse (donc 14.9 heures). La vitesse de déplacement d’une onde de choc dans l’air est celle du son, en moyenne 1224 km/h. La distance parcourue par la première onde de choc est donc de 18’258 km.

Le pic de la seconde onde de choc a été mesuré à 0h06, avec 1022.35 hPa. La seconde onde de choc a donc mis 18 heures et 16 minutes pour parvenir en Suisse (donc 18.26 heures). La distance parcourue est donc de 22’358 km.

L’addition des deux distances va donc nous donner la mesure de la circonférence terrestre, soit 18’258+22’358=40’616 km. La mesure réelle de la Terre à l’équateur est de 40’075 km… soit à peine plus d’1,3% d’erreur!

Il est intéressant de constater qu’un événement qui se déroule presque à l’autre bout de la Terre peut avoir des conséquences mesurables dans notre atmosphère, localement. Il reste maintenant à savoir s’il y aura des conséquences climatiques à l’explosion du volcan Hunga Tonga. Dans les faits, comme me le fait remarquer un ami, j’ai juste démontré que mes données sont conformes à mon hypothèse. J’ajoute que mes données permettent d’approcher d’assez près la mesure de la circonférence de la Terre réalisée selon une autre méthode par le mathématicien et astronome grec Eratostène… au III ème siècle avant Jésus Christ!