Catégorie : geek

Quand la FM rencontre la 4G

La petite histoire que je m’apprête à vous raconter illustre bien les trésors d’ingéniosité que nous devons déployer avec le Radiobus pour réussir à émettre.

Je rappelle que le Radiobus est une radio scolaire romande, sous la forme d’un ancien bus des transports publics zurichois, transformé en studio de radio mobile (régie à l’arrière, studio à l’avant et émetteur FM + antenne intégrés) par la Radio Suisse Romande. Depuis plus de 10 ans, il a été récupéré alors qu’il partait à la casse et remis en état en partenariat entre la HEPL et la DGEO, sous la patronage de Denis Badan. J’ai rejoint l’équipe il y a 3 ans.

Cette semaine, le Radiobus est à Château d’Oex, magnifique village des Alpes vaudoises, pour permettre aux élèves de la région d’animer une émission de radio du jeudi 6 au samedi 8 octobre, dans le cadre de l’inauguration du nouveau collège. On en profitera pour fêter les 10 ans de la radio scolaire local: Radio Pays d’en O.

Le problème est le suivant: le Radiobus est placé devant le collège… soit au fond de la vallée. Et la théorie de la propagation des ondes veut qu’elles se propagent bien mieux lorsque l’antenne est située en hauteur… si possible sur une montagne. Or, un téléphérique part de Château d’Oex. L’idée, un peu folle, est alors de placer l’émetteur FM et son antenne à la station amont du téléphérique, avec la nécessité de transférer le signal audio du bus à l’émetteur! Voilà ce que cela donne:

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Au départ, il était prévu d’utiliser la connexion internet normalement disponible à l’arrivée du téléphérique, pour récupérer le flux émis depuis le Radiobus. Mais impossible de se connecter. Il a fallu réfléchir et trouver une solution d’urgence…

La Radiobus est autonome en matière d’Internet. Il dispose d’un modem-routeur 4G fixe, avec une connexion Swisscom (20 Go/mois) qui lui permet d’avoir un réseau interne et une connexion à Internet sans dépendre des infrastructures scolaires locales.

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Ce modem sert aussi à streamer les flux audio vers nos serveurs, pour une diffusion sur Internet et en DAB+. L’idée serait donc d’avoir une connexion 4G au sommet du téléphérique, afin de récupérer le flux audio pour l’envoyer à l’émetteur FM. C’est ce qui a été réalisé provisoirement avec un iPad équipé d’une carte SIM Swisscom privée. Malheureusement, la quantité de données mensuelle est limitée (car prévue pour une utilisation occasionnelle de l’iPad en 4G); au-delà de cette limite, le débit est drastiquement réduit et cela ne permettra plus la diffusion 24/24 durant les 3 jours nécessaires.

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Voici donc la solution trouvée: Salt, avec ses cartes PrePay, propose une connexion 4G illimitée, sans réduction de débit, pour un maximum de 2 francs par jour. Cela ferait donc 6 francs pour une connexion permanente à Internet, en 4G et une diffusion 24/24 durant 3 jours. Un rapide coup d’oeil sur la couverture 4G de Salt montre que le sommet du téléphérique est tout juste couvert en 4G; sinon on bascule en 3G, qui devrait néanmoins offrir un débit suffisant. Pour ce qui est de la couverture Swisscom, c’est tout bon au niveau du collège.

Une carte PrePay Salt, avec 20.- de crédit de communication (soit 10 jours d’émission) coûte 10.-… Nous en avons donc acquis une en catastrophe. Elle est placée dans un petit modem mobile Huawei qui a la particularité (pour un modem mobile) de posséder, outre le WiFi, un port Ethernet.

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Il reste à mettre cela en place. Travailler au Radiobus amène bien des surprises, à commencer par escalader avec Denis le téléphérique avec lequel je gagnais les pistes étant enfant!

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On y voit bien l’antenne reliée à l’émetteur FM et Château d’Oex au fond de la vallée.

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Et voici l’émetteur, ainsi que Denis en train de le régler. On a testé l’adjonction d’un compresseur, qui s’est avéré peu concluant:

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Techniquement parlant, cela se passe ainsi: le Mac est connecté au modem 4G Huawei, avec une carte PrePay Salt. Il récupère le flux en 128 kbs directement sur le site du Radiobus. Ce flux est alimenté par le modem 4G du Radiobus, via une connexion Swisscom. Le son, via l’USB, passe dans une carte son, avant d’être envoyé dans l’émetteur FM (le gros boîtier gris sous l’ordinateur). Celui-ci émet sur FM 101.3. C’est tellement efficace que la réception est claire en certains points du centre-ville de Bulle et à Vuadens!

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Pendant ce temps, le Radiobus est devant le collège:

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Quelle conclusion tirer de cette aventure? En réalité, il y a plusieurs conclusions. La première, c’est que le Radiobus répond toujours présent. Plus les défis sont grands, plus cela nous stimule! Pour les 10 ans de Radio Pays d’Enhaut, pour les élèves, les autorités communales et les enseignants du Pays d’Enhaut, on a littéralement déplacé des montagnes, avec la complicité de Swisscom et Salt! Et on va remettre ça cet hiver, durant le Festival des Ballons, avec Radio Ballons! La seconde, c’est que quand on est de la génération MacGyver, on trouve toujours une solution bricolée qui permet de s’en sortir… et qu’un couteau suisse fait toujours partie de la solution! Cette théorie a été une fois de plus démontrée… La troisième, c’est que cela fait justement 3 ans que j’ai rejoint l’équipe du Radiobus, et que notre vie est une sitcom, tellement nous sommes complémentaires (je suis le geek à lunettes…), voire stéréotypés! Travailler avec Nathalie et Denis, c’est partager une vision de l’éducation, des compétences, des ressources et beaucoup de rires. Enfin,

On a un bien joli canton :
des veaux, des vaches, des moutons,
du chamois, du brochet, du cygne ;
des lacs, des vergers, des forêts,
même un glacier, aux Diablerets ;

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Coffee Geek

Maintenant que les vacances commencent, il est temps de passer à des sujets un peu plus légers. Ainsi, il n’y a pas qu’en informatique qu’on peut être geek. C’est, par exemple, aussi le cas du café.

Le café, j’en buvais beaucoup. Ma première machine à café était une excellente machine à café de grande marque tout automatique, avec moulin intégré et une carrosserie tout métal. Je l’avais trouvée au bord de la route. Cela m’a coûté 150.- pour la faire nettoyer et la remettre en état. Elle m’a fait de bons cafés durant presque 10 ans. A son décès, j’ai acheté une machine fort chère aux soldes (890.-, prix non soldé), fort pourvue de plastique, de marque De Longhi. Le café était fort potable, avec réglage de la finesse de la mouture, de la quantité de café et d’eau. Son fonctionnement était similaire à ma précédente machine. Mais elle est décédée après 3 ans. Du jour au lendemain, le café est devenu une lavasse qui satisferait peut-être un Européen du Nord, mais pas l’amateur d’espresso que je suis. C’était l’occasion de passer sur une vraie machine à espresso. La hauteur limitée de l’endroit où doit se trouver la machine fait que je ne pouvais pas prendre une machine avec un moulin à café séparé; ces derniers étant souvent très hauts. J’ai donc décidé de me tourner vers une Lelit PL042TEMD:

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De fabrication italienne (entre Milan et Vérone), avec un groupe de chauffe en laiton, une carrosserie tout inox, une valve 3 voie (ce qui permet de dépressuriser le porte-filtre), c’est une bonne machine, malheureusement chère, puisqu’elle coûte 720 CHF neuve. C’est aussi à peu de choses prêtes le coût d’une machine à café tout automatique.

Alors pourquoi ne pas prendre une Nespresso, avec une machine à moins de 100.-? Pour les raisons suivantes:

La santé: me faire un café était devenu une habitude, tant à la maison qu’au travail (où on tourne sur Nespresso). Un moment de libre; et hop un café. Bilan à la fin de la journée: 12 à 15 cafés. Avec une machine nécessitant 20 minutes de chauffe, c’est une autre histoire!

Les finances: une capsule Nespresso coûte environ 50 centimes, pour 5 gr de café, ce qui amène le kilogramme de café au prix de 100 francs (soit au cours actuel le prix de 2 grammes d’or ou de platine…), pour du café uniformisé et que je n’aime pas. A titre de comparaison, mon café en grain, pourtant cher et haut de gamme, coûte 35.60 francs par kilo; presque le tiers du prix du café Nespresso. Vu comme cela, on fleure l’arnaque… mais soyons honnêtes: les choses ne sont pas aussi simples (et aussi défavorables pour Nespresso). Se limiter à une comparaison du prix au kilogramme est simpliste, à la limite de la malhonnêteté. En effet, si Nespresso se contente de 5 grammes de café par capsule, pour ma Lelit, j’utilise environ 12 grammes de café. Il faut donc faire le coût de revient par café. Pour Nespresso, c’est simple. Pour une capsule standard, il est entre 0,50 à 0,52 franc. Dans le cas de ma machine, avec le café spécial de La Semeuse que j’utilise, le prix d’un café revient à 0.42 franc, soit très proche de celui d’une capsule Nespresso. La principale différence étant le goût… mais j’y reviendrai. Le prix est donc légèrement plus avantageux, même avec un café très cher. Et j’ai le choix de mes crus et de mes cafés, bien loin de l’uniformisation de Nespresso.

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L’écologie: je vais commencer par nuancer. Les machines Nespresso récentes sont très performantes d’un point de vue énergétique: temps de mise en température rapide, mode économie d’énergie, auto-extinction. Rien de cela sur ma Lelit: temps de chauffe: 15 (au minimum) à 20 minutes (idéal). Pas de mode économie d’énergie, pas d’auto-extinction. Néanmoins, l’impact écologique des capsules, qu’elles soient en aluminium, en plastique, en machin-recyclabe, est très important. Je regrette, chez La Semeuse, que pour les cafés spéciaux, il n’existe que des conditionnements en 250gr et pas en 500gr, ce qui limiterait l’emballage. Si les capsules se recyclent, cela demande beaucoup d’énergie et d’eau. Mon marc, lui, est un excellent engrais, un répulsif contre les limaces et les insectes. Il a plein de vertus pour le jardin. Mais il y a plein d’autres utilisations du marc, comme pour les gommages de peau! Le marc de café est rempli de vertus, qu’une machine à espresso manuelle permet d’exploiter… contrairement à une machine Nespresso… sauf si on prend le temps de vider chaque capsule… ce qui conduit au point suivant:

Le temps: en une minute, un café Nespresso (ou tout autre type de café en portion) est prêt. Avec une machine manuelle, il faut la chauffer (20 min), moudre le café, l’égaliser, le presser avec le tamper, extraire le café, enlever le marc… bref, le processus est long. En réalité, c’est un avantage. Comme pour la cérémonie du thé, c’est un rituel qui nécessite une rigueur, du temps et de l’expérience. Une fois la machine maîtrisée, le café qui en sort est digne des meilleurs bistrots. De facto, on consomme un excellent café, puis une deuxième et cela s’arrête là. Ma consommation est passée de 12 à 15 cafés quotidiens à 2 à 4 (2 cafés à la maison, deux Nespresso au travail).

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Le goût: malgré des « grands crus », le café Nespresso est un café standardisé. La faible quantité de café par capsule est compensée par des astuces techniques (forte pression, par exemple); mais si cela crée de la mousse, la crema est absente. La machine à espresso manuelle demande un apprentissage pour avoir le coup de main, afin d’exploiter au mieux ses capacités. Et même avec l’habitude, il arrive qu’on rate un café (comme ça a été mon cas ce matin…). Il n’y a par contre aucune comparaison possible entre l’eau brunâtre d’un Nespresso et le café, avec une vraie crema huileuse et aromatique, comme on le trouve dans les meilleurs bistrots.

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J’ai eu la chance de trouver cette machine d’occasion, encore sous garantie est en très bon état pour 200 CHF. Voilà l’argument final! Le couple qui l’avait est passé sur Nespresso; par facilité.

Et pour d’éventuelles réparations ou accessoires, pas besoin d’aller très loin; le distributeur Lelit se situe à Morat: http://www.espressoworld.ch.

Privilégier la qualité à la quantité, l’acte à la finalité, l’apprentissage du geste à l’automatisation; c’est aussi ça, être un geek.


Danger: PressMITIC

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Source: François Maret


Une petite bidouille électronique

Il y a quelques années, mon papa a donné sa camionnette à mon frère et à moi, renommée par la suite en Barzicamion par les copains.

C’est du lourd, du solide, du fiable, âgé aujourd’hui de 29 ans. Il y a deux semaines, j’ai dû passer par la traditionnelle expertise bisannuelle. Le contrôle antipollution passé, 4 nouvelles chaussettes à l’arrière, me voici prêt pour aller faire passer son bac au Barzicamion. Je ne sais pas; un coup de trac? Un coup de chaleur? Au moment fatidique du départ pour le contrôle technique, elle a refusé de démarrer. Pour la première fois en 29 ans, à ce que je sache. Pas le choix: j’ai dû repousser l’expertise (l’OCN, prévenue 15 minutes avant, me l’a repoussée sans frais! Un vrai service client!) et appeler un camion… 2.2 tonnes, ça ne se remorque pas comme ça jusqu’au garage!

S’il y en a un qui a été content, c’est mon fils Martin, tout content d’avoir un beau camion bleu dans sa cour! Verdict provisoire: l’électrovanne qui coupe l’injection de carburant ne fonctionne pas.

Petite théorie mécanique pour mes lecteurs: le mélange air-essence s’enflamme dans le cylindre du piston par une étincelle provoquée par la bougie. Dans le cas d’un moteur diesel, la compression est telle que la chaleur de l’air dans le cylindre augmente au point que le carburant injecté s’enflamme spontanément, comme le montre cette excellente vidéo:

Pour l’arrêter, il faut donc couper l’arrivée du carburant. C’est ce que fait l’électrovanne. Dans mon cas, elle n’ouvrait plus le circuit d’injection. Donc le carburant n’arrivant plus dans les cylindres, le moteur ne démarrait pas.

C’est là qu’entre en scène mon excellent petit garagiste (un vrai, à l’ancienne, qui répare au lieu de remplacer et qui sait encore souder. Une perle!). Il a retrouvé les manuels d’atelier de mon Toyota Dyna 200 vieux de 29 ans, a suivi tout le circuit électrique d’allumage, jusqu’à retrouver le fautif: le Fuel Control Relay 28590-57020, appelé aussi EDIC! Il s’agit d’un petit module électromécanique doté de trois relais, introuvable. Toyota n’a plus de pièces de rechange.

Une petite recherche sur Internet plus tard, j’apprends que le moteur de mon Toyota Dyna (un 3.0 litres diesel 24V) équipe aussi une série de Toyota LandCruiser et que ce module pose de nombreux problèmes. On en trouve parfois des copies sur eBay, fabriqués par des Tchèques. Pas de chance, il n’y en avait pas en vente ces temps. Le problème est tellement critique que les forums des toyoteux regorgent de sujets sur ce problème. L’un des plus complets est le groupe de travail créé par les membres du site serie4.fr: http://www.serie4.fr/forum/viewtopic.php?f=2&t=14984. On trouve même un tutoriel pour un EDIC à 2 relais: http://www.serie4.fr/mecaniques/pdf/20101220091552.pdf
On trouve même le schéma électronique:

 

Pas le choix: il faut réparer, à défaut de remplacer. J’ai heureusement reçu les conseils de deux amis ingénieurs EPFL (merci Baptiste et Alain). J’ai commencé par remplacer le gros condensateur électrolytique violet de 220μF, 35V. Ils ont tendance à sécher après 20 ans, d’aprés mes amis. Ensuite, j’ai réparé le gros relais, donc l’un des fils de la bobine était cassé:

Grâce aux conseils de mes amis, j’ai brûlé le bout du fil de la bobine, afin d’enlever l’isolant, avant de le souder à la borne. J’ai ajouté ensuite deux fins fils de cuivres enroulés autour du fil d’alimentation de la bobine, afin de bien assurer la conduction électrique.

Au verso de la carte, j’ai remarqué qu’une des pistes était coupée. La fine bande conductrice de cuivre étant tombée. Il s’agit de la mise à la masse. J’ai donc ponté le tout pour contourner la coupure:

Retour au garage, connexion de l’EDIC et test: la camionnette démarre du premier coup! Espérons que cela tienne!

Conclusion:

  • J’ai appris comment s’arrête un moteur diesel et ce qu’est un EDIC.
  • J’ai approfondi mes connaissances sur les relais.
  • Je me suis rendu compte une fois de plus qu’il faut que je change mon minable fer à souder contre une vraie station de soudure.
  • J’ai ressuscité mon ancêtre de 29 ans, à laquelle je suis très attaché.

Space Opera

Quand, comme moi, on a été nourri au biberon par Albator, qu’on a appris à faire du vélo avec le Capitaine Flam, que C3PO était un copain de classe et qu’on pense que Serenity vaut mille châteaux (attention: jeu de mot subtile), on aime le space opera, les pirates et idéalement les pirates dans des histoires de space opera! Et ce vœu est comblé avec Bloody Marie, de Jacques Martel.


Imaginez un vieux loup de l’espace (à défaut de mer) qui, dans un improbable estaminet de la galaxie, raconte l’histoire de Bloody Marie, la pirate la plus célèbre et impitoyable à 4000 parsecs à la ronde. Mais ce n’est pas n’importe quelle histoire; celle-ci est de première main! Voici l’histoire interstellaire de Mary Read, femme, capitaine, pirate et sans pitié.

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