Journée du numérique

Hier, à Yverdon, s’est tenue la Journée du numérique 2017: « Education numérique : quels enjeux pour l’école vaudoise ? ». Cette journée a été initiée (peut-être un peu vite; l’organisation en a pâti!) par Cesla Amarelle, notre nouvelle Conseillère d’Etat.
Le matin a été consacré aux interventions de Mme Amarelle ainsi qu’à un cycle de conférences. L’après-midi, 37 ateliers avaient été organisés par les enseignants vaudois autour du numérique.
Les interventions du matin peuvent être réécoutées ici: http://www.radiobus.fm/podcast/journee-du-numerique

J’y étais, pour présenter un atelier Arduino. Et j’en ressors avec un sentiment très positif, mais aussi quelques inquiétudes.

Cesla Amarelle est une femme d’action (et cela nous change!). En juin, lors de son discours inaugural, elle a clairement exprimé les enjeux de l’éducation numérique pour les élèves vaudois et montré ainsi la direction qu’elle prendrait. Ce n’était pas qu’une vaine promesse ou des mots vites envolés. Madame Amarelle est passée à l’action. Ainsi, le programme 2017-2022 de législature du Conseil d’Etat est plus qu’explicite:

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Nous, les vieux briscards vaudois de l’informatique pédagogique, cela fait 15 ans qu’on ronge notre frein en attendant un tel signal! Mais cela signifie aussi qu’on sort de 15 ans de traversée du désert. Et cela sera le principal écueil et le principal danger que Madame Amarelle devra éviter et affronter.

En 15 ans, l’informatique pédagogique vaudoise a vivoté et de nombreux pans ont été démantelés. La filière de formation d’enseignants en informatique pour le secondaire 1 a été simplement fermée à la HEP Lausanne. La décision était logique, puisque Madame Lyon a décidé de supprimer les cours d’informatique durant l’école obligatoire. Les Répondants informatiques (fonction capitale dans un établissement) n’ont jamais été formés, s’épuisent au travail, abandonnent leur fonction ou partent à la retraite. Et il est très difficile de trouver un enseignant volontaire et apte à prendre la relève. La formation PressMITIC a été elle aussi supprimée. Ces derniers ont souvent parfois abandonné leurs tâches, faute de moyens et de temps mis à leur disposition. Les forces sont donc réduites et il va être important de tenir compte de ce facteur.

Si l’informatique pédagogique a survécu ces dernières années, c’est entre autres grâce à l’engagement d’enseignants sur le terrain et de certains directeurs convaincus. Cela, Madame Amarelle semble l’avoir compris, puisque la journée du numérique s’est appuyée sur un appel à projets auprès des enseignants, qui ont répondu présents. 37 ateliers ont été organisés. Malheureusement pour une centaine seulement de participants… La faute très certainement à trop de précipitation; à un calendrier trop serré entre l’annonce de la journée, l’appel à projets et sa tenue. La communication n’a pas eu le temps d’être préparée convenablement ni diffusée. Par exemple, j’ai été mis au courant par hasard de cette journée. Beaucoup de collègues engagés dans l’informatique pédagogique ne l’étaient pas non plus. La communication dans les établissements est arrivée très tard (Et parfois, elle n’est même pas arrivée…); sachant qu’en plus cette journée est organisée un samedi, hors temps d’école.

La reconnaissance du travail sur le terrain par Madame Amarelle est bienvenue et remotivante. Cette journée était organisée pour nous, pour nous remettre le pied à l’étrier. On s’est en effet retrouvé « entre nous ». Il y avait peu de « nouvelles têtes ».

Clairement, les enseignants présents représentent les imitateurs et les affûtés. Enfin, ceux qui n’ont pas jeté l’éponge entre-temps.

Nous sommes plusieurs à nous être dit que ce n’est pas nous qui devrions être à convaincre de l’intégration des MITIC dans l’enseignement. Mais après réflexion, je pense que ce n’était pas l’objectif de la journée. Ce dernier était manifestement de donner le signal de départ d’une politique active d’intégration du numérique dans l’école et de nous y impliquer. En cela, c’était réussi!

Le message de Madame Amarelle peut se résumer de cette manière: oui à une école numérique, mais pas à une technophilie béate. Ce n’est pas l’équipement qui importe, mais ce qu’on en fait et les plus-values qu’il apporte pour l’enseignement. On prend la direction d’une culture numérique à l’école. Et c’est la bonne direction! Ce n’est pas seulement de moyens matériels dont nous avons besoin, mais surtout de moyens humains.

Merci, madame Amarelle, pour votre accessibilité et la reconnaissance du travail de la base. Ne perdez surtout pas le contact avec le terrain; ne laissez pas l’information venir jusqu’à vous au travers de « filtres ». Vous avez su, lors de cette journée, nous convaincre et nous engager à vos côtés.

  • [EDIT 3 déc] Le communiqué officiel parle de plus de 300 praticiens participants, dont 60 enseignants pour animer les ateliers. Sachant qu’il y avait un peu plus de 130 inscrits aux ateliers (quand même pour 35 ateliers… ça ne fait pas beaucoup), plus les 60 animateurs (qui ne pouvaient pas s’inscrire aux ateliers), on arrive à 200. En y ajoutant ceux qui sont venus sans participer aux ateliers, ceux qui ont participé aux ateliers sans s’inscrire (il y en a eu), les invités, la DP, les membres du CIPEO,… on doit en effet avoir atteint 300 personnes au total.
  • [EDIT 3 déc] Ajout du lien vers le programme de la journée.

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