Anatomie d’un p’tit paquet chinois

Aliexpress, BangGood, Wish, GearBest…tout à coup, les portes des usines et entrepôts chinois se sont ouvertes à nous toutes grandes, le plus souvent avec des frais de port gratuits. Quand une LED multicolore me coûte 1.65 CHF + 15 CHF de frais de port en Suisse, j’en ai 100, pour 1.33$, frais de port compris, depuis la Chine. On y trouve même des kits d’imprimantes 3D pour à peine plus de 130$, toujours frais de port compris.

Les délais de livraison sont souvent d’un mois. C’est trop court pour un trajet en container par mer. Mais alors par où passent nos commandes? En réalité, sauf quand il faut compléter la capacité, pas par avion; mais par train!

La gare ferroviaire de Lodz, en Pologne, est devenue la plaque tournante du commerce de détail Chine-Europe.

On appelle du reste ces nouvelles liaisons ferroviaires entre la Chine et l’Europe (jusqu’à Madrid et l’Angleterre!) les nouvelles routes de la soie.

Par contre, au niveau logistique, pour pouvoir offrir les frais de port gratuits, c’est toute une affaire. Je vous invite à lire cet excellent article de Pierre Lecourt: DÉLAIS, FRAIS, FONCTIONNEMENT : COMPRENDRE LES LIVRAISONS DEPUIS L’ASIE.

Le besoin d’optimiser au maximum le volume de chargement explique parfois l’état de délabrement extrême des colis que nous recevons de Chine.

Il n’en reste pas moins que cette route est fragile; soumise aux aléas climatiques. Surtout, si elle se développe, c’est aussi parce que l’Union Postale Universelle (UPU) considère la Chine comme un pays en voie de développement. Elle bénéficie ainsi de frais d’envois internationaux bien moindres que les postes européennes. Du reste, le prix payé par la Chine pour les envois ne couvre pas les frais qu’ils occasionnent en Suisse.  Ainsi, les frais de port payés par la Chine vont augmenter de 60% d’ici 2021; un délai qui laisse encore de beaux jours aux petits paquets chinois.

 


Quel est le réel coût écologique des lampes LED?

Je me suis souvent posé la question du réel coût écologique des ampoules LED. Quand j’étais jeune, nous avions des ampoules à filament; avec une belle lumière chaude, nécessitant que très peu de ressources pour la production. Cette dernière se faisait en Europe. Leur durée de vie était limitée par un programme d’obsolescence programmée, alors qu’une ampoule de 1901 continue de fonctionner non-stop depuis 116 ans.
Elles consommaient certes beaucoup d’électricité. Mais leur puissance lumineuse permettait d’en limiter le nombre. Enfin, le coût écologique de fabrication était faible.
Aujourd’hui, après l’ère des catastrophiques ampoules fluocompactes, nous voici à l’ère des ampoules LED. Elles consomment 10 fois moins qu’une ampoule à filament. On nous promet des durées de vie faramineuses. En réalité, ces ampoules sont maintenant fabriquées en Chine. Elles nécessitent des composants électroniques qui nécessitent un coût énergétique de production et de recyclage (quand elles sont recyclées!) non négligeable. Entre les matières premières, la production, le transport et le recyclage, quel est le coût énergétique réel d’une ampoule LED? Ce d’autant plus que je me suis aperçu d’une chose très intéressante: Après ⅓ de leur durée de vie prévue, les ampoules LED de mon salon on tellement baissé en luminosité que le soir, la lecture devenait pénible. Il s’agissait pourtant d’ampoules de marque et onéreuses (Philips). J’ai remplacé 4 ampoules sur 6 et à nouveau, mon salon redevient lumineux. A vue de nez, c’est presque 50% de la puissance lumineuse qui a été perdue.
Conclusion: comme les ampoules fluocompactes, les ampoules LED ne tiennent pas leurs promesses de durée de vie. Quant aux ampoules LED qui tentent de reproduire les ampoules à filament, la durée de vie réelle est encore pire! A peine mieux qu’une ampoule à filament, selon mes expériences. Le prix, lui, par contre, n’est pas le même… Quand est-ce qu’on aura une enquête exhaustive sur le réel coût écologique des ampoules LED? Ce d’autant plus que parce qu’on pense que ces ampoules consomment peu, on a tendance à en multiplier leur usage.

Sphero Mini: un outil pédagogique?

L’entreprise américaine Sphero commercialise depuis quelques années une petite boule robotisée appelée Sphero (mais aussi des droïdes Star Wars comme BB8). Ces petits robots se pilotent à l’aide d’une tablette ou d’un smartphone.

Si le Sphero conventionnel à la taille d’une balle de baseball, le Sphero Mini, dernière venue, a la taille d’une balle de ping-pong. Surtout, son prix est près de trois fois inférieur à celui du Sphéro SPRK+ (moins de 60.- pour la Mini, alors que la SPRK+ est proche des 170.-). Petit prix, petite taille, mais tout d’une grande, comme cette petite vidéo publicitaire le montre.

Car oui, outre les activités ludiques, Sphero a développé une plateforme éducation; les Sphero (y compris les modèles droïdes Star Wars) peuvent se programmer avec une plateforme proche de Scratch ou directement en JavaScript. Il est même possible de définir une trajectoire en la dessinant! Les possibilités s’étendent donc de l’enfantine au gymnase!

Et là, je dois dire que c’est vraiment bien conçu. Voici un petit exemple: le carré, avec changement de couleur (oui, parce qu’il y a des LEDs RGB dans les Sphero).

Et voici le même carré, avec une boucle et une variable définissant la direction et s’incrémentant de 90° à chaque face

Et comme le Sphero est bourré de capteurs (accéléromètre, gyroscope…), on peut vraiment pousser la programmation en mode graphique très loin; plus loin que ce que permet un Thymio, par exemple, et proche de ce que permettent des Lego Mindstorms; mais pour bien moins cher.

Personnellement, j’aime beaucoup le retour en direct des capteurs sous forme de graphique, lorsqu’on exécute le programme.

Visuellement, c’est très parlant de confronter les données issues des capteurs à la réalité du déplacement. Une autre chose que j’aime beaucoup avec le Sphero, c’est que comme pour le Thymio (et contrairement aux Lego Mindstorms), on peut directement commencer la programmation, sans passer par une phase de montage souvent chronophage et difficile à gérer avec des jeunes élèves. Contrairement au Thymio, par contre, il n’y a pas d’interaction avec l’environnement. Il n’y a, par exemple, pas tous les capteurs de distance du Thymio. On se concentre donc sur la gestion des mouvements.

 En cherchant, j’ai trouvé plein d’activités géniales (et dont beaucoup pourraient être adaptées pour d’autres robots pédagogiques). Surtout, j’ai apprécié les approches artistiques du Sphero. Voici quelques exemples…

Peindre comme Pollock:

Faire du light painting:

On peut aussi utiliser un ou plusieurs Sphero pour réaliser des chorégraphies, comme cet exemple sur Pierre et le loup. Je vous encourage à aller voir le diaporama suivant: https://docs.google.com/presentation/d/1N5fWKOBDAP0DPNH9ZpVppFHrqVeYlbcGH7IZvxzWogQ/edit?usp=sharing

Et si en plus, on a des Sphero et une imprimante 3D, c’est le gros lot:

On trouve de très nombreuses créations en impression 3D pour le Sphero, librement partagée sur Internet: https://www.thingiverse.com/search/page:1?q=sphero.

Celle-ci est particulièrement impressionnante:

 

A part la taille, quelles différences entre le Sphero 2 ou SPRK+ et le Sphero Mini? Les premières sont dotées d’une coque circulaire en polycarbonate qui ne peut pas s’ouvrir. Le Sphero est donc étanche. La recharge se fait par induction. Le Sphero Mini a une coque plus fragile (mais interchangeable le jour où on les trouvera dans le commerce) et la charge se fait par un câble USB. A part cela, l’un comme l’autre permettent de réaliser la plupart des activités pédagogiques. Et le coup de génie, c’est que pour l’enseignant, la prise en main est rapide. La construction d’un cours aussi. L’application Sphero EDU permet à la fois l’enregistrement en tant qu’élèves qu’en tant qu’enseignant. Dans ce dernier cas, on peut créer sa classe, y ajouter ses élèves et gérer ainsi le cours.

Comme je l’ai déjà dit, le Sphero peut s’utiliser de l’enfantine au gymnase. Il permet non seulement de travailler l’introduction au code informatique, mais aussi la créativité, les mathématiques, les sciences… Surtout, il s’agit, comme tous les robots pédagogiques, d’une approche physique et pas abstraite de l’informatique. Aujourd’hui, avec tout ce qui est automatisé autour de nous et l’avènement de l’Internet des objets, il est important de sortir de l’écran et de faire communiquer l’informatique avec le monde réel.

Mais si un petit robot à moins de 60.- pour le Mini ou 160.- pour le SPRK+ est aussi polyvalent, pédagogiquement aussi riche, pourquoi donc est-il quasi inexistant dans les écoles vaudoises? Peut-être simplement parce que son utilisation nécessite une tablette ou un smartphone… deux objets jusqu’ici quasi rigoureusement bannis de nos classes!

 


Journée du numérique

Hier, à Yverdon, s’est tenue la Journée du numérique 2017: « Education numérique : quels enjeux pour l’école vaudoise ? ». Cette journée a été initiée (peut-être un peu vite; l’organisation en a pâti!) par Cesla Amarelle, notre nouvelle Conseillère d’Etat.
Le matin a été consacré aux interventions de Mme Amarelle ainsi qu’à un cycle de conférences. L’après-midi, 37 ateliers avaient été organisés par les enseignants vaudois autour du numérique.
Les interventions du matin peuvent être réécoutées ici: http://www.radiobus.fm/podcast/journee-du-numerique

J’y étais, pour présenter un atelier Arduino. Et j’en ressors avec un sentiment très positif, mais aussi quelques inquiétudes.

Cesla Amarelle est une femme d’action (et cela nous change!). En juin, lors de son discours inaugural, elle a clairement exprimé les enjeux de l’éducation numérique pour les élèves vaudois et montré ainsi la direction qu’elle prendrait. Ce n’était pas qu’une vaine promesse ou des mots vites envolés. Madame Amarelle est passée à l’action. Ainsi, le programme 2017-2022 de législature du Conseil d’Etat est plus qu’explicite:

Page 17

Nous, les vieux briscards vaudois de l’informatique pédagogique, cela fait 15 ans qu’on ronge notre frein en attendant un tel signal! Mais cela signifie aussi qu’on sort de 15 ans de traversée du désert. Et cela sera le principal écueil et le principal danger que Madame Amarelle devra éviter et affronter.

En 15 ans, l’informatique pédagogique vaudoise a vivoté et de nombreux pans ont été démantelés. La filière de formation d’enseignants en informatique pour le secondaire 1 a été simplement fermée à la HEP Lausanne. La décision était logique, puisque Madame Lyon a décidé de supprimer les cours d’informatique durant l’école obligatoire. Les Répondants informatiques (fonction capitale dans un établissement) n’ont jamais été formés, s’épuisent au travail, abandonnent leur fonction ou partent à la retraite. Et il est très difficile de trouver un enseignant volontaire et apte à prendre la relève. La formation PressMITIC a été elle aussi supprimée. Ces derniers ont souvent parfois abandonné leurs tâches, faute de moyens et de temps mis à leur disposition. Les forces sont donc réduites et il va être important de tenir compte de ce facteur.

Si l’informatique pédagogique a survécu ces dernières années, c’est entre autres grâce à l’engagement d’enseignants sur le terrain et de certains directeurs convaincus. Cela, Madame Amarelle semble l’avoir compris, puisque la journée du numérique s’est appuyée sur un appel à projets auprès des enseignants, qui ont répondu présents. 37 ateliers ont été organisés. Malheureusement pour une centaine seulement de participants… La faute très certainement à trop de précipitation; à un calendrier trop serré entre l’annonce de la journée, l’appel à projets et sa tenue. La communication n’a pas eu le temps d’être préparée convenablement ni diffusée. Par exemple, j’ai été mis au courant par hasard de cette journée. Beaucoup de collègues engagés dans l’informatique pédagogique ne l’étaient pas non plus. La communication dans les établissements est arrivée très tard (Et parfois, elle n’est même pas arrivée…); sachant qu’en plus cette journée est organisée un samedi, hors temps d’école.

La reconnaissance du travail sur le terrain par Madame Amarelle est bienvenue et remotivante. Cette journée était organisée pour nous, pour nous remettre le pied à l’étrier. On s’est en effet retrouvé « entre nous ». Il y avait peu de « nouvelles têtes ».

Clairement, les enseignants présents représentent les imitateurs et les affûtés. Enfin, ceux qui n’ont pas jeté l’éponge entre-temps.

Nous sommes plusieurs à nous être dit que ce n’est pas nous qui devrions être à convaincre de l’intégration des MITIC dans l’enseignement. Mais après réflexion, je pense que ce n’était pas l’objectif de la journée. Ce dernier était manifestement de donner le signal de départ d’une politique active d’intégration du numérique dans l’école et de nous y impliquer. En cela, c’était réussi!

Le message de Madame Amarelle peut se résumer de cette manière: oui à une école numérique, mais pas à une technophilie béate. Ce n’est pas l’équipement qui importe, mais ce qu’on en fait et les plus-values qu’il apporte pour l’enseignement. On prend la direction d’une culture numérique à l’école. Et c’est la bonne direction! Ce n’est pas seulement de moyens matériels dont nous avons besoin, mais surtout de moyens humains.

Merci, madame Amarelle, pour votre accessibilité et la reconnaissance du travail de la base. Ne perdez surtout pas le contact avec le terrain; ne laissez pas l’information venir jusqu’à vous au travers de « filtres ». Vous avez su, lors de cette journée, nous convaincre et nous engager à vos côtés.

  • [EDIT 3 déc] Le communiqué officiel parle de plus de 300 praticiens participants, dont 60 enseignants pour animer les ateliers. Sachant qu’il y avait un peu plus de 130 inscrits aux ateliers (quand même pour 35 ateliers… ça ne fait pas beaucoup), plus les 60 animateurs (qui ne pouvaient pas s’inscrire aux ateliers), on arrive à 200. En y ajoutant ceux qui sont venus sans participer aux ateliers, ceux qui ont participé aux ateliers sans s’inscrire (il y en a eu), les invités, la DP, les membres du CIPEO,… on doit en effet avoir atteint 300 personnes au total.
  • [EDIT 3 déc] Ajout du lien vers le programme de la journée.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer


RTS: « Un frémissement » pour la Suisse numérique

Décidément, il ne se passe plus une semaine sans qu’on parle du numérique dans les médias, et en particulier du numérique à l’école. A nouveau, la Radio Suisse Romande qui nous offre une réflexion. Ça devient particulièrement intéressant pour l’école à 13’55 »:

Le discours sur l’analphabétisme informatique, choisi et consenti par la population, est très intéressant. L’école est au centre. Les Digital Native sont surtout des Digital Naïves!

« L’école c’est un pivot ». « Il y a zéro heure de prévue pour l’enseignement de l’informatique durant toute la scolarité ».

Le constat est sans appel…

 


Pour des Humanités numériques

Pour des Humanités numériques: la place de l’Homme face à la machine, ou la machine priée de rester à sa place.
« On va avoir du numérique dans tout, mais tut ne se réduit pas au numérique ».
Plaidoyer pour une culture du numérique à l’école pour préparer le post-digital, mais inutile de vouloir faire de nos élèves des informaticiens; ils seront de futurs chômeurs remplacés par des IA. Point de vue intéressant sur ce que devraient être les cours de culture numérique à l’école.

La Radio Suisse Romande a diffusé ce samedi une émission très intéressante sur le sujet, avec comme invité Dominique Vinck, professeur à l’UNIL. L’émission se réécoute ici.

Du coup, je me suis empressé de commander le livre de Dominique Vinck: Humanités numériques : La culture face aux nouvelles technologies (ed. Le Cavalier Bleu).


Semaine suisse de sensibilisation à l’informatique

La semaine suisse de sensibilisation à l’informatique (notre équivalent de la Code Week, qui tombe toujours pendant les vacances d’automne) aura lieu cette année du 4 au 10 décembre 2017. Durant cette semaine, les enseignants sont invités à réaliser avec leurs élèves des petits exercices de programmation à la portée de toutes et tous.

On trouve deux exercices réalisés par la Haute École Pédagogique FHNW, destinés aux élèves de 7P à 11S. A cela s’ajoutent tous les exercices de la « Hour of Code », traduits en français. Ces exercices sont prévus pour durer une ou deux périodes et permettre aux élèves une introduction à la programmation informatique.

Le Service de promotion des sciences de l’EPFL propose aussi des activités pour cette semaine.

A part cela, vous pouvez toujours réaliser une activité avec la Bee-Bot en enfantine, ou utiliser les robots Thymio II pour participer vous aussi à la Semaine du Code!

Inscrivez-vous!


Mise à jour du cours « Arduino à l’école »

Le cours Arduino à l’école, disponible sur https://arduino.education, a été mis à jour.

Cours « Arduino à l’école »


Télétravail: j’enseigne depuis la maison

Lundi matin, mon fils étant malade et n’ayant pas de solution de garde, j’ai dû rester à la maison. Manque de chance, cela tombait sur le cours Arduino de ma classe d’OCOM 10H. Et c’est justement notre problème, à nous enseignants en technologie: c’est très difficile (voir impossible) de nous remplacer. Dans ce cours, il y avait de l’électronique, de l’électricité et de la programmation. Comment faire? J’ai convenu avec mes collègues qui me remplaçaient (une période chacune) que je donnerai le cours… depuis chez moi.

Ni une ni deux, le Mac du maître (sur lequel j’avais la main via TeamViewer) a été tourné du côté des élèves. Une liaison visioconférence avec FaceTime initiée entre le Mac et mon iPad. Le tout projeté sur l’écran de TV de ma salle de technologie.

De l’autre côté, mon Mac connecté à distance sur un des serveurs de l’école, sur lequel se trouve Remote Desktop, ce qui m’a permis d’observer les ordinateurs des élèves et, le cas échéant, de prendre la main sur l’un d’entre eux pour aider un élève.

Le cours a été donné. J’ai pu répondre aux questions des élèves et leur introduire la théorie. Deux élèves qui redoublaient et qui ont donc déjà suivi le cours ont pu donner un coup de main pour les problèmes de câblages électroniques et de gestion des Arduino. Chose très intéressante: les élèves avaient vite oublié la présence de mes collègues dans la classe. Mais leur présence était néanmoins nécessaire pour gérer la discipline.

Conclusion pédagogique: je verrai lundi ce que les élèves ont retenu de la matière et quelle est la réelle efficacité de cette manière d’enseiger. Une chose est certaine, l’enseignement à distance n’est pas un facteur d’économie; un(e) enseignant(e) sur place étant toujours nécessaire pour la gestion de la classe. Cela fait donc deux enseignants au lieu d’un seul. Néanmoins, j’ai trouvé l’expérience pédagogiquement et humainement très intéressante, au point de m’avoir presque envie de construire un robot de téléprésence.

Conclusion personnelle: que se passera-t-il si un jour je suis en impossibilité d’enseigner pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois? La HEP ne forme pas d’enseignants à même de reprendre mes cours. Il n’y a même plus d’enseignants formés pour enseigner l’informatique… Que se passe-t-il légalement si, en arrêt maladie ou accident, je fais du télétravail (ce n’était pas le cas ici)? Pour ce matin-là, j’aurais pu me dire: » je suis remplacé » et rester tranquillement à la maison à veiller sur mon fils en lisant un livre tout en ayant donné un programme d’occupation alibi aux élèves. Au lieu de cela, je suis resté à veiller sur mon fils, tout en travaillant (mais en étant officiellement absent et remplacé).

Conclusion des élèves: je transcrirai lundi les impressions des élèves. En attendant, on a dans le canton des cas d’élèves hospitalisés pour une longue durée qui suivent les cours à distance, via tablette. C’est très intéressant de renverser la situation. L’image aide, mais je me suis rendu compte que le plus grand problème est le son. Lorsque je parle, pour ne pas avoir de larsen, le micro du Mac de l’école est désactivé. On n’a plus de retour. Et les élèves se tournent naturellement vers l’écran de TV qui projette mon image, pour me parler, alors que le Mac avec le micro est au fond de la salle. Il faudrait clairement une toute petite table de mixage audio, avec quelques micros sans fil. Dans le cas d’un élève hospitalisé, on pourrait imaginer un micro-cravate sans fil pour l’enseignant et un ou deux micros à main sans fil pour les élèves qui interviennent.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer


Remplacement du 25 septembre

Indications pour mes élèves:

  1. Se rendre sur cette page: https://arduino.education/?page_id=15.
  2. Télécharger le cours ET les codes.
  3. Ouvrir le cours à la page 15 et lire la théorie jusqu’à la page 20.
  4. Ensuite, réaliser le circuit à la page 21 et ouvrir le logiciel Arduino.
    1. Prendre une résistance de 220Ω et une Led rouge dans la valise rouge.
    2. Attention au sens de la LED (à contrôler sur la page 16).
  5. Ouvrir le code 1 dans le logiciel Arduino. Une fois l’Arduino connecté au Mac, aller dans le menu « Outils/Type de carte » et choisir « Arduino/Genuino Uno ». Dans le même menu, choisir le port qui contient « usbmodem ».
  6. Envoyer le code.
  7. Lire ensuite les pages 24 à 27 et modifier le code selon les exemples.
  8. Si terminé, commencer le montage de la page 28.

 


Test iPad Pro 10.5 » et clavier Logitech Slim Combo

Des iPad, j’en ai eu plusieurs: le premier modèle, puis le 2 à double exemplaire. J’ai fini par laisser tomber. Si d’un point de vue technologique, il s’agit de magnifiques machines, les innombrables limitations d’iOS n’ont fait que de me frustrer et de m’énerver. À commencer par la totale absence de gestion de fichiers. À m’en rendre malade. Les deux premiers iPad ont fini auprès des gamins. Le troisième sert au streaming de vidéo et à l’affichage de recettes à la cuisine.

Puis est arrivé iOS 11. Puis est arrivé l’iPad Pro 10.5. La symbiose des deux est excellente. Je ne reviendrai pas sur ce qu’apporte de nouveau iOS 11. D’autres l’ont très bien fait. Je ne reviendrai pas non plus sur la partie technique de l’iPad Pro 10.5’’. Les mêmes l’ont toujours bien fait. Je vais vous parler de l’usage, au quotidien de l’iPad Pro 10.5’’ et du clavier Logitech Slim Combo (avec iOS11).

Quand on lit les commentaires sur ce clavier sur le site d’Apple, on a des avis très négatifs: épais, massifs, lourd. C’est clair que c’est plus épais qu’un Macbook Pro. L’iPad est le clavier sont plus lourds qu’un Macbook. Mais vous avez déjà essayé de toucher l’écran de votre Macbook ou Macbook Pro? À part des traces de doigts, il ne se passera rien. Le clavier Logitech Slim Combo permet un hybride entre Mac et iPad. Avec iOS11, on arrive à un objet étrange, entre un Mac et un iPad, avec le meilleur écran jamais vu sur un produit Apple.

Image (et test): Les Numériques

Moi, je l’aime bien, mon clavier. Il est rétroéclairé. « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup ». Et surtout, c’est un vrai clavier, avec des touches cmd et alt. À quoi est-ce que cela peut servir? Et bien déjà à faire du copier-coller. La convergence macOS et iOS concerne aussi les raccourcis clavier. Une touche permet de switcher du français à l’anglais ou l’allemand (ou chinois cantonais si vous en avez l’usage) tout simplement. La rédaction des mails dans différentes langues devient un plaisir. Le toucher du clavier est agréable, même pour un habitué du clavier des Macbook Pro. L’accès à un vrai clavier fait de l’iPad Pro un vrai outil de travail, avec tout le côté tactile en plus. Le fait que le claver se détache permet de se retrouver avec un simple iPad, la protection du dos de celui-ci en plus.

Apple fait des appareils ultra-fins, ultra-sexy, mais aussi très vulnérables. Personnellement, un iPad nativement plus massif et protégé me conviendrait bien mieux dans mon contexte d’utilisation hypermobile. À défaut, le clavier Slim Combo de Logitech est un excellent ad-on. Oh, et je ne vous l’ai pas dit? Ce clavier n’a pas de batterie intégrée. Il n’est donc pas nécessaire de le charger ni de le jeter une fois la batterie morte. Le clavier est alimenté directement par l’iPad. Mais effectivement, les marketeux de chez Logitech essaient de vous faire prendre des vessies pour des lanternes en l’ayant appelé Slim Combo. Sachant que l’iPad Pro et le clavier de Logitech sont presque aussi épais qu’un Mac mini, j’aimerais bien demander à l’équipe marketing de Logitech l’adresse de leur dealer; je ne sais pas ce qu’ils fument, mais ça doit être de la bonne!

A part ceci, c’est un bon clavier. Mais sincèrement, l’intégration de l’Apple Pencil fait cheap et à l’usage est très peu pratique; surtout quand on est gaucher.

Comparé au clavier natif vendu par Apple, le Slim Combo de Logitech est moins cher, protège aussi le dos de l’iPad, permet l’intégration (tant bien que mal) du Pencil et est rétroéclairé. Le toucher est excellent. C’est un vrai clavier pour l’iPad. On en arrive à regretter de ne pas avoir de trackpad, ce qui est un comble!

Attention à l’usage: si comme moi, vous avez commencé par une fourre intégrale, il faut se méfier: le clavier est détachable. Il est juste aimanté. Ne saisissez donc pas l’iPad par le clavier, sous peine de détachement de l’iPad et de sa chute sur le sol. Je l’ai évité… mais de justesse grâce à mes réflexes de superhéros.

Vous avez un iPad Pro 10,5’’ ou 12.9’’? Alors n’hésitez pas. Ce clavier est un clavier. Pas un accessoire cosmétique pour votre iPad. On y retrouve le savoir-faire de Logitech.


Quelle durée de vie pour un eBook?

Cela peut paraître paradoxal de parler de durée de vie pour un livre dématérialisé. Et pourtant! Les grandes bibliothèques d’Europe regorgent de livres vieux de plusieurs siècles. On a retrouvé des milliers de tablettes d’argile couvertes d’écritures cunéiformes issues de l’ancienne civilisation mésopotamienne. Et que dire des manuscrits de la Mer Morte et des stèles gravées de hiéroglyphes égyptiens ou précolombiens? Sans parler des grottes de Lascaux et de Chauvet. Bref, le contenant est parfois si durable que nous avons perdu la connaissance de la lecture du contenu.

Manuscrit de la Mer Morte

 

Je possède presque deux mille livres. En papier. Et le double en eBooks. Et là, je me pose une question: est-ce que dans 2’000 ans, l’Humanité sera encore capable de les lire, tout comme nous déchiffrons les manuscrits de la Mer Morte? Sachant que j’ai des données datant de 1995-2000 sur des cartouches SyQuest que je ne peux plus lire aujourd’hui, si je ne possède pas un lecteur SCSI et un Mac sous Mac OS 9, ainsi que son clavier et sa souris avec des ports ADB, je me pose la question. A l’époque, je sauvegardais mes données sur des cartouches EZ-135 de SyQuest. Un jour, mon lecteur est mort. Or, impossible de retrouver un autre lecteur dans le commerce. SyQuest a en effet fait faillite en 1998. J’ai toujours mes cartouches. Un jour, je mettrai peut-être la main sur le lecteur idoine.

Lecteur EZ-135 de SyQuest

 

Le problème n’est pas seulement l’accès physique aux documents. Aujourd’hui, avec le stockage dans le cloud, on peut espérer se passer d’un format d’accès physique à ses données. Le problème est logiciel. Les enseignants vaudois le savent bien: adeptes du génial ClarisWorks, puis d’AppleWorks, certains fichiers ne sont plus utilisables sur les ordinateurs récents.

Lorsque j’ai un ebook au format ouvert ePub, je suis à peu près sûr de pouvoir le lire sur la durée, d’un périphérique à l’autre. Le cas échéant, je suis aussi à peu près sûr de trouver un convertisseur pour transformer mes fichiers ePub vers le nouveau format qui va le supplanter. La simplicité du format ePub le rend durable, presque éternel. Aujourd’hui, je lis encore n’importe quel fichier .txt ou .rtf d’il y a 30 ans. Mais à partir du moment où des DRM entrent en jeu, c’est fini. Dès que la technologie d’autorisation de lecture sera désuète, ce sera fini. Alors que la plupart des DRM sont issus de l’univers Adobe, on va se retrouver comme tous ces sites et contenus en flash qui va devenir d’un seul coup obsolète et rapidement illisible lorsqu’en 2020, Adobe va abandonner le support de sa technologie.

Dès lors, je constate une chose: par rapport au livre papier, je paie le même prix pour un ebook sans DRM ou pour un ebook avec DRM. Dans le premier cas, j’ai un fichier informatique durable. Dans le second cas, la durabilité est tellement limitée que j’estime payer un service: un droit de lecture pendant 6-7 ans. Et je trouve cela inadmissible de vendre ce service au même prix qu’un fichier durable, que je pourrai transmettre à mes enfants, et eux, sans doute à leurs petits-enfants, tel un livre. Mes ebooks avec DRM, eux, dans 10 ans, ils seront très probablement inutilisables.

Je suis contre les DRM. Mais les epub vendus sans DRM sont maintenant quasi inexistants. Alors je veux bien payé un service en achetant un ebook avec DRM, mais de loin pas au même prix qu’un ebook sans DRM ou un livre physique. Si les maisons d’édition ne comprennent pas cela, ce sera la mort des livres numériques dès le prochain saut technologique. Dans les faits, les maisons d’édition qui imposent des DRM ne voient que les profits à court terme et scient allégrement la branche sur laquelle ils sont assis.

Dans l’attente, je n’ai qu’un conseil à donner: piratez vos livres numériques! Moi, il m’arrive très souvent d’acheter un livre numérique uniquement disponible avec DRM, de le jeter et de le pirater immédiatement après…