[Liseuse] Kobo Aura One: définitivement la meilleure liseuse

Des liseuses Kobo, j’en ai eu déjà 4 dans les mains, avec un peu de bonheur, quelques malheurs et de nombreuses morts subites. J’ai décidé de laisser une dernière chance à la marque et j’ai acquis une Kobo Aura One. Il y a longtemps que je voulais écrire un article sur mon expérience avec cette liseuse. Mais échaudé par tellement de pannes définitives (souvent pas prises par la garantie) dans les 6 mois après l’achat de la liseuse, j’ai attendu plusieurs mois avant de me mettre à rédiger cet article.

Reprenons les principales caractéristiques techniques qui font sa spécificité et voyons ce que cela implique sur l’expérience de lecture.

 

L’écran

L’écran de 7.8 pouces CARTA e-ink d’une résolution de 1872 x 1404 pixels, soit 300 dpi, est le plus grand disponible actuellement pour une liseuse. Dans les faits, cela offre une surface de lecture comparable à celle d’une page d’un livre de poche, mais avec une qualité de lecture bien supérieure à leur piètre qualité d’impression.

Son contraste est impressionnant; on se retrouve avec une écriture pratiquement noir sur un fond presque blanc. Bref, on a le tout haut de gamme de l’écran e-ink. A l’usage, et surtout quand on apprécie de lire avec de gros caractères, c’est très agréable d’avoir des lignes aussi longues. La justification du texte est alors beaucoup plus naturelle que sur une liseuse de petite taille. Revers de la médaille: ça consomme! L’autonomie par rapport à mes précédentes Kobo est clairement en berne. Le choix a manifestement été fait de ne pas alourdir à l’excès la liseuse avec une batterie trop importante. Cela se confirme avec cette photo de la Kobo Aura One, issue du site italien HDblog.it:

Source: HDblog.it

En zoomant sur la batterie, on constate qu’elle n’est plus que de 1200 mAh, contre 1500 mAh pour les modèles précédents (Glo, Aura H2O,…). Si la surface de la batterie est plus importante que sur les précédents modèle, elle semble par contre beaucoup plus fine. C’est manifestement le prix à payer pour la finesse de la liseuse, quand on la pas la capacité financière d’un Apple pour faire réaliser ses batteries sur mesure.

A cela, il faut ajouter que plus l’écran est grand, plus il lui faut de LEDs pour l’éclairer, ce qui réduite encore l’autonomie.

 

L’éclairage

Eclairer de manière uniforme de manière incidente un écran de cette taille est un gageur, à laquelle la Kobo Aura One s’en sort vraiment très bien. Toujours selon le site HDblog.it, l’éclairage est réalisé par 9 LEDS blanches et 8 LEDs RGB. Et c’est dans ces dernières que réside la grande nouveauté: le ComfortLight PRO. Il s’agit de la possibilité de moduler la couleur de l’éclairage en fonction de l’heure, afin de supprimer la lumière bleue qui empêche la sécrétion de mélatonine, nécessaire à l’endormissement. Or, soit par réglage manuel, soit automatique en fonction de l’heure, la couleur de l’écran va devenir toujours plus orangé, jusqu’à pouvant atteindre un rouge sombre.

Play

Cette fonction est clairement le plus grand avantage de la Kobo Aura One pour les lecteurs nocturnes, dont je fais partie. L’éclairage incident est déjà beaucoup plus confortable que la rétroluminescence des tablettes du style iPad, mais la combinaison lumière orange et la possibilité de régler la luminosité à un niveau très faible permet de lire très confortablement dans le noir total… sans déranger la personne qui dort à ses côtés.

A l’usage, je peux confirmer que ce n’est pas un argument marketing. C’est jusqu’à maintenant l’écran le plus confortable pour lire que j’ai pu tester. Petite touche de confort supplémentaire: contrairement aux autres liseuses Kobo que j’ai eues entre les mains, il n’y a pas de cadre proéminent autour de l’écran: celui-ci va d’un bord de la liseuse à l’autre. C’est vraiment confortable à l’usage et cela accroît l’impression de finesse. Mais attention: cela implique une fourre de transport pour ne pas l’abîmer.

 

L’étanchéité

Quand on a goûté une fois à une liseuse étanche, plus possible de s’en passer! Loin du gadget, c’est un vrai plus. Songez seulement à quel point certains d’entre-nous maltraitent leurs livres de poche: lecture dans le bain, au spa, dans des environnements tropicaux avec une humidité de 100%, à la plage, à la piscine, voire sous la pluie ou en plein brouillard écossais. Bref, partout où vous hésiteriez à utiliser votre iPhone, vous pouvez y aller avec votre Kobo Aura One (évitez quand même les saunas et hamams…). Expérience faite avec la Kobo Aura H2O, au retour de la plage, à Barcelone, pleine de sable, il m’a suffit de la passer sous un robinet d’eau froide pour la retrouver propre et nette. L’étanchéité, c’est la tranquillité d’esprit. Si la Kobo Aura H2O avait un petit cache de caoutchouc pour protéger les ports (ce qui me donnait une confiance relative en la chose, même jamais cela à toujours parfaitement fonctionné), la Kobo Aura One laisse son port USB à l’air… et à l’eau. Charge à l’utilisateur d’attendre qu’il soit bien sec avant de le brancher. Cela implique aussi la disparition du port micro-SD… Lorsque j’ai acheté ma première Kobo Aura H2O, j’ai directement pris une carte micro-SD de 32 Go… dans les faits jamais utilisés. Les 8 Go de la Kobo Aura One permettent largement de faire tenir 6’000 livres au format ePub. Moi, ma bibliothèque contient un peu plus de 3’000 livres. Je la gère avec l’excellent et indispensable Calibre. Sur la liseuse, j’ai en permanence une centaine d’e-books. Dans les faits, le port SD est superflus.

Pour en revenir à l’étanchéité, c’est devenu pour moi une condition sine qua non pour l’achat d’une liseuse.

La liseuse répond à la norme IPX8. Cela signifie qu’elle résiste à une immersion d’une heure à 2 mètres de profondeur, mais n’est pas protégé contre l’introduction de poussières. Cela paraît incongru. En réalité, la liseuse de Kobo n’est pas étanche; l’eau peut s’infiltrer, mais elle ne causera pas de dégâts, car la liseuse est protégée par un nanofilm de protection de la firme HZO.

C’est pourquoi la petite protection en caoutchouc a disparu. La Kobo Aura H2O était vraiment étanche. La Kobo Aura One est protégée contre l’eau et l’humidité. Est-ce que cela change quelque chose? Pour ma part, avec la Kobo Aura One, je me méfierais de l’eau de mer, salée. Après usage en milieu maritime, je la plongerais dans un grand bac d’eau claire.

 

L’ergonomie

La prise en main de la Kobo Aura One est excellente. Les gros défauts de la Kobo Aura H2O ont été corrigés. Cette dernière avait une surface arrière non plane qui, lors de transport en sac, exerçait des contraintes sur les bords de l’écran au point de le briser. Cela m’est arrivé une fois, naturellement pas pris en charge par la garantie. La liseuse avait 3 mois…

Ce problème a été réglé avec la Kobo Aura One, puis qu’on a un dos plat.

Ce dos est en plus doté d’un revêtement caoutchouté très agréable. Entre l’écran bord à bord et le dos, on corrige l’un des autres défauts de la Kobo Aura H2O, à savoir les traces de doigts qui marquaient toute la liseuse. La prise en main est vraiment excellente, qu’on soit droitier ou gaucher. Il n’y a qu’un seul bouton, qui sert à l’allumage, extinction, mise en veille.

Si l’interface, mise en place par la dernière mise à jour du firmware, est très décriée par la communauté Kobo, elle apporte néanmoins un outil qui me paraît indispensable pour tout appareil mobile: un verrouillage par un code personnel. Pour ma part, j’estime que le contenu de ma bibliothèque, qu’elle soit numérique ou physique, ainsi que mes lectures, sont des données particulièrement personnelles. Même s’il y a de fortes chances que Kobo sache tout de ce que je lis… même si les e-books ne proviennent pas de chez eux…

Voici ce qu’on trouve, sans surprise, dans les conditions générales de Kobo:

  • We may record information about Your usage, such as when and how often You use the Kobo Service as well as information You display or click on within the Kobo Service (including UI elements, settings, and other information.

Et tout aussi important:

  • We will collect, use or disclose Your personal information only with Your knowledge and consent, except where required or permitted by law or this Policy.

Kobo est une entreprise canadienne. Mais à quelles loi ou police répond-elle?

Un des moyens les plus simples de se protéger de divulgations d’informations personnelles est de désactiver la connexion WiFi de la Kobo et de gérer toute sa bibliothèque avec Calibre. Hors ligne. Et pour les plus paranoïaques (j’en connais…) ou aventureux, il est possible d’installer un firmware open source: https://github.com/koreader/koreader/wiki/Installation-on-Kobo-devices.

 

Quelques moins

Kobo est très radin et peu réactif au niveau de son firmware et de son interface. Au niveau outils, on n’a que le strict minimum; au mieux, un navigateur web minimaliste (à peine mieux que Mosaic, pour ceux qui l’ont connu…). Les dictionnaires sont minimalistes, les outils de prise de notes aussi. Aucune possibilité de synchronisation Dropbox. Bref, si au niveau matériel, on a du tout bon, niveau logiciel, on a du service minimum… limite foutage de gueule, vu le prix. Comparé à l’écosystème Amazon des Kindle, on est bien pauvre, même si la Kobo lit une bonne quantité de formats de fichiers différents (ce qui n’est pas le cas des Kindle…).

Soyons clairs: pour ce qui est de la lecture: rien à redire. C’est quand même le rôle principal d’une liseuse. Mais définitivement, vous resterez prisonniers de Calibre et de votre câble USB. Il suffirait pourtant de si peu pour faire de la Kobo l’outil parfait. Une synchro DropBox, une vrai intégration des réseaux sociaux (pour les freaks)… avec une petite app AppleWatch, ça me donnerait presque le prétexte pour m’en acheter une.

 

Le petit plus

Soyons clairs: je suis fermement contre les DRM. Quand j’ai acheté le dernier Fred Vargas (très moyen, selon moi) protégé par des DRM, j’ai immédiatement téléchargé une version pirate dans DRM. On arrive au paradoxe suivant: pour garder sa liberté, l’e-reader doit acheter un fichier bourré de DRM, puis le pirater pour le lire l’esprit tranquille.

Est-ce qu’il y a un avantage à ces DRM? Indirectement oui. De nombreuses bibliothèques romandes, comme la BCU ou la bibliothèque municipale de Lausanne prêtent gratuitement des e-books, à condition que la liseuse soit compatible Adobe Digital Editions. Cela exclut directement les Kindle, mais pas les Kobo. Sincèrement, si les DRM sont le prix à payer pour pouvoir emprunter gratuitement auprès de bibliothèques publiques des e-books, je suis prêt à l’accepter. Et sincèrement, cela fonctionne plutôt bien.

 

Conclusion

La Kobo Aura One est, à mon avis, la meilleure liseuse sur le marché. Elle a un énorme avantage qui est aussi son principal inconvénient: la taille de son écran. C’est un confort maximum pour la lecture, mais par contre, la liseuse est trop grande pour aisément passer dans une poche de jeans ou de veste. La Kobo Aura One reste avant tout une excellente liseuse à domicile, transportable.

Pour les plus mobiles d’entre-vous, Kobo vient d’annoncer la Kobo Aura H2O edition 2. Il s’agit du clône de la Kobo Aura One, mais avec un écran de 6.8 pouces. Le prix entre la Kobo Aura One et la Kobo Aura H2O edition 2 est très proche. e choix se fera donc sur le besoin de transport de la liseuse: lire principalement à la maison: Kobo Aura One. Lire en déplacement: Kobo Aura H2O edition 2.

Publié par

Frédéric Genevey

Enseignant MITIC & Technologie, passionné de robotique pédagogique, d'Arduino et d'impression 3D.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.