Pourquoi nous avons tous besoin d’un NAS… et que presque personne n’en a un.

Les photos de mon mariage? Numériques. Les photos et vidéos de mes enfants? Numériques. Voilà les données les plus importantes à mes yeux. Or, qui peut, aujourd’hui, se targuer de n’avoir jamais perdu de données numériques? Les albums photo n’intéressaient pas les cambrioleurs. Mais les ordinateurs qui contiennent tous nos souvenirs, oui. Avons-nous tout mis en oeuvre pour sauvegarder ce patrimoine?

Même le rappeur Booba, qui dépense des dizaines de milliers d’€ en montres, aurait pu (dû) se payer un informaticien pour au moins avoir un minimum de sécurité de ses données. Sous son langage… fleuri… il semble que lors du cambriolage à son domicile, son ordinateur portable soit porté disparu.

Un NAS, c’est un serveur de stockage en réseau. Pour simplifier, c’est un « disque dur en réseau ». Si ce n’est qu’un bon NAS, c’est au moins deux disques durs; l’un étant la réplique exacte de l’autre. En cas de défaillance d’un disque, l’autre permet une récupération des données.

On va ainsi pouvoir l’utiliser comme système de sauvegarde en réseau, avec  TimeMachine, par exemple. Mais sa fonction principale est d’être un serveur de fichier. J’y stocke mes archives, mes photos, mes films; bref tout ce qui encombre le SSD d’un portable et qui n’est pas fréquemment utilisé.

Alors certes, si le NAS disparaît lors d’un cambriolage, c’est un problème; si ce n’est que pour un voleur, il a moins d’attrait qu’un ordinateur portable. De même, il y a aussi le risque d’incendie/inondation/invasion extra-terrestre/ranconware. Dans ce cas, on synchronise le NAS avec un second (avec un simple disque, cela suffit) en réseau dans un second lieu ou avec un service de cloud. Enfin, un backup régulier sur un disque dur externe, stocké dans un coffre ou un troisième lieu permet de complètement sécurisé son NAS.

Synology fournit de très bons outils de backup, à commencer par Hyper Backup. Il ne permet pas seulement un backup sur un support USB ou un autre Synology; il supporte aussi Google Drive, Amazon Drive, Dropbox, Microsoft Azure ou un simple serveur rsync. Moi, j’ai fait le chois de rester propriétaire (et donc aussi responsable) de mes données, et de le pas les confier à un service de cloud.

Regardons un petit peu mieux ma configuration. Premièrement, le NAS principal est un Synology DS218+ équipé de deux disques durs WD Red de 4To.

Le NAS de backup est un Synology DS119j équipé d’un disque Seagate IRONWOLF 4To.

Théoriquement, le NAS de backup ne devrait pas servir. Il est là comme dernier rempart contre la perte de données. C’est pourquoi il est équipé d’un disque d’une marque différente de celui du NAS original. J’ai déjà vu dans mes serveurs des disques similaires, achetés en même temps, et donc du même lot, claquer à très peu d’intervalles. J’ai ainsi perdu toutes les données d’un Drobo à cause de cela…

Le NAS principal est donc chez moi, connecté à mon routeur. Il va servir à terme au backup de quatre Mac et l’archivage de nos données. Le NAS de backup est situé à 20 km à vol d’oiseau de chez moi, chez ma maman. Entre les deux NAS, tout est crypté. Ma maman, habitant au centre d’un riche village de la Riviera mais qui n’arrive pas à dépasser 40 Mbps, les backups se feront automatiquement, et incrémentalement, toutes les nuits dès 1 heure du matin. Cela permettra d’éviter d’interférer sur sa bande passante durant la journée.

Actuellement, je suis en phase d’installation. Le NAS principal est fonctionnel. Je reviendrai plus tard sur certains points très intéressants. Le NAS de backup est en train de se remplir; via le réseau local. C’est long; très long (on en est à 50% après 24 heures, pour 1.3To de données, le tout sur un réseau gigabit). La faute sans doute au processus de cryptage des données.

Je reviendrai donc sur la suite de cette expérience lorsque tout sera fonctionnel. Mais pour conclure cet article, je dois relever certains points:

  1. La sécurisation des données a un prix certain. Un espace d’1 To chez Dropbox coûte 99$/an. Les 2 To coûte 10 CHF/mois chez Apple. Chez Amazon, avec son service AWS S3, le To est à 23$/mois. Au vu de ces prix, on peut relativiser le coût final d’une solution maison.
  2. Le Synology DS218+ avec ses deux disques durs WD red de 4To m’a couté 499 CHF en action (prix normal 650 CHF). Le Synology DS119j et son disque dur Seagate de 4To m’a coûté 235 CHF. A cela, il faudra ajouter le coût de l’électricité pour l’alimentation des NAS (compter 30W par NAS). Total (sans l’électricité): 734 CHF pour 4 To, soit 8 mois d’abonnement chez Amazon pour son service AWS. A la différence que chez Amazon, on paie pour ce qu’on utilise. Actuellement, j’utilise moins de 1.5 To.
  3. Pour une PME, on peut se tourner vers un NAS Synology hébergé en datacenter, comme chez Infomaniak. On en est à moins de 60 CHF/mois, pour un service au top.
  4. A terme, j’aimerais me passer de mon abonnement DropBox Pro et me contenter de mon Drive. Mon employeur ne me fournissant aucune alternative, pour le moment, ce n’est pas possible: tout passe par DropBox; dont les fonctions de partage sont essentielles pour notre fonctionnement. Je dois donc continuer à financer de ma poche mon compte DropBox, alors que j’aurais une alternative pour mon usage privé.
  5. Je fais encore face à un problème de responsabilité des données. Enseignant, obligé de payer mes outils professionnels informatiques, ainsi que ma Dropbox, avec des données d’élèves hébergées sur différents clouds en fonction de ce qu’utilisent les maîtres de classe avec qui je collabore (principalement Dropbox, mais aussi Google Drive, iCloud, ou des services exotiques), sans aucun contrôle, qui sera responsable si mon propre service cloud personnel basé sur mes outils Synology devait être piraté?

On est tous responsable de ses données. Mais que faire quand, son employeur ne fournissant pas les outils et les directives nécessaires, on est aussi responsable des données d’élèves, qui plus est mineurs?

Mais alors, si le NAS est la panacée, pourquoi presque personne n’en a un?

Un NAS, c’est cher. En fait non. Si vous vous contentez d’un smartphone de 4 ans au lieu de le changer tous les ans, un NAS c’est vraiment bon marché. Après, c’est une question de priorité. La mémoire (au sens historique du terme) n’a plus la valeur qu’elle avait pour nos ancêtres. Nous vivons dans l’instantané (Instagram porte du reste très bien son nom).

Un NAS, c’est compliqué. Synology offre des produits professionnels. C’est clair que son usage nécessite un peu plus de compétences que regarder la dernière vidéo de Frigiel sur Youtube. Pourtant, il existe des solutions clés en main (comme les regrettées TimeCapsule).

Edition 23.12.2018

MacGénération a réalisé un article sur le Synology DS119j, qui est le modèle qui me sert de backup de mon Synology principal: https://www.macg.co/materiel/2018/12/ds119j-le-petit-nas-de-synology-pour-la-maison-et-les-tpe-104758

Contrairement à eux, pour une PME, je préconise d’acquérir au minimum un NAS à double disques durs.

Edition 25.12.2018

J’ai profité du repas de Noël en famille pour déposer le Synology DS119j chez ma maman. La connexion entre les deux NAS n’a pas posé de problème particulier. A condition d’avoir de bonnes bases en réseau et d’être capable de faire du port forwarding sur un routeur.

Les deux Synology en pleine communication

A partir de maintenant, nos Mac se sauvegardent automatiquement dès qu’ils se connectent au réseau WiFi domestique grâce à TimeMachine. Un backup est réalisé d’un Synology sur l’autre toutes les nuits. Les deux machines sont distantes de 20 km. Nos données sont donc quotidiennement sauvegardées sur 3 disques durs. Avec des sauvegardes incrémentales. Enfin, il ne reste plus qu’à réaliser un backup sur un disque dur externe USB une fois par mois, qui sera stocké dans un troisième endroit pour finaliser la mise en sécurité de nos données.

Publié par

Frédéric Genevey

Enseignant MITIC & Technologie, passionné de robotique pédagogique, d'Arduino et d'impression 3D.

4 réflexions au sujet de « Pourquoi nous avons tous besoin d’un NAS… et que presque personne n’en a un. »

    1. Merci Michel. J’ai appris (à mes dépens) qu’un NAS n’est pas à lui seul une solution de backup sécurisée (cf l’expérience Drobo), même sans vol/incendie/inondation. Il faut pousser le vice jusqu’à gérer les backups des backups…

  1. Merci Fred !
    Très bon article, complet et intéressant. Je songe aussi à acquérir un vrai NAS… pour l’instant je suis sur 2 TimeMachines sur 2 TimeCapsules différentes, au même endroit géographique (mais pas dans la même pièce)… ça fonctionne très bien pour l’instant.

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